PREMIÈRE PARTIE, CHAP. X
sens, que le bonheur machinal de vous voir triomphe de mes souvenirs et de ma raison, qui me montrent de tous côtés malheur et désespoir; tenez, je pleure; voici la première larme de mes douleurs d'un mois , le premier sang de cette blessure déjà si vieille.
— Malheureux, vous me désolez; je ne songe qu'à vous, je n'ai pitié que de vous au moment où votre présence me perd peut-être. Mais écoutez ces mots.... ils sont les derniers... Ne vous livrez pas à un désespoir inutile; ne chargez pas ma conscience d'un remords de plus; ne rendez pas vaine la place que vous avez dans mes prières; levez -vous, laissezmoi; vous écouter plus long-temps serait un crime... laissez-moi... et vivez... Je demande à Dieu votre bonheur avant mon salut...
— Oh! encore un moment, dit James.
— C'est impossible...
— Un seul instant, une minute, je m'en irai après; votre main seulement...
— Oh! non; sortez, sortez, il le faut...
— Oh! par grâce, par pitié...
— Je n'écoute plus rien... Mais par où allez- vous sortir... dites-moi par où vous êtes entré ?
James, tombé sur un genou, et en proie à la stupeur, ne répondait rien.
— Par où est-il donc entré ? répéta Hannah avec désespoir.
— Par ici, dit une voix près d'elle; et Hannah vit lord Arthur debout à la porte qui donnait dans son appartement et qu'il venait d'ouvrir. — Oui , par ici , continua lord Arthur, où je me suis mis à sa place. J'ai tout entendu.