‹ Traditions et souvenirsChapitre 134 sur 160 · CHAPITRE XXVUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVUI

Vivement attaqué, l'ennemi se hâta d'évacuer Guttstadt ; il n'avait point eu le temps de s'y établir et d'y transporter ses magasins qui étaient à Heilsberg et qui devaient arriver le jour même. Aussi le maréchal Ney, en* annonçant à l'Empereur la reprise de Guttstadt, se hâtait-il de lui faire connaître la difficulté de sa position et l'impossibilité où il était en présence de l'en* nemi de se procurer des subsistances dans un pays totalement épuisé, a Je trahirais tous mes devoirs, écrivait-il, si je ne faisais connaître cette position à l'Empereur; » et il demandait instamment l'organisation d'un service régulier de vivres.

Quant aux Russes, effrayés de cette attaque soudaine sur toute leur ligne, ne sachant pas où s'arrêterait cette marche en avant, ils vinrent d'Heilsberg dans la mati.née du 4 mars, au nombre de 7 à 8 mille , tâter les avantpostes de la ligne de Zechem à Peterswalde et cherchèrent à pénétrer dans la forêt de Guttstadt : repoussés sur un point, ils se portaient sur un autre. Les Français se contentèrent de maintenir leur position par un feu meurtrier

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d'infanterie et d'artillerie. Le ôo" de ligne fut un de ceux qui firent le plus de mal à rennemi. De notre côté, le 37" eut plus de 3oo hommes mis hors de combat.

Après avoir fait dans son rapport un grand éloge de ses troupes, chefs et soldats , le maréchal Ney se plaint amèremait d'un de ses généraux qui a manqué par son incapacité de compromettre le succès de ces deux journées du 3 et du 4* < Ce n'est pas, ajoute-t-il, que le général Gardanne * manque de bravoure^ c mais la bravoure est la qualité la moins essentielle chez un général \ »

Le but principal que se proposait l'Empereur, la reprise de Guttstadt, était rempli. Les généraux Bernadette et Soult étaient rentrés dans leurs cantonnements. Ney restait seul en avant, isolé, ayant devant lui à Launau plus de 10 mille hommes, c Mes avant-postes, écrivaitil, sont à demi-portée de pistolet des Russes.

* Il y avait dans l'armée deux généraiiK Gardanne ; celui dont il ut qoeilioD ici avait eu ki beaux jours à Uareoga. L'antre Gai^ danoe, dont GonvioD Sainl-Cyr (ait l'éloge dans ta mémoires , était gonTerueur de* pages de l'empumir et fut envoyé en miulou en Perse,

■ Voir les pièces justificatives.

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