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CREOLES ET JIF.TIS-ES

de la rue, elle peu*. saii> fiiirc un pas, arrè cr les ca\a ier» cl causer avec eux. t.'esi ainsi, publiquement, qu'on se fait la cour, en la calle.

Son pied mignon est incapable d'endurer la moindre chaussure. En voiture, elle le pose sur le bord de sa volante, et l'œil curieux admire la finesse du riche soulier; mais, sous le talon, ce soulier est e'crasé et renversé en pantoufle. Aussi, sous aucun prétexte, ne descend-elle de voiture. C'est là que, arrêtée devant les cafés ou les magasins de modes et de nouveautés, elle consomme glaces et sorbets ou choisit les chiffons qu'un commis complaisant vient soumettre à son examen.

Ces volantes, les seules voilures dans lesquelles puisse se montrer une élégante à la Havane, sont aussi remarquables par la bizarrerie de leur construction que par le luxe de leurs ornements et le costume de ceux qui les conduisent. A la fois meubles et bijoux, leurs marchepieds, leurs ressorts, leur caisse, leurs harnais, leurs brancards, leurs roues mêmes, sont incrustés, parsemés de métaux précieux. Savez-vous où l'on va chercher une volante avant de l'atteler ? Où elle se remise, après avoir été nettoyée avec le plus grand soin, la promenade terminée?... Au salon, dont elle est le meuble principal, occupant une place énorme.

A Porto-Rico, les créoles moins paresseuses courent volontiers par les

rues, voilées seulement d'une mantille ou couvertes d'une cape noire.

Les Mexicaines de race croisée, qui forment le gros de la population, ont les formes potelées, élégantes, et les traits délicats bien qu'irréguliers. Leurs cheveux bruns manquent de souplesse; le front est par trop déprimé, mais le regard et le sourire sont irrésistibles; les attaches sont très fines; la main, toute petite^ est un véritable bijou.

Les dames de l'aristocratie ne s'occupent guère que de toilettes et de chevaux. Paresseuses à souhait, elles restent, jusqu'à une heure assez avancée, à demi nues, les cheveux flottant sur leurs épaules, dans leurs maisons où personne ne pénètre. Même riches, elles prennent leur repas accroupies sur leur petate. Mais, au moment de la promenade en voiture, ces chrysalides se muent en papillons, étalant de fraîches toilettes, faisant assaut de luxe éblouissant.

Dans les grandes villes, l'américanisation est rapide; les mœurs yankees se substituent chaque ^our aux antiques coutumes, marquant leur victoire par l'abandon de la mantille, que remplacent les modes nouvellement importées de Paris ou de New-York.

Dans le Mexique méridional, s'est conservée l'habitude de manger de la terre; aux foires qui se tiennent sur le plateau de l'Anahuac, des marchands ambulants vendent aux belles gour-

Femme cubaine.

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mandes, en guise de bonbons, de petites pastilles d'argile parfume'e.

Vives et passionnées, belles, blanches et bien faites, les Colombiennes et les Vénézuéliennes n'ont, en général, ni les mœurs austères, ni l'esprit tourné aux choses sérieuses. Leur vie se partage entre des plaisirs plus ou moins innocents et des pratiques de minutieuse dévotion.

A Bogota, pour aller en visite ou se rendre à l'église, les dames revêtent la saya, la mantille et le chapeau. La saya est un jupon de satin noir un peu court, terminé souvent par des franges d'un pied et demi de long.

La mantille est une pièce de drap fin, bleu ciel ou bleu lapis, taillée en demi-cercle, et qui se dispose de manière à tomber de la tête sur les épaules, comme un long béguin de nonne. Ces dames portent, en outre, des chapeaux de feutre et des souliers de satin ou de peau. La chaussure était jadis ce qui distinguait les temmes des hautes classes. Les tilles du peuple allaient nu-pieds. Quand leur beauté ou un caprice de la fortune les élevait à la classe ayant le droit de porter chaussure, elles étaient obligées d'user de certains ménagements et de se faire beatas, c'est-à-dire de pren ire un costume noir ou marron, en tout semblable à celui des religieuses, avec lequel il leur était permis de se chausser.

La République de l'Equateur est restée bien plus espagnole que la Colombie ou le Pérou. Les mœurs <( péninsulaires », modifiées légèrement pour s'accommoder aux exigences du climat et aux habitudes locales, se retrouvent à Guayaquil, empruntant un charme nouveau aux molles allures, au nonchalant laisser-aller qui, bannis des plateaux des Cordillères, régnent délicieusement dans cette ville que les brises du Pacifique ne suffisent pas à défendre contre les rayons verticaux du soleil. Les femmes y reçoivent les visites, se balançant étendues en des hamacs joliment ornés; et ce sont également des hamacs que, en guise de sièges, elles offrent aux visiteurs.

Avec les femmes de Montevideo, les pâles Limeiîas sont le chef-d'œuvre du continent sud-américain. De beaux yeux noirs et limpides, des traits réguliers et remarquablement fins, des cheveux noirs qui, dans leur profusion, tombent jusqu'à terre, la peau blanche, des proportions parfaites, un pied petit,; une jambe fine, de la grâce et de l'esprit, telles sont les femmes de Lima. Leur éducation est imparfaite souvent, mais qu'importe ?elles y suppléent par lescharmes naturels de leur entretien. Elles sont dévotes, très pratiquantes, mais indulgentes et naïves; leur mysticisme ne lesempêche pas d'être les plus aimantes et les plus spontanées des femmes.

Créole jnexicjïne.

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Deux types personnifient leur nature à la fois pieuse et légère, fervente et passionnée : une sainte et une courtisane, sainte Rose et la Périchole.

Leur mise est élégante et recherchée.

Les dames du monde seules sacrifient à la mode de Pariset seulement l'aprèsmidi ; la plupart ont conservé l'ancien costume, plein de mystère et de charme. Cette jeune femme qui, le matin, va à l'église ou court Ics magasins, qui, le soir, trottine d'un pas furtif, peut-être vers un rendez-vous, a recouvert sa toilette d'une saya en soie plissée, saisissant les formes et les accusant presque aussi nettement que la draperie mouillée d'un sculpteur. Par dessus la sava. s'attache el manto, la mante, nouée à la taille par un cordon et revenant par dcrière sur la tète et le visage, qu'elle enveloppe en se croisant de manière à ne laisser voir qu'un œil. Quelle que soit la couleur de la saya, el manto est toujours en soie noire. Les femmes ne sauraient être reconnues dans ce costume sous lequel elles déploient une grâce charmante.

L'été venu, il est de mode, sous la saya et la mantille, de ne porter qu'une chemise brodJe et un fichu. Une belle, ainsi accoutrée, prend le nom de tarada. A plusieurs reprises, sous la domination espagnole, l'Eglise, gardienne des bonnes mœurs, fit réprimer et interdire par les lois l'usage d'aller tapada ; mais [es femmes n'ont consenti à renoncer à ce costume, si commode

à tant de points de vue, que le jour du vendredi saint. N'avaient-elles pas, en effet, tous les arguments pour elles? D'abord le soleil aurait bruni leur teint; et puis, est-il nécessaire d'être vue pour aller visiter les malades et faire l'aumône aux malheureux.

Quelle que soit sa catégorie sociale, grande bourgeoise ou chola de race mélangée, la Chilienne porte, elle aussi, la manta, le matin, et pour se rendre à l'église. Le châle chilien descend en pointe par derrière et forme au-dessus de la tête un étroit capuchon dont la couleur noire fait ressortir .la blancheur du teint et l'éclat des yeux. C'est d'une coquetterie suprême : la mante est, en effet, d'étoffe plus ou moins fine, brodée plus ou moins richement, plissée avec plus ou moins d'art ; une boucle conquérante s'en échappe souvent comme par inadvertance. Et de quel joli geste les mignonnes cholitas savent ajuster les plis de leur châle en le rejetant sur l'épaule gauche.

11 faut aller jusqu'au Chili pour trouver des femmes conductrices de tramways. C'est là une conséquence de la dernière guerre contre le Pérou qui priva les villes de leur population masculine. Coiffées de coquets chapeaux de paille, portant comme un uniforme de blancs tabliers, les jeunes cholas s'acquittent à merveille de leurs fonctions. Inutile de dire que celles

Femme mulJtresse de h Martinique.

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d'entre elles qui sont jolies n'acquièrent pas de droits à la retraite.

A Buenos-Ayres, la population d'origine étrangère est en majorité; l'élément italien, à lui seul, compte un tiers des habitants de la ville. Tantôt exaltée à l'excès, tantôt rabaissée avec exagération, la Portena, produit de tous ces éléments divers, vise à jouer dans rhémisphère sud le rôle de «■ la Parisienne ». Déjà, elle a abandonné la mante pour se coiffer d'après les modèles illustrés que chaque courrier lui apporte de France ; déjà elle fournit à nos parfumeurs une clientèle consommant des quantités abusives de poudre de riz et de veloutine, mais de si louables efforts n'ont point encore réussi à lui conquérir le « cachet »

qu'elle ambitionne. Son éducation cependant et ses vertus réelles lui valent, plus encore que son cléi^ance, encore un peu neuve, une influence méritée.

Croyante mais pas dévote, elle ne subit pas l'influence du prêtre : jeune tille, elle a, avec moins de hardiesse, beaucoup de l'indépendance de la jeune Yankee; épouse, elle reste tidèlement attachée à celui qu'elle a librement choisi, en dehors de toute préoccupation d'argent; c'est une femme de foyer et une mère admirable. Les femmes de Buenos-Ayres sont, à tous les points de vue, supérieures aux hommes, et surtout à ces ^ambullidores élégants et oisifs, riches créoles

OU aventuriers, tous trop bien habillés, étalant des cravates extraordinaires sur des devants de chemise étincelants comme des vitrines de joailliers, menant la vida de confiterïa y de vereda, la vie de confiserie et de trottoir. La grande distraction de ces inutiles est, en effet, de stationner, de cinq à dix heures du soir, sur les trottoirs étroits de la '( calle Florida » pour y reluquer les belles Portenas sortant des pâtisseries, les accabler de leurs compliments insipides ou indécents, tout en s'interpellant l'un l'autre pour échanger des réflexions moins brillantes que leurs épingles de cravate.

Brésiliennes.

La population du Brésil se compose de Brésiliens proprement dits, descendants de colons européens, de créoles noirs africains, d'Indiens indigènes et de métis. On désignait jadis, sous le nom de mamelucos, les métis nés du croisement des blancs *et des Indiens.

Sur tout le territoire, l'élément noir est aujourd'hui prépondérant, surtout dans les régions les plus rapprochées de la côte d'Afrique; aujourd'hui encore, la ville de Bahia, par exemple, mérite son titre de Vellia Miilata.

Parmi les créoles blancs, les habitants des plateaux du centre et du sud,

Femme quarteronne du Brésil.

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