LES CREOLES ET LES METISSES
Françaises de l'Amérique du Nord.
Dans l'Amérique septentrionale, la race française ne s'est mélangée de sang indien qu'en de faibles proportions, car, pour la plupart, les enfants nés des unions entre Français et Indiennes restaient, avec leur mère, au Avigwam et y vivaient de la vie sauvage.
La majeure partie des Franco-Canadiens est originaire de la Normandie ou des provinces riveraines de l'Atlantique. C'est un peuple gai, vivace, fort et surtout prolifique; les célibataires y sont l'exception; par contre, les familles comptant de quinze à vingt rejetons y sont, relativement, communes.
Tandis que, lorsde l'annexion à l'Angleterre, soixante mille individus seulement parlaient notre langue dans la vallée du Saint-Laurent, la Nouvelle- France d'aujourd'hui compte plus de deux millions de citoyens; il est vrai que, grâce à l'immigration, la population de langue anglaise a atteint un chiffre double de ce dernier.
Le Canadien a gardé l'âme vagabonde des piemiers trappeurs. Se trouvant à l'étroit dans leur patrie d'adoption, les hommes se dispersent sur tout le continent, y exerçant mille industries, tandis que les jeunes tilles vont s'amasser une dot, par leur travail, •dans les iirandes cités manufacturières de la Nouvelle-Angleterre.
Au point de vue physique, la race française transplantée sur les rives laurentines n'a pas de'généré; elle a plutôt gagné en stature et en force.
Avec plus d'h\ giène, elle jouirait même d'une très grande force de re'sistance aux maladies. Les femmes surtout ont gardé le type national, mais avec des traits plus réguliers, plus forts, moins animés que ceux de leurs sœurs du vieux pays; elles sont gaies, rieuses, aimables, coquettes surtout; paysannes comme citadines se piquent de suivre la mode. Presque toutes savent l'anglais, mais elles aiment à parler la langue de France, riche encore d'un grand nombre de mots descriptifs qui, ici, sont tombés en désuétude ; leur accent, tenant à la fois du normand, du sainiongeois et du poitevin, ajoute à leur conversation une saveur qui n'est pas sans attraits.
Les créoles françaises de la Louisiane ont conservé longtemps un type qui, aujourd'hui même, n'a pas encore complètement disparu. Leur ville, la Nouvelle-Orléans, a gardé dans ses
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vieux quartiers l'aspect des anciens jou s et les noms de rues du siè le passé. Notre langue s'y parle et s'y impriiTie encore; mais la métropole du Sud, tout américanisée qu'elle soit, doit encore au charme particulier de ses femmes, à i'urbanit'S à la politesse, aux idées chevaleresques que nombre d'habitants doivent à leurs ancêtres français, une infl lence considérabie qui lui assure une place à part, et non des moins prédominantes, parmi les grandes cités de l'Union.
Anglo-Saxonnes d'Amérique.
La population nriélangée qui peuple aujourd'hui les États-Unis, et dans laquelle l'élément anglo-saxon est prépondérant, a accepté, dans son ensemble, le sobriquet de Yankee, corruption algonquine du mot Eiigli.sli, par lequel les Indiens avaient d.-signé les premiers colons débarqués dans la Nouvel le- Angleterre.
Et c'est bien, en ctfet, une race nouvelle qui, là-bas, unit en elle les éléments si divers que l'immigration a apportés d'Europe. Cette race est agile, adroite, vaillante et forte; pour vivre d'une vie plus intense qu'en Europe, la mort ne la trappe pas plus tôt. Le milieu et le climat contribuent, à mesure que les générations se succèdent, à lui imprimer un caractère spéciale-
ment américain. Il est indéniable que le Yankee tend à se rapprocher de l'Indien; son teint devient plus rougeâtre ; ses cheveux s'allongent et s'aplatissent; la figure prend un caractère âpre ; les traits sont plus arrêtés, d'un contour plus précis; les lèvres plus minces; le nez plus arqué est surmonté d'yeux durs et perçants; la démarche enfin se modifie et acquiert une tournure grave et altière.
L'Américaine -type — puisque de plus en plus les citoyennes des Etats- Unis monopolisent ce nom — est grande, de complexion rarement épaisse, toujours moins charnue, de teint moins frais que l'Anglaise. Le contraste entre les formes des jeunes filles et celles des jeunes gens est moindre qu'en Europe ; les deux sexes, d'ailleurs, sont élevés ensemble, font les mêmes études et pratiquent les mêmes jeux; les écolières y gagnent une allure libre et dégagée, un esprit d'initiative hardie, une confiance en elles-mêmes que l'Européenne ignorera longtemps encore.
Les Bostoniennes, comme toutes les femmes de la Nouvelle-Angleterre .
sont, aujourd'hui encore, celles qui ont conservé le plus de ressemblance avec leurs sœurs de la Grande-Bretagne; ces filles sévères des premiers colons qui, sur la Mayflower, abordèrent sur les rives du Nouveau- Monde, atlectentunereligiositéextrême
Anglu-sa.voniie d'A mérique.