‹ Tout ou rienChapitre 38 sur 109 · PREMIÈRE PARTIE, CHAP. IV · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAP. IV

une léthargie dont vous m'avez tirée...

qu'avez-vous fait, hélas ?.. Une demi-consolation rend la douleur plus intolérable et ne rend pasle bonheur plus possible. Maintenant que vous avez rouvert la plaie en voulant la guérir, ce n'est plus du désespoir; c'est de la folie!.. Oh!., jele sens, je ne peux vivre ainsi, j'en mourrai..., j'en mourrai, et vous en serez cause.

— Hannah ! Hannah!.. oh! ne parle pas ainsi ! je serais trop à plaindre ! Hannah!.. tu aurais été malheureuse avec lui.

— Malheureuse avec lui! oh, j'eusse aimé mieux cela,, si toutefois c'est possible. Mais non!., vous ne le connaissez pas, nul ne le connaît que moi ; car il n'y a que moi qu'il aime, et il n'y a que l'amour qui fasse dévoiler toute nneame. Oh, je n'aurais pas redouté cet excès de passion, si j'avais pu y répondre légitime-

meut; je n'aurais pu craindre cette jalousie, car jamais je n'y aurais donné lieu. Mais pardonnez - moi, ma mère, je vous afflige , je vous offense, ne craignez rien; pardonnez à ce transport d'une douleur qui s'échappe en paroles et qui ne m'arrêtera en rien dans la route que mon devoir m'a tracée.

— Mais si tu es malheureuse, si ta raison ne parvient pas à dompter cette folle passion , crois-tu que je puisse être tranquille!.. Je veux ton bonheur et non ton asservissement ; si tu n'es pas récompensée de ta soumission, le reste de mes jours est à jamais empoisonné.

— Eh bien, ma mère, je serai heureuse, je veux l'être; je ne veux pas vous rendre du chagrin pour tout l'amour que vous m'avez montré : oui, ma mère....

je vous promets...

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