‹ Traditions et souvenirsChapitre 9 sur 160 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

A. peine Fox était -il ministre des affaires étrangères depuis quelques jours, qu'un individu arrivé de France vint lui proposer d'assassiner Napoléon. Fox, indigné, le fît immédiatement arrêter; mais, comme les lois anglaises nepermettaientpasde le détenir longtemps,Fox écrivit à M. de Talleyrand pour le prévenir.

Le gouvernement anglais n'avait pas toujours eu de semblables procédés : aussi l'empereur se montra-t-il fort touché d'un acte tout ngturel à l'ârae élevée et généreuse de Fox ; il charçea son ministre de l'en remercier : « Diles-lui (ce sont les paroles de Napoléon) que, soit que la politique de son souverain nous fasse rester encore longtemps en guerre, soit qu'une querelle aussi inutile pour l'humanité ait un terme aussi rapproché que les deux nations doivent le désirer, je me réjouis du nouveau caractère que par cette démarche la guerre a déjà pris et qui est le présage de ce qu'on peut attendre d'un cabinet, dont je me plais à apprécier les principes d'après ceux de M, Fox , un des hommes les plus faits pourapprécier en toutes choses cequi est beau, ce qui est vraiment grand. »

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insista pour que la Sicile lui fût abandonnée : c'était ce que Fox ne voulait ni ne pouvait concéder.

La négociation traîna quelque temps encore, puis Fox tomba malade et mourut bientôt. Alors à l'esprit de conciliation, à la bienveillance qui avaient présidé aux premiers pourparlers, succédèrent l'aigreur, les récriminations. L'empereur de Russie, de son côté, désavoua son ambassadeur, M. d'Oubril, et refusa de ratifier le traité conclu avec la France. Toutes négociations furent alors rompues, et s'évanouirent avec elles les espérances de paix qu'avaient pu faire concevoir un instant le désir qui avait d'abord animé Napoléon, son ministre, M, de Talleyrand, et l'esprit généreux de M. Fox.

A qui faut-il imputer une rupture qui replongea encore pendant plusieurs années l'Europe dans des guerres sanglantes et attira sur elle et sur nous toutes les calamités? Des historiens favorables à Napoléon l'ont vivement blâmé en cette circonstance, et considèrent comme une des plus grandes fautes qu'il ait jamais commi-

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