LE LION. LE CHACAL, LE SANGLIER
« Le lion, le chacal et le sanglier vivaient de compagnie. Un jour ils allèrent semer un champ de fèves. Ils possédaient une jarre de beurre. Un autre jour, ils allèrent piocher. Quand le chacal sentit la faim, il cessa de travailler pour mentir. Le lion dressa l'oreille : « Qui t'appelle ainsi? » lui dit-il. — « C'est mon oncle, répondit le chacal; la maison de mon frère est en noces et je vais « y manger un peu de couscous. » Il partit et mangea la moitié du beurre. Ensuite il rejoignit ses frères qui lui demandèrent s'il avait mangé quelque chose. « Oh! oui, répondit-il, que Dieu « les bénisse! » Et ils continuèrent à piocher. Quand le chacal sentit la faim, il se leva, courut vers la jarre, acheva le beurre et revint piocher.
« Un jour les trois amis allèrent moudre deux sacs de blé et se dirent : « Faisons fête et « invitons nos frères. » Ils préparèrent du couscous et allèrent inviter leurs frères : « Venez avec " nous, leur dirent-ils, nous ferons un festin, nous avons maintenant une jarre de beurre. » On arrive à la maison, on apporte la jarre de beurre, point de beurre. Le lion et le sanglier regardent le chacal : « C'est toi qui l'a mangé. .» Le chacal prit la fuite; ils se mirent à sa poursuite, le saisirent, le tuèrent et le jetèrent au loin. »
A la vérité il s'agit ici d'un chacal; mais en Orient, dans l'Inde, le chacal occupe dans presque toutes les traditions, tous les contes, la place du renard, ces deux animaux se confondant parce qu'ils représentent le même symbole mythique. — Voir Gubernatis : Zoologie mythologique, II, p. 127-IGU.