LE REVENANT DE LA MOTTE
Il habitait un terrier dans les bois communaux de La Motte, commune de La Hardoye, jouait de la flûte et sonnait du cor. On disait aussi qu'au sabbat il dirigeait l'orchestre infernal. C'est surtout dans la nuit du vendredi au samedi que se faisait entendre, dans les bois, ce concert mystérieux. Dès les premiers accords, vers les minuit, chacun sortait de chez soi pour l'écouter, car il était toujours fort mélodieux, mais on se gardait bien d'approcher du terrier. Cela se passait au siècle dernier. Aujourd'hui, de vastes, de grasses prairies s'étendent sur l'emplacement de ces forêts, et à peine les vieillards de La Hardoye ont-ils souvenance du « revenant de La Motte. »
LE HOUZIER
Il y a de cela bien longtemps, bien longtemps, à La Hardoye, vivait, le longdès ruisseaux et des passerelles, un farfadet que l'on avait surnommé le Houùer, c'est-à-dire « l'homme des eaux. » Tout petit, il pouvait facilement se cacher, l'été, dans les hautes herbes, et l'hiver il se blottissait dans un trou. Nullement méchant; il n'était que malicieux. Sa grande joie, lorsqu'on passait près de lui sans le voir — il avait d'ailleurs le don de se rendre invisible, — était d'éclabousser, de couvrir de boue les voyageurs ou les promeneurs, mais surtout les jeunes filles quand elles étaient parées de leurs plus belles robes. Puis, un éclat de rire et le « flac » que ferait une grosse grenouille plongeant dans l'eau. Pendant longtemps, à La Hardoye, on ne voulut plus longer les ruisseaux, et si, de nos jours, le Houzier n'existe plus, son souvenir est encore vivace, car un enfant rentre-t-il à la maison mouillé ou crotté, sa mère ne manque pas de lui dire : « Comme te voilà houzélé ! »