‹ Tout ou rienChapitre 45 sur 109 · PREMIÈRE PARTIE, CHAP. VI · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAP. VI

plétement impossible à James de trouver une parole; il ne comprit plus pourquoi il était venu, quel tour il pourrait donner à sa demande, et quel succès il pouvait espérer de son entreprise. Il demeura immobile, aussi décidé à ne point parler , qu'il pouvait l'être dans un pareil trouble.

Ennuyé de ce silence , sir Robert tourna la tète.

—Parleras-tu? dit-il enfin avec colère.

Mais alors il vit la figure de James. Son excessive pâleur rendait alors plus frappante sa ressemblance avec sa mère, qui avait été remarquable par ce caractère de teint, qui est une qualité clans l'aristocratie, et un défaut pour le peuple. Le vieux châtelain ne sut pas pourquoi il fut attendri à la vue de cette figure , qu'il connaissait sans l'avoir jamais rencontrée.

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La première émotion douce qu'il eût ressentie depuis bien long-temps, vint rafraîchir son cœur; car il revoyait les traits qu'il avait tant aimés , sans l'expression dure et fière qui les lui avait fait haïr, et sans pouvoir y appliquer ce nom, qu'il avait tant souffert de ne pouvoir joindre au sien.

Que me voulez-vous? dit-il enfin avec un ton plus affable, qui vint rendre un peu de résolution au pauvre James.

— Monsieur , dit James , vous souvenez-vous de quelqu'un que vous avez rendu bien malheureux...? d'une femme...

Sir Watley se leva. — Ce mot lui avait tout dit, et lui avait rendu sa colère.

— Si je m'en souviens!... Cette femme m'a rendu trop malheureux moi-même pour que je l'oublie... — Ah! je l'ai rendue malheureuse... — Pardieu, j'en suis

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