CHAPITRE XXyiII. 39B
dissent par l'imagination. Ce n'est plus aujourd'hui le sol de la patrie qu'ils défendent à 5oo lieues de ses frontières^ mais c'est la gloire qu'ils poursuivent, la gloire qui les exalte, la pensée qu'ils marchent sur les pas d'un grand homme, de Napoléon, les fascine, les éblouit. Jamais, peut-être, Tespiit guerrier n'atteignit un tel paroxysme, jamais on ne vit plus d'émulation pour courir à la mort, et il semblait que cette ardeur était d'autant plus grande qu'on était placé plus haut. Rien ne peut dépasser l'intrépidité des Lannes, des Murât, des Ney. Messieurs les ofBciers, disait mon père, k vous êtes là pour vous faire tuer les premiers. »
Il faut aussi remarquer que, surtout à partir de cette époque, l'esprit de l'armée tendait à se modifier : on commençait à ne plus faire la guerre par nécessité, par devoir, mais à la faire pour le plaisir de la faire, par suite de l'éclat qu'on y trouvait.
Déjà sous le consulat, puis sous l'empire, une foule de jeunes gens, appartenant aux classes riches de la société, à l'ancienne aristocratie, à l'émigration même, y entraient, soit en passant
jitzedfivGoQt^lc
par l'école militaire de Fontainebleau, soit par engagement. L'Empereur lui-même s'assoùait à ce mouvement en envoyant des brevets de sous-lieutenant à ces fils de famille.
fierthier. Murât, Ney, Âugereau lui-même, les accueillaient avec plaisir, et les états-majors s'a ristocratisaient .
On le voit, on était loin de la simplicité de l'armée du Rhin ou de l'esprit démocratique de l'armée d'Italie. Sans doute on combattait toujours pour la patrie, pour sa grandeur, mais enlîn chaque jour l'armée tendait à devenir plus exclusivement l'année de Napoléon.
Si j'ai suivi pas à pas le 6* corps, j'ai pu le faire naturellement et sans troubler l'ordre du récit, car le rôle de ce corps dans cette campagne en indique les phases principales : elle commence avec lut et Bnit avec lui.
Le premier attaqué, Tarmée est avertie par lui. S'il ne prend pas une part directe à la journée d'Ëylau, il y joue indirectement un rôle décisif. Enfin, lors de la retraite, c'est lui qui la protège ; placé dans la position avancée de Guttstadt, lors de l'établissement des canton-
D.qit.zeaOvGoOt^lc