C. — MÉLANGES D’ACIDES
La question à son importance, car nous avons été obligés, pour des raisons de solubilité, ou dans le but d'obtenir en une seule opération le tracé d’une courbe, d'opérer en présence d’une faible quantité d’acide ou de base supplémentaire.
D'une façon générale, un mélange d’acides va se comporter comme un acide polybasique; à chaque fonction saturée correspondra une saute de potentiel, à condition, bien entendu, que celles-ci soient dans les limites et pas trop rapprochées.
HCE At CooH O
CA
EL
Rite
Dans une saturation simultanée de deux acides monobasiques: HCI + CH#COOH, seuls les points remarquables donnés par le tracé de la courbe de l’acide faible peuvent être retenus. En effet, l'acide le plus fort se sature d’abord, une première saute de potentiel accompagnera la fin de la saturation, mais celle-ci sera loin de celle donnée par HCI seul, l’acide acétique entre maintenant en jeu, l’acétate qui se forme exerce son pouvoir tampon et la courbe qui se continue est désormais celle de l'acide acétique pur (19).
Dans une saturation d’un acide polybasique fort ou faible en présence d'HCI, toutes les fonctions apparaîtront comme dans le titrage de l’acide seul, à condition que la quantité d’HCI ne soit pas trop forte. Donc, dans le titrage simultané de deux acides, l’un à courbe simple, l’autre à courbe plus compliquée, c’est cette dernière qui apparaîtra; tel est le cas d’un mélange HCI + PO‘H3. Les ions OH- sont employés, au début, à saturer la première fonction de PO*H3 et HCI; quand la saturation est effectuée, la saute de potentiel est arrêtée par la seconde fonction acide de PO*H* à la saturation de laquelle sont employés maintenant les ions OH-.
La figure 8 représente les courbes de saturation par NaOH, d’une part, d'HCI + CH3COOH, d'autre part, d’une même quantité de PO*H avec addition croissante d’'HCI.
Donc, à condition d'employer un acide fort ou une base forte, dont la courbe est simple, et en quantité assez petite, nous ne serons pas gênés par leur présence dans l'élaboration de nos courbes qui sont, en général, celles de corps à fonctions multiples beaucoup plus faibles,