‹ Traditions et souvenirsChapitre 13 sur 160 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

ceux des Allemands qui se montraient fiers d'avoir combattu à nos côtés et vaincu avec nous.

Tous voulaient donc conserver les avantages qu'ils avaient acquis et se montraient impatients de se réunir pour se les assurer en se plaçant sous la protection de l'empereur des Français. On 'peut s'étonner aujourd'hui de ce mouvement d'un peuple se plaçant ainsi sous le joug d'un conquérant étranger ; mais alors l'Allemagne sortait à peine des langes du moyen âge, de la féodalité; trop longtemps elle avait subi l'influence dissolvante, énervante, des petits £tat$; le sentiment de la nationalité allemande ne s'était pas encore développé, ou ne germait que dans quelques âmes. L'heure du réveil n'avait pas sonné. L'on vit à cette époque les plus grands esprits de ce pays vanter, glorifier l'influence étrangère.

Jean de Mûller, le célèbre historien de la Suisse, esprit élevé, cœur sincère , proclamait avec enthousiasme que le peuple allemand avait besoin d'une impulsion, et que c'était Napoléon qui la lui imprimait : « Les hommes, dit l'historien PBster, qui représentaient le génie et la

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littérature allemande, descendirent à un tel degré d'abaissement qu'ils devinrent les adorateurs du conquérant, et Goethe lui-même chanta les hauts faits de Napoléon '. »

Tous ces sentiments ayant été habilement exploités , les négociations fiirent menées avec rapidité et dans le plus grand secret par M. de Talleyrand. Au commencement de juillet 1806, les plénipotentiaires des princes allemands se réunissaient à Paris, et le 12 l'acte de confédération était signé par le roi de Bavière, le roi de Wurtemberg, l'électeur archichancelier , l'électeur de Bade , le dnc de Bei^ et de Clèves , le landgrave de Hesse-Darmstadt, les princes de Nassau -Usingen et Nassau-Weilboui^, les princes de Hohenzollem- Hechingen.et HohenzoUem-Sigmaringen , les princes de Salm-Salm et Salm-Kirbourg, le ' prince d'Isenbourg-Birstein, le duc d'Arembei^, le prince deLichtensteinet le comte de la T^eyen. Par l'article premier, ils déclaraient être pour jamais séparés de l'empire germanique et indé-

' Pfisler, Histoirt HAtUmagne, (. XI, p. 5.

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