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CHAPITRE XXIIl

ses, celle d'avoir ainsi, pour des questions secondaires (la possession de la Sicile, celle d'un petit port dans l'Âdrialique), laissé échapper l'occasion de se voir, lui et son empire, reconnus par le plus redoutable de ses ennemis.

L'Angleterre ne peut-elle être aussi blâmée d'avoir alors refusé de donner la paix au monde, lorsqu' en définitive elle obtenait, en 1806, tout ce qu'elle obtint en i8i4 : la consécration de la formidable puissance qu'elle avait acquise depuis la révolution française? Sans doute : mais il ne s'agissait pas seulement pour elle, pour Napoléon, comme semblent le faire croire les apparences, de la Sicile laissée aux Bourbons de Naples ou donnée à Joseph. La Sicile était, pour l'un comme pour l'autre, la domination, l'empire de la Méditerranée, la possession du chemin qui conduit en Egypte et aux Indes.

Quant aux bouches du Cattaro et à la Dalmatie, le traité de Presbourg les avait données à la France, la Russie s'était frauduleusement emparée de Cattaro.ll importait certes à l'Angleterre, autant qu'à Napoléon, que cette puissance ne vint pas s'établir dans une contrée, sur un point

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d'où elle pouvait menacer l'empire ottoman ; et cependant l'Angleterre, entraînée par sa haine, appuyait les prétentions de la Russie, -et faisait du Gattaro un des motifs principaux de la rupture des négociations.

C'est ainsi que, sous les apparences de questions qui pouvaient paraître secondaires, Napoléon etrAngleterre,luttantd'ambi tien, entraînés par leur ardeur jusqu'à l'aveugiement, poursuivaient, implacables^ sans ^ue rien pût les en détourner, l'un la domination du continent, l'autre l'empire des mers.

Pour cette dernière , l'œuvre était accomplie; à Trafalgar elle avait anéanti les grandes flottes de la France et de l'Espagne ; les quelques vaisseaux qui avaient échappé au désastre, hasardés sur l'Océan, étaient bientôt devenus sa proie, et désormais elle pouvait, sans crainte que nul osât lui porter un défi, entonner son hymne orgueilleux : <c Rule, Britannia! rule the waves! »

n faut oser voir la vérité, la regarder en face. La révolution nous avait coûté notre puissance maritime. Les glorieuses escadres qui avaient conquis l'indépendance des Etats-Unis , qui ,

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