‹ Traditions et souvenirsChapitre 115 sur 160 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

. Bertrand ; nous tremblions tous, l'Empei^ur ne bougea pas ; il dit seulement plusieurs fois en voyant les Russes : Quelle audace ! et ordonna à un bataillon de la garde de s'avancer. A ta vue de ces grenadiers, les Russes s'arrêtèrent. Le peloton d'escorte les chargea en tête, et, pris en flanc par la brigade du général Bruyère, tout fut bientôt sabré ou dispersé. » La grande charge avait un peu atténué le désastre du 7' corps et arrêté les Russes, qui, tout en maintenant leurs positions, étaient cependant ébranlés. A une heure environ, Davout, que l'Empereur attendait impatiemment, débouchait sur la gauche des Russes. A trois heures, il avait fait reculer de près d'une lieue leur aile gauche. Ce fut à ce moment qu'arriva à Althof le corps de Lestocq qui'b'était habilement dérobé à la poursuite du maréchal Ney. Benningsen voyait sa gauche refoulée, l'ennemi déjà sur ses derrières; le cornbat pouvait d'un moment à l'autre se changer en une déroute, tandis que sa droite tenait encore ferme. Il ordonna donc à Lestocq, qui était arrivé près de cette droite, de filer derrière l'ar^ mée russe et de se joindre à la gauche.

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Le village deKutschitten, alors attaqué par les Prusaiens réunis aux Russes, fut repris, mais ce fut en vain que Lestocq tenta de s'emparer d'Anklappen. Davout rassembla tout ce qu'il pouvait avoir de réserves, s C'est ici, disait l'intrépide maréchal en parcourant les rangs, c'est ici que les braves trouveront une mort glorieuse, les lâches iront périr en Sibérie. > L'ennemi ne put repasser la lisière du bois d'Anklappen; la nuit survint, le maréchal Davout conservait une position très-avancée derrière la gauche de l'ennemi. A ce moment arrivait de l'autre côté le maréchal Ney qui occupait Schnioditten et Schloditten, se trouvant ainsi placé derrière la droite des Russes et sur la route principale qui conduit à Kœnigsbei^. L'ennemi comprit le danger, et, bien qu'il fut dix heures du soir, H fit attaquer Schloditten par une partie de la division Sacken, qui fut vigoureusement repoussée. Ce fut le dernier combat de la journée.

Voici ce qui était arrivé au maréchal Ney. Parti le 7 au matin de Wormditten, il avait bivouaqué dans les environs de Landsbei^, d'où il était parti le 8, marchant à travers la forêt

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