GRANDEUR DES MONUMENTS
Un autre point de ressemblance, c'est la masse immense des matériaux qu'on a amoncelés pour donner aux monuments un
1 Egerton, II, p. 216, 255.
- G. Ritter, die Stupas (topes), etc., und die Colosse von Bamiyan, Berlin. 1858, in-8, p. 144, 159, 162.
3 Nous en parlerons plus en détail ci-après.
aspect imposant. Je donnerai ici une liste de quelques-uns des plus considérables de la Norvège et de l'Asie.
A. En Norvège, le V aider shaug, a Valderôc, île près des cotes du Sôndmôr, district du diocèse de Bergen, a environ quatre cents pieds de circonférence et quatorze a seize pieds de bailleur perpendiculaire, et il paraît avoir été deux l'ois aussi baut dans l'antiquité l.
Oushaug, dans la paroisse d'Ulfsteen, diocèse de Bergen, a quatre cent cinquante pieds de circonférence et trente-deux pieds de hauteur 2. Un haug a Vigeroe, même diocèse, a trois cent trente pieds de circonférence et vingt-quatre pieds de haut3. Dans la paroisse d'Urland, même diocèse, on rencontre plusieurs grands hangs, dont quelques-uns ont une circonférence de quatre cents pieds *.. Dans la paroisse de Gloppen, même diocèse, il y a un haug qui a une circonférence de cinq cent trente pieds et une hauteur de vingt-quatre pieds 5.
Dans la paroisse d'Yttre-Holmedal, même diocèse, il y en a deux, dont l'un est de trois cent quarante pieds de circonférence et de trente-deux pieds de hauteur; et l'autre de quatre cents pieds de circonférence et de seize a dix-huit pieds de hauteur0.
11 faut remarquer que la dimension de ces monuments n'est pas mesurée par des instruments, mais la circonférence par les pas d'un homme passant autour, et la hauteur en y comparant la hauteur d'un homme.
B. Mesurons a côté de ceux-ci quelques-uns des plus considérables topes de l'Asie. Manikyala-Tôpe, entre Attock et Lahore, a trois cent dix a trois cent vingt pieds de circonfé-
1 Urda, et norsk antiquarisk-hislorisk Tidsskrift (Journal pour les antiquités et l'histoire de la Norvège), publié par la direction du musée de Bergen. Bergen, 1<S57, flg , in-4, 1, p. 27 et suiv.
2 lb., p. 101.
' lb., p. 71.
' lb., p. 158 et suiv.
5 lb., II, p. 29.
« lb.. II, p. 14.
rence, el encore de nos jours quatre-vingts pieds de hauteur, mais a été plus élevé V.
Amaravati-Tôpe, près du lïeuve duKrischna, dans le Guntor-Sircar, a une circonférence de cinq cents pieds et une hauteur de seize pieds seulement a présent 2.
Bhiha-Tôpe, près de Sanchi, S. 0. de Bundelcund, a cinq cent cinquante-quatre pieds de circonférence el cent vingt pieds de hauteur, mais a été plus élevé.
Ablunjagin-Dâgoba, a Geylan, a. de nos jours, une hauteur de deux cent vingt pieds; mais la tradition rapporte qu'il a en une hauteur de quatre cent huit pieds 3.
Jaita wana Dâgoba, aussi aCeylan, a eu, dit-on, une hauteur de trois cent soixante pieds, et contient encore une si grande masse de hriques, qu'on en pourrait, selon le calcul du major Forbes, construire un mur haut de six pieds, épais de deux pieds et long de quatre-vingt-dix-sept milles anglais (environ trente lieues de France j\
Les tôpes de l'Afghanistan ont rarement une circonférence de plus de cent cinquante pieds, et leur hauteur est ordinairement de trente a cinquante pieds.
Le Maha-Stupa, nommé aussi Sonnavali, que le roi Duchlagamani fit construire près de l'ancienne capitale de l'île de Ceylan, est placé sur une terrasse carrée de cent quatre-vingts pieds de long et de large, pavée de dalles de granit. Le stupa a cent vingt pieds de diamètre et cent quatre-vingt-neuf pieds de haut3.
On pourra trouver que la comparaison n'est pas exacte entre les constructions bien cimentées de l'Asie et les tertres de la Norvège; mais il est vraisemblable qu'au temps du paganisme, l'usage du ciment ne fut pas connu ou au moins ne fut pas généralement pratiqué en Norvège. Les monuments du
1 Ariana antiqua, p. 38-50.
3 Ib., p. 52.
3 Ib., p. 58-59.
4 Journal of tke royal Asiat. Society, XIII, p. 170. 3 Lassên, ïndiscke Aller Ihumskunde, II, p.. 429.
Finmark. mentionnés plus haut, sont aussi composés de dalles sans ciment. Et, à l'exception de l'usage du ciment, une imitation plus fidèle des constructions orientales était impossible.