SYMBOLISME DU TOPE
Au commencement, le tôpe ne doit pas avoir été autre chose que ce que le nom indique, un tas ou tertre, de la l'orme la plus simple et la plus naturelle, celle que le haug de la Scandinavie conserve toujours; sans qu'on paraisse avoir eu la pensée de symboliser par la aucune idée abstraite. Mais, lorsqu'on eut commencé de construire le tôpe en pierres ou en briques avec du ciment, et qu'on en eut augmenté la hauteur, il reçut une forme qui mit l'imagination en mouvement, et elle y découvrit un symbole, ce qui ne doit pas avoir été sans influence sur les architectes des tôpes postérieurs. 11 paraît, cependant, qu'on ne fut pas d'accord sur l'idée symbolique : quelques-uns y virent l'image du linga (membrum virile), le symbole de la fertilité et de la renaissance. Cette explication est adoptée dans la légende rapportée dans le JSouv. Jomn. Asiat.} t. VII, p. 121 , note 2 : « Buddha coupa les boucles de cheveux du front de sept cents brahmanes et
kchatriyas, ou, en d'autres mots, les fit buddhistes. La moitié des cheveux monta au ciel, l'autre moitié des cheveux tomba sur la terre, et il en sortit des tchaitiyas (topes) innombrables, de la forme des lingas. » — C'est le même symbolisme qui a donné le nom de dâgoba (ou tope) a la pierre, en forme de linga, qui est debout dans les cavernes de roche qui servent de temples, par exemple a Ajunteh et aEllora1. C'est à cela qu'il faut rapporter enfin les pierres en forme de linga (dont uous parlerons ci-après, §12) qu'on place, dans le Pendjab, sur les tombeaux des hommes pieux, comme pour témoigner que, par leurs vertus, ils auraient mérité un tôpe, si leurs admirateurs avaient pu en faire les frais.
On peut tirer une autre interprétation du symbolisme par la comparaison qu'un auteur cingalais établit entre le tope et une bulle flottante sur l'eau : symbole de la vanité du corps humain, comparaison dont, ace qu'on dit, Buddha se servait souvent dans ses sermons2.
On a aussi donné une troisième interprétation, que voici: les Hindous se servent de petits autels de poche, faits de cristal en forme d une coupole appuyée sur une plinthe carrée, qu'on nomme bhupura, la cité de la terre3; le nom qu'on donne a la coupole n'est pas indiqué, mais on est tenté, pour ne pas dire forcé, d'y voir le symbole du ciel, qui est la voûte de la terre.