CHAPITRE XXIll
SOUS Sufïreo, avaient vainca les Anglais dans l'Inde, tout avait disparu. Nos colonies, la ricbe Saint-Domingue, toutes les colonies de nos alliés, de la Hollande, de l'Espagne, étaient devenues la proie du vainqueur. Depuis l'expédition d'Egypte seulement, la puissance anglaise avait plus que triplé dans l'Inde. Dans toutes les parties du monde son pavillon'seal flottait en maître sur les mers, et l'or de son commerce soudoyait les coalitions contre la France.
A cette puissance contre laquelle Napoléon ne pouvait lutter corps à corps, qu'opposait-il ? la domination du continent européen qu'il entreprit de fermer aux Anglais et à leur' commerce.
Pour atteindre ce but, il fallait non-seulement vaincre, mais créer un pouvoir formidable reposant sur des bases solides, susceptible de durée, capable de tenir en respect les États tels que la Russie, dont la puissance était encore intacte, et de maintenir ceux qui, tels que l'Autriche, bien que vaincus, n'aspiraient qu'à prendre leur revanche.
Telle iiit la raison de ce grand empire dont
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ît TRADITIONS ET SODVENIRS.
la France oa plutôt la TÎeille Gaaie formait le centre, allant de l'Océan au Rfain et des Alpes à la mer du Nord, tandis qu'au sud et au nord, semblables à des bras gigantesques qui voulaient enserrer l'Europe , s'étendaient les royaumes de Naples, d'Italie et de Hollande.
Napoléon, tout en conservant à ces pays leur nationalité distincte, leur avait donné pour les gouverner ses frères et son fils adoptif : à Joseph, Naples; à Louis, la Hollande; à Eugène, l'Italie. Bientôt, à ces États, il en joignit un autre composé du Hanovre, de la Hesse-Gassel et de quelques princi pautés allemandes, formant comme un bastion avancé qui couvrait le nord de l'empire. Il en fit le royaume de Westphalie qu'il donna à son plus jeune frère, Jérôme. Enfin au centre, sur la rive droite du Rhin, il se couvrit par une ceinture d'États allemands confédérés et placés sous sa protection.
Bien que des écrivains, entraînés par la passion, l'esprit d'hostilité contre Napoléon, aient qualifié la formation de cette confédération d'acte d'iniquité, d'attentat à Tindépendance de l'Allemagne et de l'Europe, ce serait une grande
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