CHAPITRE IV
Fonctionnement de l'ensemble
L'ensemble du montage est représenté par la figure 5. L'étude d’une solution inconnue se fera en principe de la manière suivante (nous supposons le montage réglé et en ordre de marche) : un premier dosage rapide (une minute) permet de reconnaître les volumes de réactif qui produisent une déviation nette du spot II. Ce sont les passages aux points isoélectriques ou aux points d'équivalence.
On entreprend ensuite, au moyen du spot I, le tracé de la courbe de saturation (durée: environ cinq minutes) qui donne une vue d'ensemble de la réaction et confirme la position des points singuliers. On décide alors la mesure exacte de deux ou trois points remarquables choisis sur la courbe. La saturation est donc reprise une troisième fois avec des arrêts dans l’affusion du réactif quand le spot I passe exactement sur les points choisis, le graphique restant en place sur son cadre. Un inverseur bipolaire, auquel nous avons fait allusion plus haut, permet de brancher la cellule sur un grand potentiomètre Chauvin- Arnoux. Le fonctionnement de ce dernier exigerait un troisième galvanomètre de zéro, mais nous utilisons le galvanomètre I. C’est alors que le disjoncteur multipolaire branche le premier cadre de ce galvanomètre sur le potentiomètre et le deuxième sur une résistance qui lui donne l’amortissement critique. Un prisme à réflexion totale escamotable renvoie le spot sur l'échelle du potentiomètre. L'opérateur procède sans erreur à ces manipulations que le disjoncteur rend automatiques: il effectue la mesure de la force électromotrice de la pile de concentration sur le potentiomètre (l'opération dure une minute environ). Il revient ensuite au montage initial et la réaction reprend son cours jusqu’au point suivant où la même technique se renouvelle.
Ge =
Le spot I doit suivre exactement le tracé précédent, ce qui est d’une incontestable utilité pour contrôler la marche de la réaction.
L'originalité du montage est, on le voit, dans une marche exactement opposée aux opérations courantes. Dans le tracé habituel d’une courbe de saturation, on mesure le pH exact de 20 ou 30 points. On trace la courbe et on déduit par interpolation
les pH des points singuliers (pK., pK:, pKi, équivalence).
Nous opérons à l'inverse: nous recherchons d’abord expérimentalement les points singuliers, puis nous effectuons un tracé qualitatif, mais complet, de la courbe de saturation; enfin, les mesures exactes ne portent que sur les quelques points nécessaires au calcul des constantes de dissociation.
Nous allons voir, dans le prochain chapitre, que les résultats expérimentaux de cette méthode sont des plus encourageants.
Nous ajouterons que la cellule, l’électrode tournante, les amplificateurs électriques, le galvanomètre II, le disjoncteur multipolaire, le miroir tournant et les sources lumineuses ont été entièrement construits au laboratoire.