PREMIERE PARTIE, CHAP. VU. 1 I
gner à mon père à la fois et sa mise en accusation et l'exil ?
— Il est vrai, répondit le duc : ce parti concilierait tout, mais ce serait peut-être pour vous un grand sacrifice, et un grand sacrifice en ma faveur. — Pour ces deux raisons , je ne puis vous le demander; je l'aurais fait plus librement et plus volontiers, si les circonstances ne vous imposaient pas ce que je vous demande :
mais quand on a pour auxiliaire la nécessité, on n'est jamais bien venu.
Hannah entrevit confusément le but de lord Porthland ; elle demeura immobile et glacée.
— Parlez, milord, parlez ! s'écria Campbell, moins prévoyantqu'Hannah. — Nous pouvons faire quelque chose pour vous?
— Nous n'espérions pas tant de bonheur ;
ne vous dois-jepas déjà la vie de ma fille
et celle de ma femme? — Ne vous devrontelles pas celle de leur père et de leur mari ? Nous n'avons rien à vous refuser que ce que notre conscience nous interdirait à nous-mêmes.
— Eh bien1, dit lord Porthland, ce parti que je vous propose serait de réaliser un projet que je nourris depuis que j'ai eu le bonheur d'être reçu chez vous. J'ai un million de revenu , avec un nom ancien, une haute position; je l'offre à miss Hannah Campbell, veut-elle accepter?— Peut-être ces avantages positifs ne me rendent pas trop indigne d'elle; toutefois , si elle veut accueillir ma demande, je ne me déclare pas moins honoré de son consentement, et alors, sir Campbell, vous seriez mon parent, ma maison serait votre asile , tout mon parti dans la chambre haute vous défendrait, vous