PREMIÈRE PARTIE, CIIAP. IV
jusqu'à la démence. Je crois qu'il aimerait par-dessus tout une femme à qui il pourrait inspirer une passion du degré où il la ressent ; mais que celle qui acceptera cet amour, consulte ses forces avant de s'engager dans cette entreprise hasardeuse. Si elle recule devant aucun des sacrifices qu'exigera le dévouement égoïste de cet homme, si un vertige la trouble 5 si son pied chancelle, elle est perdue; il prendra la moindre hésitation pour de l'indifférence, le plus simple oubli pour une trahison, et une fois un soupçon ou un grief introduit dans une pareille affection , elle est empoisonnée à jamais. Que Dieu me pardonne le jugement, peut-être injuste, que je porte sur ce jeune homme, dont je n'ai eu qu'à me louer dans toutes les relations que nous avons eues avec lui : mais,
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quelles que fussent la douceur de son langage et l'aménité de ses manières, il m'est toujours apparu ainsi dès que j'ai voulu le rapprocher de toi dans ma pensée sous un autre titre que celui d'ami. — Maintenant, veux-tu que je te laisse sans fortune, sans appui, sans position, menacée de mille malheurs et livrée à l'amour de cet homme qui peut en devenir un plus grand que tous les autres ? Oh! non, tu ne l'exigeras pas, Hannah.
La mort me serait trop douloureuse avec une pareille crainte : en fermant mes yeux, tu y trouverais trop de larmes.
— Je ferai ce que vous voudrez, ma mère; mais, hélas! pourquoi ètes-vous venue me faire voir tout l'excès de mon malheur en voulant le diminuer?.. J'étais parvenue à me dissimuler toute l'horreur de ma position, en me plongeant dans