‹ Traditions et souvenirsChapitre 14 sur 160 · CHAPITRE XXllI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXllI

pendants de toute puissance étra(rgère à la confédération , et reconnaissaient pour protectpur l'empereur des Français. Ds formaient enGn avec la France une alliance offensive et défensive : en cas de guerre, le contingent de la confédération devait être de 58,ooo hommes.

La notification de l'acte de confédération ayant été faite à la diète de Ratisbonne, le i*"" août, l'emperear François II d'Allemagne déclara renoncer à l'empire. Ainsi disparaissait, après dix siècles, ce vieux monument du moyen âge. Déjà, depuis près de deux cents ans,-il avait reçu bien des atteintes : la Réforme, la paix de Westphalie, les conquêtes de Louis XIV, plus tard les guerres entre Frédéric et Marie-Thérèse, l'avaient profondément ébranlé, désorganisé; il était réservé au mouvement produit par la révolution française de lui porter le dernier coup et de déterminer une transformation qui, après des phases diverses, aboutit sous nos yeux à un résultat qu'il était alors difBcile de prévoir.

La sensation fut grande en Europe, lorsqu'on vit plus de dix millions d'Allemands, se re-

D.qit.zeaOvGoOt^ic

tournant en quWque sorte contre l'Allemagne, se placer sous le protectorat de la France contre laquelle ils s'étaient conjurés tant de fois.

On peut maintenant considérer l'œuvre de Napoléon dans son ensemble et essayer d'en saisir la pensée.

Eli créant ainsi un grand empire fédératif, en s'entourant de feudataires couronnés, en se faisant le roi des rois, Napoléon n'obéissait pas seulement, comme tendrait à le faire croire une opinion superficielle, à l'entraînement de l'orgueil ou bien à un sentiment de mesquine vanité. Sans doute te rôle de Chartemagné put briller à ses yeux, émouvoir une imagination telle que la sienne, mais ce furent des raisons bien autrement puissantes qui le guidèrent.

La victoire avait mis sous sa domination de vastes États : ne fallait-il pas les organiser, les constituer? Devait-il, en présence des coalitions sans cesse renouvelées contre lui, abandonner au hasard les éléments de puissance dont il pouvait disposer? Ne devait-il pas, au contraire, en les hiérarchisant, les ramener, les concentrer dans sa main? Ainsi, était-il possible

D.qit.zeaOvGoOt^ic

Page 1