‹ Tout ou rienChapitre 54 sur 109 · PREMIERE PARTIE, CHAP. VII. I J · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE, CHAP. VII. I J

n'auriez rien à craindre du ministère; j'exigerais qu'on renonçât à toute poursuite contre vous. Mais je ne veux pas abuser du privilège de ma position ; bien plus, je ne ferai pas valoir ici mon amour pour miss Hannah, et ce que j'aurai à souffrir, si ce mariage ne se réalise pas; elle est libre encore, et si je ne lui plais point, il ne faut pas qu'elle achète par le malheur de sa vie entière la sûreté de son père , qui peut être assurée autrement, bien que cela devienne difficile.

— Eh bien ! milord, qui empêche?...

dit Campbell.

Il allait poursuivre, puis tout-à-coup il s'arrêta, songeant à James et à l'amour de sa fille. Mistriss Campbell demeura de même immobile et muette. Une lutte bien douloureuse bouleversait le cœur d'Hannah. — Mais quand il y avait

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d'un coté, malheur, et de l'autre, devoir, son choix ne pouvait être douteux. Elle sentit que laisser prolonger plus longtemps ce silence, c'était répondre et répondre contre sa conscience. Elle se leva et dit d'une voix assez ferme :

— Sauvez mon père, milord,et je suis à vous.

Mistriss Campbell était bien malheureuse; elle eût voulu sauver à la fois son mari et sa fille; elle commença une phrase et ne put continuer.

Ma fille, dit Campbell, la recherche de milord flatterait tout ce que l'Angleterre a de plus élevé dans son aristocratie; c'eût été en tout temps un honneur pour nous: maintenant c'est le salut...

Cependant, si tu ne crois pas pouvoir rendre heureux le noble pair, comme il le mérite; si ton ame ne répond pas à

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