PREMIÈRE PARTIE, CHAP. X. I
que mes sentiments pour vous se réduisaient à de l'estime. Oui, que ce soit esprit degoïsme, ou esprit de justice, je ne me sens pas capable d'aimer sans être aimé également. Mon alliance et ma recherche ont toujours paru désirables, et je ne me sens pas disposé , je vous l'avoue , à jouer plus long-temps le rôle humiliant d'un homme aimé par devoir, et estimé par principes. Je ne vous en veux point, miladi, de n'avoir pas pu me donner ce que je vous demandais; permettez-moi de recouvrer la chance de le rencontrer dans une autre femme.
— S'il en est ainsi 5 milord, j'y consens, dit Hannah.
— Je vais partir demain pour l'Orient, en laissant à mon homme de loi, chargé de mes pleins pouvoirs, le soin de suivre l'affaire du divorce. Dans notre pays,
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toutes les difficultés se résolvent promptement avec de l'argent. Du reste, vous n'aurez pas en vain partagé ma destinée, si peu de temps que ce soit; je tâcherai, autant qu'il est en moi , de réparer le retard que j'ai apporté à votre bonheur, et tout le mal involontaire que je vous ai causé. Il ne manque plus maintenant que votre consentement, sir James; le donnez-vous?
James était resté stupéfait; lui, qui avait pénétré chez Hannah sans espérance , qui avait été repoussé par elle sans pitié , qui venait d'y être découvert, et qui croyait être chassé comme un malfaiteur , se voir offrir Hannah libre, riche... oui, libre et riche, mais non plus vierge et pure...
Lord Arthur la lui offrait en effet : mais on n'offre que ce qu'on possède ; il recevait généreusement James, mais c'était