DES DOGMES CATHOLIQUES ET DES ERREURS
DE TOWIANSKI.
DOGME CATHOLIQUE
Dieu créa, c’est-à-dire produisit du rien tout ce qui est au ciel et sur la terre.
Ou bien:
La matière dont Dieu créa tout est le néant.
Cœlum et terrain et omnia quæ in eis sunt... .ex nihilo jecit ilia Deas , et hominum genus (».
Macli. , A II , 28).
C’est-à-dire :
Le ciel , la terre , et tout ce qu’ils contiennent, pierre, plante, animal , homme , sont créés , c’est-à-dire tirés, directement du néant.
ERREURS DE TOWIANSKI.
Dieu forme tout ce qui est au ciel et sur la terre du cru (de l’informe).
Ou bien :
La matière dont Dieu forme tout est le cru (l’informe).
u Le maître de la fabrication » à la vue de la première éla- » boration de la matière brute
» (du cru) . voit seul combien
» cette gradation est nécessaire » au progrès de ses ouvrages » (§ 32). »
C’est-à-dire :
Le ciel , la terre , pierre , plante , animal , homme , sont tirés du cru , de l’informe , et le cru , l’informe qui n’est aucune de ces choses , n’est pas luimême tiré du néant (on n’en dit rien , et du reste il ne serait pas alors le cru et l’informe).
DOGME CATHOLIQUE
Dieu créa chaque être parfait dans son genre et dans son espèce (Gen., I, 11, 12, 21, 24, 25, 29); il le créa bon (vidit quod esset bonum , ibid , h , 10 , 12, 18, 21, 25), et tous étaient très bons ( yiditque Deus omnia quœ fecerat , eterant vcilde bon a.
Ibid. 31).
C’est-à-dire :
Chaque être fut créé dans un état de perfection selon son genre.
En dehors de cette perfection de son genre , il ne se perfectionne pas.
Car ce qui est déjà parfait ne peut pas se perfectionner.
ERREURS DE TOVVIANSKI.
Chaque être a une origine commune dans le genre commun du cru (état primitif d’imperfection) .
Il sort de ce premier genre d’existence , en se perfectionnant en s’élaborant , en passant d’un genre dans un autre.
Ce qui a besoin de se perfectionner ainsi n’a jamais été parfait.
L’homme fut également créé parfait. Dieu forma son corps de l’argile (et non du cru , de l’informe), de l’argile, qu’il tira auparavant du néant ; et il y insuffla l’âme tirée aussi du néant.
L’un et l’autre étaient parfaits dans leur genre , et n’ont passé auparavant par aucun degré inférieur ou supérieur.
En outre de cette nature parfaite , Dieu donna* à l’homme un but que sa nature n’exige nui-
Ce qui constitue l’homme était auparavant un esprit inférieur , un esprit d’animal , (d’ours par exemple), et avant cela quelque chose de plus inférieur encore , car ce n’est qu’après être sorti de l’informe , et après avoir passé par tous les degrés inférieurs, que ce quelque chose est arrivé à être homme.
La vision et la possession de Dieu sont le but que la nature de l’homme exige. L’homme,
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lement , qui est tout à fait audessus de sa nature : ce but est la vision et la possession de Dieu dans son essence.
Dans cet état primitif de perfection naturelle et d’élévation surnaturelle , l’homme pouvait par son libre arbitre faire des actions surnaturelles correspondantes à cette fin.
Par un mauvais usage de son libre arbitre le premier homme a péclié, et ce péché est commun à tous les hommes.
Par ce premier péché , l’homme perdit ce qu’il avait au-dessus de la nature, et fut blessé dans sa nature même.
Cette perte, ce dépouillement, passant aux descendants du premier homme et étant en nous un état d’âme détestable devant Dieu , c’est précisément ce qui constitue en nous le péché originel.
De ce péché originel provient tout le mai dans le monde et dans l'homme ; mal corporel et mal spirituel.
ERREURS DE TOWIANSKI.
comme tous les autres êtres, étant enfant de Dieu , c’est nécessairement en vertu de sa nature qu’il tend vers la vision et la possession de Dieu.
L’homme peut toujours faire de telles actions (qui correspondent à cette fin) .
Car il n’y a pas de premier péché qui fût commun à tous les hommes.
Par lequel l’homme aurait perdu ce qu’il ne tient que de sa nature.
En un mot il n’y a pas en nous de péché originel, constituant dans notre âme un état qui nous rendrait en naissant détestables à Dieu.
Le mal qui est sur la terre , dans l’homme , en un mot , « l’enfer , ce sont les esprits in- » jérieurs qui occupent la terre , » et la régissent d’après leur » nature , d’où proviennent les » tentations (§ 6). >> Le mal ne provient donc point du péché originel , il consiste dans un état d’infériorité.
DOGME CATHOLIQUE
Le bien , en général , est la conformité de l’iiomme avec Dieu : le mal est dans un état contraire (premièrement dans la volonté , puis dans tout ce qui constitue l’être).
Ou bien :
Le bien est au mal comme l’être est au non -être.
C’est pourquoi:
Dieu liait le mal.
Entre les maux causés par le péché originel, le plus grave est la perte de la liberté surnaturelle, c’est-à-dire que l’homme ne peutplus, dans cet état de chute, faire avec sa volonté des bonnes actions qui lui assureraient la vie éternelle.
L’homme est retiré de cet état d’impuissance par la grâce de Dieu, qui lui est donnée dans la rédemption , et qui consiste premièrement en ce qu’elle lui confère la puissance de faire des actes surnaturels.
ERREURS DE TOWIANSK1.
Le bien c’est l’état plus élevé d’un être; le mal c’est l’état inférieur d’un être.
Ou bien :
Le bien est au mal comme plus est au moins , comme ce qui est supérieur est à ce qui est inférieur.
C’est pourquoi :
Dieu « aime les saletés de » l’opération inférieure (§ 32). »
L’homme peut se donner avec sa volonté une direction vers la lumière ou vers les ténèbres.
« Souvent Dieu constitue l’hom- » me libre, et lui rend tout » facile. Les régions lumineuses » aussi bien que les ténébreuses » se retirent de lui , et attendent » quelle direction il prendra, » laissé ainsi à lui-même , et » tout à fait libre (§11). »
Ainsi l’homme possède de luimême la faculté de faire des actes semblables , de prendre sa direction , selon son bon plaisir, ou vers la lumière ou vers les ténèbres. Il n’a pas besoin de la grâce de la rédemption , cpii lui donnerait cette puissance.
ERREURS DE TOWIANSKl.
dogme catholique.
Secondement , l’action de la grâee dans rhomme principalement en ce éclaire volonté
action elle- même avec la volonté de l’homme.
Dans tout cela , l’action de la volonté humaine se réduit au consentement (coopération avec la grâce.)
Mais dans cette coopération avec la grâce , dans ce consentement, la volonté a toujours le pouvoir de résister , de retirer sa coopération (par conséquent elle conserve toujours son libre arbitre).
Toute la grâce que rhomme reçoit de lapait de Dieu est cette
I hoinme, laisse ainsi à lui-même et tout à fait libre , puisse se donner la direction qu’il lui plaira de choisir.
Dans tout cela , la volonté de l’homme agit par elle-même (il n’y a donc aucune grâce).
« Mais dès que l’homme s’est » tourné vers la lumière ou vers »> les ténèbres , les colonnes lu- » mineuses ou ténébreuses s’em- » parent de son intérieur et le »> gouvernent selon leur nature » (§11 .) »Une semblable colonne de lumière est une seconde grâce de Dieu (§ 19, 22, 38). Lorsqu’une colonne possède l’âme de quelqu’un , il perd alors sa volonté (§ 11). Ainsi après un premier moment de liberté, il n’y a plus de liberté.
consiste
qu’elle action de Dieu qui lui rend tout l’intelligence, meut la facile , est cet acte par lequel la , et produit la bonne lumière et les ténèbres se retirent, en coopérant afin que rien n’agisse sur l’intelligence de l’homme, que rien ne meuve sa volonté , et que
Toute cette œuvre de la ré- Toute l’œuvre de la rédempdemption et la grâce qu’elle tion (de la délivrance du mal) nous confère ont pour auteur dépend de l’emploi d’une co- Jésus-Christ. lonne lumineuse.
DOGME CATHOLIQUE
Jésus-Christ consomma cette œuvre de la rédemption et nous racheta par son propre pouvoir et par le mérite de sa passion.
Par là il est l’auteur de la double grâce que nous avons considérée :
Premièrement : J ésus-Clirist par l'imputation et la communication des mérites de sa passion (Conc. de Trente, sess. Yl. cliap.
7.) enlève nos péchés, nous fait justes devant Dieu , c’est-à-dire :
il nous relève de notre état de chute. C est la grâce de la rédemption proprement dite.
Ensuite , Jésus-Christ nous fait saints , capables de faire, et faisant réellement des actions bonnes et agréables à Dieu , et cela en nous communiquant intérieurement et en versant en nous sa propre vertu , qui , semblable au suc du cep de vigne entrant dans les branches, pénètre également nos bonnes œuvres, les précède, les accompagne et les suit (Conc. de Trente, sess. Y I. chap. 16). C’est la grâce de la sanctification.
ERREURS DK TOWIANSKl.
« Jésus* Christ racheta le genre
* humain, car, par sa sainteté, » il fit descendre une colonne » lumineuse, et avec elle il dis-
• sipa les ténèbres épaisses de la » terre (§ 15). » Ainsi ce n’est ni par son pouvoir , ni par le mérite de sa passion qu’il racheta les hommes.
« L’agneau enlève les péchés u et produit le salut , parce que n l’agneau accepte par amour » d’être mal reçu par la terre » ténébreuse , par la terre qui ue » comprend pas la lumière.
» Malgré les adversités qu’il » éprouve de la part des hommes,
» il allume en lui le feu divin ,
» attire la sainte colonne et sauve » ainsi les hommes quoiqu’ils » soient ses ennemis (§ 2i). »
C’est toujours par la force de la colonne. La grâce de la rédemption vient de la colonne.
« Jésus-Christ a ouvert le
» chemin du ciel . en répan-
» dant la lumière divine par sa u doctrine sacrée , par sa vie , » par son exemple , et surtout ») par ce soujjle divin, qu il » souffla sur un petit nombre a d’hommes préparés pour » cet honneur (^‘ 6). »
üOGMJt CATHULiQU£.
Ainsi , c’est seul que vient rédemption.
ERRJKÜRS DE TU'WIANSK.J .
Cest-à-dire :
11 nous a montré le chemin par des moyens extérieurs , mais il n'agit pas en nous intérieurement, et ne produit pas lui-même les bonnes actions que nous faisons , comme le suc du cep de vigne produit le fruit des branches. La grâce de la sanctification ne vient donc pas de Jésus- Christ.
de Jésus-Christ Chaque homme , pourvu qu’il la grâce de la soit saint, peut, comme Jésus-
Christ, attirer par sa sainteté une colonne lumineuse , dissiper par son moyen les épaisses ténèbres de la terre , et racheter ainsi le genre humain (§ 15).
Chaque homme peut devenir Agneau, car il peut , par amour s exposer à être mal reçu par la terre ténébreuse et qui ne comprend pas la lumière ; il peut , malgré les adversités qu'il éprouvera de la part des hommes , allumer en lui le jeu divin , attirer la sainte colonne et sauver ainsi les hommes , quoiqu’ils soient ses ennemis (§ 21).
Chaque homme peut, comme Jésus-Christ, ouvrir le chemin du ciel , car chaque homme peut par un soupir humble , pur et jervent , attirer toute la colonne lumineuse , composée des saints du Seigneur , et au sommet clc laquelle se trouve Dieu lui-même (§ 10); et la possédant une fois, il peut répandre la lumière divine empruntée à cette colonne, la répandre par sa doctrine (alors)
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Et de lui seul vient la glace de la sanctification.
Sans lui nous ne pouvons rien faire. Sine me nihil potestis facere. (Joan, XV, 5.)
Jésus-Christ produit tout cela, parce qu’il est vrai Dieu et vrai homme.
Premièrement, il est Dieu.
Par là il est le Seigneur.
Il est le seigneur de tous les hommes , de tous les peuples , de tous les mondes.
Seigneur universel de toute la création , et au nom duquel
ERREURS DE TOWIANSKI.
sacrée , par sa vie, son exemple, et même par son souffle divin, car il a en lui la colonne lumineuse , et à son sommet le Dieu delà colonne. Cette colonne occupe son intérieur , et par ce milieu elle agit selon sa nature , de sorte que tout en lui devient sacré et divin.
Non seulement la grâce de la sanctification ne vient pas de Jésus-Christ ; mais Jésus-Christ avait besoin lui-même de cette grâce qui est contenue dans la colonne.
Sans elle il ne pouvait rien laire ; et ce n’est qu’après avoir attiré cette colonne que Jésus- Christ a pu faire ce qu’il a fait.
Jésus-Christ est un esprit supérieur envoyé par Dieu des espaces non terrestres (voy. la note à la page àO). C’est pour cela qu’il ne pouvait rien par lui- ' même, sans la colonne lumineuse.
Il est le premier agent a près Dieu (§ 61).
Jésus-Christ n’est pas appelé Seigneur par Towianski.
Il est le père de la terre , le tronc de l’arbre divin sur la terre, tronc sur beaucoup de globes (§ 26).
Il est un arbre particulier qui se réunira à l’arbre général
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tout ce qui est au ciel , sur la terre et dans les enfers, fléchit le genou.
Sa domination ne connaît point de bornes.
Secondement Jésus-Christ est homme.
C’est-à-dire :
Il possède une âme et un corps ; le corps qu’il a eu ici sur la terre, il le conserve maintenant au ciel.
Jésus-Christ étant Dieu n’était point sujet à la mort, même en tant qu’homme ; mais puisqu’en même temps il était homme , il pouvait se soumettre à la mort par un acte de sa volonté.
Sa mort, ayant été ainsi un acte de sa libre volonté, a la raison d’un vrai sacrifice; et c est précisément ce sacrifice de Jésus-
EIUIEURS DE TOWIAJNSK1.
de l’amour dans le sein du Père universel (§ 2à).
Sa paternité est vaste et assez grande (§ 2 à).
Jésus-Christ n’a pas maintenant au ciel le corps qu’il avait sur la terre ; il n’a aucun corps:
car les esprits supérieurs qui ont parcouru le pèlerinage terrestre selon les lois de l’amour , ne peuvent plus habiter sous aucune voûte terrestre (§ 5) .
Jésus-Christ est comme un léger nuage (§9).
Par conséquent il n’est pas homme.
Jésus-Christ, n’étant pas Dieu, a dû nécessairement mourir. Du reste il n’aurait pu autrement s’élever à un état supérieur, à l’état de pur esprit. — Sa mort était donc nécessaire.
Sa mort n’a pu être un sacrifice.
Nous ne sommes donc pas rachetés par sa mort sur la croix.