‹ Tout ou rienChapitre 71 sur 109 · PREMIERE PARTIE, CHAP. X. 1 7 I · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE, CHAP. X. 1 7 I

— Je ne suis pas coupable ! s'écria Hannah en tombant à genoux.

— Je le sais bien, puisque j'ai tout entendu. Relevez - vous , miladi, cette posture ne vous sied pas.

— Milord, dit froidement James, redevenu calme devant le péril , je suis prêt à vous suivre et à vous rendre satisfaction.

— Qui vous dit, reprit lord Arthur, que je voudrai vous la demander? Parce que vos tentatives ont échoué auprès de mafemme, est-ce une raison pour que je m'aille couper la gorge avec vous? Que ferais-je donc de plus si elles avaient réussi? Puis, la partie est-elle égale entre nous?Quel estvotre enjeu auprès du mien? Vous voulez que j'aille risquer ce que j'ai et ce que je suis, quand vous ne risquez qu'une existence obscure et désolée;

est-ce juste? Qu'est-ce qui pouvait donc motiver en vous cette proposition? votre haine pour moi. De quel droit, me haïssez-vous pour avoir épousé, loyalement et sans contrainte, une femme pour laquelle je n'étais pas forcé de savoir votre amour? C'est plutôt moi qui maintenant ai le droit de vous haïr , vous qui venez chercher à troubler mon repos et celui de cette femme; vous qui avez voulu séduire un de mes domestiques pour parvenir jusqu'à elle; mais vous n'avez pas été plus heureux près de lui en réalité qu'auprès de la duchesse de Porthland.

Un domestique fidèle à demi eût rejeté votre proposition de l'introduire chez son maître. Le mien a accepté; il a pris la somme que vous lui offriez, et qui ne vaut pas un trimestre de ses gages; puis il me l'a portée en me racontant tout.

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