‹ Traces de buddhisme en Norvége avant l'introduction du chritianisme;Chapitre 3 sur 21 · FORME DES MONUMENTS · texte numérisé non relu

FORME DES MONUMENTS

Les monuments tumulaires de l'Europe3, composés de pierres, de sable ou de terre entassée, ont reçu la forme la

Ihe court of Nepaul, London, 1855, 2 vol. in-8, I, p. 196-97 ; F. Artlj . Neal, Narration of a résidence in Siam, London, 1852, in-8, p. 63-65. 1 Forbes, Eleven Years in Ceylon, I, p. 221.

- M. W. Grimra, grand connaisseur des antiquités allemandes, fait dans son ouvrage, Deutsclie Runen, p. 265, cette observation pour îes pays situes entre le Caucase, au sud, et la Baltique et la mer du Nord, au nord-ouest. Mais on verra que cette observation doit s'étendre de plus vers le nord et l'ouest. Un archéologue russe, M. Tysjkjevitsj, remarque que les mêmes objets se trouvent aussi bien dans les tumuli de la Russie méridionale que dans les tumuli Scandinaves. (Voy. Antiquarhk Tidsskrift, 1852-1854, p. 175.)

3 Le lecteur comprendra que je ne parle que d'une partie de l'Europe , mais je prends la liberté de nie servir de ce mot, , faute d'un terme convenu

Il) TRACES

plus naturelle d'un amas celle d'un cône tronqué et arrondi en haut.

Les tôpes de l'Asie se sont développés au fur et a mesure, depuis le stupa originaire, c'est-h dire le tertre coniforme <pi'on a remplacé, pour faire la cellule intérieure plus solide, par un mur quadranguîaire surmonté d'une construction conique, et enfin on a élevé cette construction en plaçant, entre elle et le soubassement, un cylindre 2. Or les haugs de la Norvège et \e< topes de l'Asie paraissent avoir eu la même forme originaire, et la seule différence entre ces monuments, qui subsistent dès l'antiquité, c'est la forme plus développée des tôpes, qui ont néanmoins toujours conservé la coupole conique, tenant le milieu entre le cône et l' hémisphère.

Par une exception assez rare, on trouve, en Norvège et au Tibet, des monuments carrés de la même espèce3.

11 y a, aussi en Norvège, des tumuli portant un petit tumulus sur le sommet4, comme pour imiter les tôpes avec leur soubassement, lequel, en Afghanistan, est, le plus souvent, formé de pierres jetées ensemble sans ordre. En Jutland et à Bornholm, on trouve des tumuli d'une construct:on pareille5.

pour désigner la partie dont je parle, et pour éviter une longue énumératien de pays.

1 A Arnaravati, ville sur le bord méridional du fleuve Krichna, dans le Guntur Sircar, on a découvert un tertre nommé Dipaldima, c'est-à-dire le tertre de lumière, qui a environ 128 pieds de diamètre et 10 pieds de haut. Dans le centre, il y avait un étang, et la base a été entourée dune double rangée de pierres richement sculptées, dont plusieurs avaient été enlevées ou détruites. Dans les environs, il y a un grand nombre de tertres artificiels. (Ariana ant., p. 52-53.) Dans le sud de Flnde, il y a plusieurs groupes de tertres semblables. (Voy. la dernière note au § 17.)

2 Voy. § 1.

5 Voy. Lloyd's Narration, etc., and Girard' s Account of an atternpt to penetrate to, etc , II, p. 69; Liliengren och C. G. Brunius, ISordiska Fom- Lemningar, Stockholm, 1823, 2 v. in-8, II, n. LXXIV. (Antiquit. du Nord.)

4 Un tumulus semblable, situé dans la paroisse d'Ullensager, est décrit dans VUrda, II, p. 288-289. Un autre est situé dans la paroisse de Uaus, diocèse de Bergen. Je l'ai vu en 1849 à moitié démoli.

s V. Antiqmrhk Tidsskrift, 1846-1848, p. 142.

11 est douteux que des tours murées, semblables aux lôpes, aient jamais été en usage en Scandinavie ; cependant on trouve des tours en ruines qui donnent l'idée d'une destination pareille. Ainsi il existe près des côtes orientales du Gothland, île de la Baltique, quelques restes de tours, partie rondes, partie carrées, que les habitants des environs appellent kastaFs (châteaux). On voit deux de ces tours dans la paroisse d'Euya, dont une près de l'église : la l'orme en est ronde, leur diamètre est de trente-trois pieds, et les murs ont une épaisseur de six pieds et demi ; les pierres qui forment la face intérieure sont travaillées au ciseau et unies, mais le côté extérieur des murs est composé de pierres rudes, et l'espace qui est autour est encombré de pierres, de sable et de chaux. Non loin de ces tours, il y a des restes d'une autre tour qui est aussi ronde1.

M. C. Save, qui a donné la description de ces tours, émet l'opinion qu'elles ont servi de fortifications contre les pirates du moyen âge, et raconte qu'une fois les habitants des environs se sont défendus quelque temps dans une de ces tours contre Valdemar, roi de Danemark. Mais il ne s'ensuit pas que leur destination primitive ait été de servir de moyen de défense.

Les habitants de l'Afghanistan nomment souvent aussi les lôpes bourdges, ou châteaux, et, a Khotpour, on voit un tôpe qui paraît être la tour angulaire d'une forteresse2. 11 faut encore remarquer que les anciennes tours de Gothland se trouvent ordinairement dans le voisinage des églises. Or, quand nous considérons que les fondateurs des premières églises chrétiennes aimaient a choisir les lieux où les païens se rassemblaient pour offrir leur hommage aux dieux 3. il deviendra

1 M. Save parle aussi d'une tour carrée près de l'église de Gothein ou Cautum, nom qui pouvait faire penser à Gotama ou Gantama Buddha; mais le nom est probablement une altération de Goclheim (demeure de Dieu).

2 Ariana antiqua, p. 64.

5 Sulp. Severus (ed. Amstelod., 1605), p. 458, dit : « Nam ubi fana destruxerat (Martinus) statim ibi aut ccclcsias aut monasteria eonstruebat. » D'un caslriim olim cultum, en Francbe-Comté, parle Jonas Bobbiensis in Vita .S. Columbani (j H 15), cap. xvn; in Art. Bened., 2, 12, 15.

vraisemblable que les tours dont il s'agit aient servi au culte païen.

Dans la province septentrionale de la Norvège, nommée Finmark, on voit également ça et la, près des bords de la mer Glaciale, des constructions rondes, hautes de quelques pieds, sans toits, et vides en dedans, soit de forme conique, soit se rétrécissant dans le haut, constructions dont personne ne connaît la destination. Deux voyageurs qui ont passé plusieurs années dans le Finmark et qui, dans leurs courses, ont souvent rencontré et regardé ces tours, ont vu chez moi les dessins des tôpes, dans YAriana untiqua, et m'ont assuré qu'ils trouvent beaucoup de ressemblance entre les tôpes et les constructions du Finmark.

Page 1