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LE CHATEAU DES PAÏENS

On montre encore, à L'Echelle, l'emplacement de ce château, qui aurait été construit sur les ruines d'un temple élevé à Diane. La légende affirme que si l'on faisait des fouilles à cet endroit, on trouverait cachée sous terre, mais à une grande

LÉGENDES HISTORIQUES ET RELIGIEUSES

profondeur, une chèvre d'or gardant d'immenses trésors. Quelle est l'origine de cette chèvre d'or ? Une divinité qu'adorèrent les Gallo-Romains, dit la tradition, et cette même tradition ajoute : « Un jour que les Druides se préparaient à faire leur sacrifice humain, une chèvre bondissant tout à coup, du plus profond de la forêt, arriva jusqu'aux victimes dont elle délia les entraves, les rendant ainsi à la liberté. Puis elle disparut. En mémoire de cet événement miraculeux, les victimes qui avaient échappé au supplice élevèrent, à l'endroit même où ils furent délivrés, un temple magnifique où ils mirent une gigantesque chèvre d'or qui passa bientôt pour une divinité et que tous les païens vinrent adorer. » Dans cette' seconde légende, il n'est plus question, on le voit, du temple de Diane.

Il existe dans les Ardennes de nombreuses ruines d'anciens châteaux que la légende dit avoir été construits aux temps de l'invasion romaine.

Citons, par exemple, le célèbre Château des Fe'es, près Charleville. Voici ce qu'en dit M. J. Hubert dans sa Géographie des Ardennes :

« Le Château des Fe'es ou Château défait ne consiste plus aujourd'hui que dans quelques débris de murs sur un rocher saillant et perpendiculaire, situé à l'embouchure dans la Meuse du petit ruisseau, ou ru de Woiru, du Waridon ou de la Folie. Placé dans un angle que forment deux défilés assez profonds, ce rocher termine au midi un plateau qui va s'élargissant vers le nord. Cet endroit fut aussi appelé Chaumont (calons nions) parce qu'il était constamment dégarni et qu'il ne produisait rien. On prétend que le château défait était primitivement un temple dédié à Julien l'Apostat. Nous donnons cette tradition pour ce qu'elle vaut. — C'est François d'Aspremont, seigneur de Buzancy, de Lûmes, de Mohon, de Moutcy, etc., qui, au commencement du seizième siècle, fit construire, au lieu connu sous le nom de Woiru, le château défait. Au moyeu de ce fort, il coupa toute communication à la ville de Mézières par la Meuse. 11 rançonnait les voyageurs et les passagers, et son audace alla si loin que François Ier fut obligé de l'assiéger dans son château de Lûmes en 1534. — En 1629, la forteresse de Woiru n'est plus mentionnée que comme un château depuis longtemps détruit. »

Dans ses Biographies ardennaises, M. Hubert Colin a conté, mais avec force détails sortis de son imagination, l'histoire, ou mieux, la légende de ce siège.

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