CHAPITRE XXin
erreur de croire que cette création ne fut qu'une loi du conquérgnt imposée par la force. La première pensée d'une confédération avait été suggérée, en i8o4, par le baron de Waitz, ministre de l'électeur de Hesse : « Affligé, disait-il, de voir ce prince obstiné à rester fe)d-marécfaal au service de ta Prusse^t asservi en esclave à cette puissance, il avait, dans le dessein de l'en affranchir, imaginé qu'il serait possible de former une association d'États secondaires, qui, par la réunion de leurs forces, assureraient leur indépendance, surtout en "se plaçant sous la protection d'un grand État étranger à l'Allemagne*. » Cette combinaison, qui fut communiquée au gouvernement français, répondait à la pensée de Napoléon : celle de constituer en Allemagne un État qui pût être, à l'égard de l'Aulricbe et de la Russie, ce qu'avait été autrefois la Pologne, État assez fort pour être un obstacle, pour servir de contre-poids à ces puissances, mais pas tellement fort cependant qu'il ne fût obligé de compter sur la France pour se soutenir. Pen-
< Histoire gênérate des traités lie paix', par M. le comte de Garden, I. IX, p. latf.
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dant quelque teoips, Napoléon avait pensé à faire jouer ce rôle à ta Prusse agrandie , qui sérail devenue le centre de l'unité allemande; mais les tergiversations incessantes de cette puissance^ sa conduite ambiguë, l'aversion de la cottv de Berlin pour l'alliance française le forcèrent enfin à renoncer à ce projet.
11 rencontrait des dispositions toutes différentes, non-seulement chez la plupart des princes, mais même chez les peuples deJ' Allemagne. Pour les princes, deux parmi eux, l'électeur de Bavière et l'électeur deWhrtemberg, avaient été élevés à la dignité royaIe,tous enfin se trouvaient soustraits à la suzeraineté de l'empereur d'Allemagne : désormais leur puissance était absolue. Autrefois ballottés incessamment entre U Prusse et l'Autriche, ils se trouvaient jouir d'une indépendance qu'ils n'avaient jamais connue. Pour les peuples, l'influence française 'faisait pénétrer chez eux un souffle plus libéral, et même, sous une forme despotique, de nombreuses améliorations s'accomplissaient dans l'adminis- ■ tration. 11 n'y eut pas jusqu'à la gloire des armes qui n'exerçât son prestige et n'entraînât
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