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les Mineiros (de Minas-Geraes), les Paulistas, les Paranaenses et les Rio- Grandenses, sont en général plus robustes, plus grands que ceux de la zone entière et vallées des fleuves.
Les Paulistas, fortement métissés, passent pour être les plus beaux, les plus intelligents et les plus énergiques des Brésiliens. Un proverbe dit qu'il faut admirer : « à Bahia, eux et pas elles; à Pernambouc, elles et pas eux; à Sâo-Paulo, elles et eux. » Et, par leur grâce, comme par leurs nobles manières, les femmes de cette dernière ville, quelle que soit la proportion de sang nègre qui coule dans leurs veines^ justihent, pour leur paît, le dicton.
Jadis, à Rio-de-Janeiro, comme dans la plupart des cités brésiliennes, les belles créoles, brunes et vives, espiègles et coquettes, traitées en enfants gâtées, poupées parées et adulées, n'étaient guère que les premières des esclaves de la maison. Nonchalantes, elles passaient leurs journées étendues sur un canapé, jouant avec une tleur ou un oiseau, ne se préoccupant en rien de leur intérieur, ne touchant ni une aiguille ni un livre, passionnées seulement pour la musique, la parure et l'intrigue. Elles restaient ainsi murées dans leur maison comme en un cloître. Une femme qui serait sortie à pied, seule dans la rue, aurait été perdue de réputation. Parfois une métisse, une femme de mediopelo, s'y risquait, et encore rarement. S'il faut en croire les
anciens voyageurs, le diable n'y perdait rien, car les rendez-vous se donnaient du haut des balcons. Quelques fleurs jetées sur la tête du préféré l'avertissaient qu'il serait le bienvenu. Aujourd'hui, l'éducation française ou américaine a commencé à révolutionner ces tranquilles existences. Toujours mélomane, toujours férue de bijoux et de pierreries, aimant à s'en charger plutôt qu'à s'en parer, la Fluminense n"est pas devenue plus dissolue — au contraire — parce qu'elle commence à vivre de la vie européenne et qu'elle se promène librement, comme une Parisienne.
METISSES. MULATRESSES ET QUARTERONNES.
Partoutoù lesblancs se sont installés, ils se sont unis avec des femmes de race indigène et ont engendré des métis. Le maître blanc et l'esclave noire ont, dans toutes les colonies, donné naissance au mulâtre; le blanc et la mulâtresse produisirent le quarteron. De même, par leurs alliances avec des Indiennes, le conquérant blanc et l'esclave noir avaient respectivement comme descendants des cliulos et des :(anbos. Au Mexique, on ne distingue pas moins de quinze races de métis qui résultent des croisements, à divers degrés, du blanc, du noir et du rouge. Très prolifiques, en dépit de certaines théories, ces races tendent à prédominer dans les Antilles, l'Amérique du Centre et l'Amérique du Sud. Les habitants de la République Dominicaine sont nés d'un quadruple métissage de Caraïbes autochtones, d'Espagnols, de Français et de nègres. Et les femmes de la Dominique sont, avec les métisses martiniquaises, les plus belles des Antilliennes!
De même, dans l'Amazonie, se forme un peuple mélangé de blanc, de rouge et de noir, où l'on essayerait en vain de reconnaître les éléments originaires.
Seuls, les cji/u^os, fils de nègres et d'Indiennes, se signalent par leur énorme chevelure noire, hérissée, aux crins raides, mais non laineux. Il est à remarquer que, chez les métis indonègres, c'est le type africain qui s'atténue le premier. Le type indien est plus résistant. Ces métis sont supérieurs à leurs parents en élégance et en beauté aussi bien qu'en intelligence.
La population des Antilles, qui descend en grande majorité des blancs d'Europe et des négresses d'Afrique, présente les nuances de teint les plus diverses, depuis le blanc mat jusqu'au noir biillant ; mais où domine surtout le jaune brun, la belle couleur du bronze, s'adoucissant parfois jusqu'à celle de l'or pâle. En chaque île, les noirs se sont modelés sur leurs maîtres, adoptant leurs qualités comme leurs défauts, cessant surtout d'être Africains. En dépit des lois interdisant les unions entre blancs et noirs, Te mélange des races s'est opéié;dans la plupart des cas d'infraction à ces lois, les blancs n'étaient-ils pas d'ailleurs les premiers contrevenants? Par le sang comme par les mœurs, les créoles noires des Antilles, et plus encore les métisses, tiennent surtout à l'Europe. En dépit de la déformation qu'elle a fait subir
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à notre langue, transformée par elle en un assemblage naïf de mots sans flexions, prononcés d'un accent zézayant et câlin, la Martiniquaise, par ses facultés très aiguës d'observation, par sa fine ironie, est avant tout une Française; elle ne tient plus que de très loin à ses ancêtres des rives du golfe de Guinée. Quant aux facultés intellectuelles, n'oublions pas qu'Alexandre Dumas père était un tierceron et que Pouchkine, le grand poète russe, avait comme grand-père un pur nègre, du plus beau noir.
A la Martinique, comme à la Guadeloupe, les mélisses surpassent les blanches au point de vue de la beauté physique. Les unes, comme les autres, sont bien faites et de belle taille; elles ont cette souplesse voluptueuse du corpsqui appartient à toutes les femmes des tropiques, mais la créole blanche ne possède ni cette régularité de traits, ni cette correction de lignes qui sont les caractéristiques de la beauté. 11 est vrai qu'elle a pour elle ses cheveux superbes, lisses et abondants, fins et soyeux, ses mains et ses pieds d'enfant, son œil ardent et velouté, la caresse de son regard, la musique de sa voix enfantine.
Et la grâce, plus belle encore que la beauté!
Par contre, la mulâtresse peut s'enorgueillir de la vigueur plantureuse
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de ses formes, de ses contours d'un modelé superbe, du balancement de sa démarche ondulente et prenante, de ses épaules pleines, supportant un cou harmonieux et bien posé, de ses traits d'un dessin achevé, de ses mains effilées, délicates et souples. L'habitude de marcher pieds nus lui a malheureusement gâté le pied, petit mais mal fait. Mais ses lèvres sont du plus beau rouge, ses dents mignonnes sont de nacre, ses yeux — ses yeux surtout — sont irrésistibles.
Leur costume, auquel elles ont malheureusement renoncé, en grande partie, pour adopter la toilette européenne qui leur est préjudiciable, servait admirablement à mettre en relief leur beauté. C'était d'abord un corsage à demi transparent, permettant d'entrevoir beaucoup et de deviner tout, avec, au coude, des manches échancrées et boutonnéesd'ormassif. La jupe, moulée aux hanches, se nouait autour des reins délicieusement cambrés. Enfin, avec un art exceptionnel, un haut madras les coiffait. Disposer soigneusement ce madras, c'est pour une métisse « faire sa tête ». Des bijoux nombreux et volumineux, des boucles d'oreille d'or massif, des colliers de grenat ou de corail, des broches, des épingles forment le complément indispensable de leur parure.
Au moral, créoles et métisses possèdent la même vivacité d'esprit, la même imagination fantaisiste. Pour la
Femme mulâtresse de Cayenne.
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vanité, la futilité, et aussi Tinconstance, il semble que le prix puisse être accorde à la sang-rpêlé.
Ne lui en gardons pas rancune à la jolie péchere--se. L'objet de sa passion auquel elle s'attache avec le plus d'ardeur c'est toujours le blanc. Et puis, après tout, est-elle si coupable d'aimer autant l'amour, pour la )oie qu'on en reçoit comme pour celle qu'il donne, dispensant généreusement à autrui la part de plaisir qu'elle réclame pour elle-même, soucieuse seulement qu'il ne lui soit point fait de peine et de n'en pas faire à qui que ce soit '
Considérations générales
sur le Troisième et dernier volume