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CHAPITRE VINGT-SIXIÈME

Lr HiRÉCHAL Lanhes k l'Euperedr.

Devint Thorn, i8 novembre.

D'après tout ce que je vois, et tous les renBeignements qui me sont parveuus, la Pologne est composée de deoz classes d'habitants : ta première est très-^iche et par intérêt ne peut se séparer du roi de Prusse ; la seconde, et c'est la plus nombreuse, tient le milieu entre l'homme et la brute ; ce sont des êtres sans aucune espèce d' énerve. Je prie Votre Majesté de croire avec confiance aux rensàgnements que je lui donne sur cette nation. Je suis bien convwncu qui si on veut chercher à la soulever, au bout de quinze jours, elle sera plutôt contre nous que pour nous. Je suis fâché , ^re , qu'on juge l'esprit polonùs dans les grandes villes ; il faut considérer plutôt la misère et l'avilissement des campagnes.

Lannks.

Dans une autre lettre du 17 novembre, datée de Brombei^, le Maréchal Lannes avait dit :

«D'après les conversations qpej'fù avec les Polonais, je

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suis presque coDvaincu qu'il sera impossible de remuer la

Davout a l'Eupeuub.

Sompoloo, i8 Donmlnv.

Le général Dombrowski est plein de bonne volonté ; mais il a peu de tète et de mémoire, il ne sait rien. Il s'en faut de beaucoup qu'il jouisse dans ces pays de la considération de Kociusko , dont le nom est dans toutes les conversations. Il parait que les députés de Varsovie que j'avais autorisés à aller trouver Votre Majesté à. Custrin n'y ont point été, par crùnte du général Dombrowski : il y a dans tout cela de petites passions et d'andeos souvenirs de parUs.

J'iù rempli les intentions de Votre Majesté. Je n'aî rien écrit, m^ j'ai cherché à monter les Polonais. Suivant les rapports de tous mes partis, l'esprit des bourgeois, des petits nobles et du peuple, est très-monté. La grande noblesse fait des vtEus , mus seulement elle est timide ; cependant il y a quelques exceptions.

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HURAT A L'ElHPEReCB.

Virsovie, >S aotembre 1806.

Les Russes ne soDt plus si fanfarons ; on de mes ùdes de camp, que j'ai envoyé ce soir à Praga pour savoir si ce faubourg étùt évacué, les a trouvés extrêmement polis ; ils ne veulent plus nous manger ; ils ne cessent de se déchaîner contre les Pnisâens, et disent qu'ils arrivent toujours trop tard. Un de ces jours ils ont eu une terrenr panique : tout le monde fuyût, et le comte Potoskî, chez qui je suis logé, m'assure avoir fourni à lui seul cent cmqnante voitures pour les équipages. It est resté, h ce qa'wt m'assure, dans la ville au moins deux mille désertems polonais qui se sont cachés dans les maisons et n'ont pas voulu passer la Vistule, Je dois citer à Votre Majesté on propos d'un de leurs généraux qui ne semble pas annoncer qu'ils aient le projet de vouloir tenir devant nous : a Eh bien, a-t-il dit, si nous sommes serrés de trop près, qui nous empêche de mettre cent lieues de déserts entre l'armée française et nous ? La Russie n'y perdra rien et n'en sera pas moins grande. » Je présume que les Russes ne seront plus demain h Praga et qu'ils auront passé le Bug. Je vi«i3 de fmre partir différents olfiders qui ont promis de parcourir toute l'armée russe et de me rapporter sous peu de jours sa position et sa force.

Sire, je dois parler à Votre Majesté de Tenthousianne qui a éclaté aujourd'hui dans Varsovie à l'approche des

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troupes de Votre Majesté; il m'est impossible de voas le dépendre, je n'ù jamiùs vu de ma vie un esprit national aussi fortement prononcé. Je suis entré dans cette ville aux crïs mille fois répétés de r « ^ve l'Empereur Napoléon, notre libérateur ! » Ces mots sortaient de la bouche de toutes les classes de citoyens ; les femmes surtout de la noblesse et du peuple indistinctement ne pouvaient contenir lem* joie, Je ne puis mieux vous rendre ce qui s'est passé qu'en vous priant de vous reporter au jour où Votre Majesté reconquit Milan et fit son entrée dans cette ville. Tous demandent des armes, des chefs et des offiders. Kociusto est appelé à grands cris ; ce nom-U est en vénération dans ce pays ; il y jouit d'une confiance générale. Tout le monde fait déjà chercher des chevaux pour se monter, et lorsque je leur ai dit que Votre Majesté proclamera l'indépendance de la Pdogne lorsque vous verriez quarante mille hommes bien oi^anisés, on m'a répondu : 1 Nous en donnerons cent mille, mais que le grand Napoléon ne nous abandonne pas. » Tous nos soldats ont été reçus sur toute la route par les nobles, par les paysans , par tout le monde, comme des frères.

Les villes de Locwicz et de Sochaczien ont été illuminées à notre entrée ; Varsovie le fut hier soir l'ai-ce qu'il y avait quelques avant-postes auprès de ses faubourgs; elle l'est encore aujourd'hui parce que nous sommes dans la ville. Chaque habituit se disputait les soldats pour les loger chez lui ; des sociétés avaient préparé des repas pour les corps d'officiers ; enfin, Sire, la joie est universelle. J'ai promis de dire à Votre Majesté la vérité; \n voilà tout entière. Je vous prie maintenant de me faire connaître d'une manière positive vos intentions et surtout d'envoyer

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ém offiôtn «t il«s cbeft pMr ot^gantser 1« bataiHoos qni «lemuMlflot i «e fonoer. Kooinsfa} «et le seul ipà leur coovienne ; le gteéral BombrowAi n'y jouit pu, à tMaucoop près, delà mteie oonfiaooe.

Mdrat.

Vartavie, 19 novambre 1B06.

Sire,

Dans ma dépêche d'hier soir, j'ai rendu compte b Votre Majesté de l'enthoasiaiime qui avut Aciaté à l'entrée de ses boupes dans Varsovie; il est toujours le même. Aujourd'hui pluB instruit, je vais lui parlw du véritable désir de tons les Polonus grands seigneurs et grands propi'iétaires, et lui faire connaître le résultat des différentes conversations que j'eus avec les principaux nobles du pays- Vôtre Majesté peut compter que tel est l'état des choses et des dispositions des Polonùa. Forma- une nation indépendante sous un roi étraoKer qui leur serait donné par Votre Majesté, est le vceu généra ; aucun Polooais o'a là-dessus aucune arrière-pensée. Mais ils ne s'insni^eroot que lorsque Votre Majesté aura déclaré rindépendaoce de la Pologne et fait connaître le roi qu'EUe veut leur donner. Je m'explique : tous les nobles, presque tout ce qui a été ofticier dans la révolution de Pologne, tout Polonais eafio qui n'a k hasarder que sa propre vie, est prêt k m déclarer, Ào^r d'après l'impulsion qui lui sera donnée par le pre-

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mier venu, tant on veut redevenir Polonùs. Les grands seigneurs , les grands propriétûres, instroita par l'expérience et le malheur des derniers temps, disent : < Oui, nous sommes et nous serons toujours Polomûs de cœur ; te grand Napoléon n'a qu'à dire un mot : a Je déclare l'indépendance de ta Pologne, un tel en sera le roi, » alors plus de doute sur notre sort. Dès que l'empereur aura parlé, nos destins seront fixés et notre indépendance est assurée. Mais pourquoi, avant de connaître ses intentions, et sur des proclamations de quelques militmres réiiigjés en France qui n'ont rien à perdre, nous insurgerions-nous et hasarderionsnous ainsi notre existence, la fortune de nos enfants? On nous dit de former des b&tùllons, mais on ne nous désigne point déchets. Faut-il de rargent?Nous sommes prêts à donner tout ce que nous possédons, mais encore un coup que l'on nous donne un roi et notre dernière constitution.» Voilà, Sire, la vérité, et lorsque Votre Majesté viendra à Varsovie, elle se convaincra que tel est le vobU bien prononcé de tous les grands nobles et riches propriétaires, et que toutes les autres classes sont tellement exaltées qu'il est nécessEÙre de les contenir plutôt que de les exciter. Je vais rendre à Votre Majesté un point important de ma conversation avec le prince Poniatowski, neveu du dernier roi, homme d'esprit, soupçonné assez légèrement d'être bien pour le roi de Prusseetpourla Russie, mais cependant bon Polonùs. Ce que je vais dire à Votre Majesté m'a été conflrmé par un de ses confidents. Lorsque Votre Majesté marchait de Vienne en Moravie, le bruit se répandit aussitAt en Polc^e que vous alliez déclarer son indépendance et lui donner un roi. Ce bruit parvint bientôt dans le cabinet de Pétersbourg qui en fut alarmé. Alors l'empereur

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Alexandre, pour opérer une diversion etl sa faveur fit partir des émissaires pour travùUer en sa faveur les esprits polonais. Un de ses seigneurs fut envoyé à Varsovie et adressé directement au prince Poniatowski pour lui faire connaître les projets de son maître et lui offrir 40 mille rixdalers pour être distribués aux oflïders polonais et les insurger en faveur de la Russie, et que l'empereur Alexandre était très-déddé & leur donner le prince Poniatowski pourroi. Le prince Poniatowski lui répondit : n Reportez cet or à l'Empereur, et dites-lui qu'il n'a pas besoin d'employéce moyen ; qu'il n'a qu'à déclarer l'indépendance de la Pologne, lui désigner qui il voudra pour roi, et tous les Polonais sacrifieront leurs vies et leurs fortunes pour défendre son ouvrage; mais, sans cette déclaration, l'empereur Alexandre ne doit compter sur aucun mouvement. ■ Je «ois pouvoir assurer qu'il en sera de même dans cette drconstance , ai Votre Majesté ne parle pas elle-même. Une de vos proclamations leur ferait tourner la tète. Sire, vous avez déjà décidé du sort des Polonms ; il ne m'appartient que de vous dire la vérité, je l'û dite tout entière. Je ferai partir une députation pour ae rendre auprès de Votre Majesté.

Sire, je m'empresse d'adresser à Votre Majesté les renseignements qui viennent de m'ëtre donnés par un Polo- . nais rentrant de la Lithuanie, et sur lesquels vous pouvez compter. Ils s'accordent d« reste avec ceux que me donnent tous les Polonais qui ont des propriétés dans ces mêmes contrées ; et dans ce cas nous aurons quelques joiu« de repos qui nous donneront le temps de nous asseoir, de recevoir tous nos traînards, et surtout celui de recevoir les instructions de Votre Majesté, car je ne saurais me

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détemûner à passer la Vistule sans un ordre positif de Votre Majesté, d'après le post-scriptum de votre lettre du 24 que je d'eu reçue aujourd'hui 29 que vers b^is heures après-midi, qui porte : « Je ne veux pas trop m'étendre en Pologne sans avoir reçu de réponse du maréchal Duroc. « J'espère néanmoins, quoique je sois sur Varsovie, ne point avoir contrarié vos dispositions, puisque d'un cAté je recevtùs l'ordre du major général, par sa lettre de même date que celle de Votre Majesté, de me porter sur Varsovie, si la suspension d'armes o'-étût pas ratifiée ; et que de l'autre côté, par la position que j'occupe, je pms encore réunir des forces con^dérables soit sur Varsovie, soit sur Plotsk, à ces points venaient à être simultanément attaqués. Car j'ai dû supposer que je ne recevais l'ordre de me porter sur Varsovie que sur les premiers rapports de M. le Maréchal Davout, qui vous annonçaient la marche d'une armée russe sur ce point ; et lorsque j'ù eu la conviction contraire par la retraite de l'ennemi sur la rive droite de la Vistuie, j'ai laissé tout le corps de M. le Maréchal Lannes sur la Bzura, occupant Lowicz et Sochaczten, et une division du maréchal Davout à Blonie ; une de ce même, corps occupe Varsovie, la troisième est cantonnée autour de cette ville dans un rayon de trois lieues. Toute ma cavalerie est en arrière. Les brigades légères sont sur la Vistuie depuis Wroklawlse jusqu'aux frontières de l'Autriche; eelle du maréchal Augereau observe ce fleuve depuis Thom jusqu'à Graudenz. Alors dans vingt heures je puis réunir toute l'armée sur la Bzura si l'ennemi cherchait à. déboucher sur Wizygrod ; je puis réumr dans le même espace de temps, si le point de Plotsk était menacé, les corps des maréchaux Lannes et Augereau, et la division du mar^

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ctud Davout qui est à Btonie avec les divisions Becker et Nansouty. Je puis avec la même célérité réunir sur Varsovie les corps des maréchaux Lianues et Davout et toute ma cavalerie en cas de la marche de l'ennemi sur ce point. Si . l'ennemi se porte sur Plotsk, les deux divisons du corps du maréchal Davout sont plus que suffisantes pour contenir ce qui voudrait déboucher sur ce point, et vice versa le corps du maréchal Augereau contiendrait ce qui voudrait déboucher sur Plotsk, si l'armée réunie marchait sur Varsovie, La facilité de réunir tous les différents corps sur la Bzuro, et d'y choisir un bon champ de bataille, me fait espérer que Votre Majesté approuvera peut-être la position que je leur ai donnée.

Pour centraliser l'administration du pays et lui donner plus d'activité, et surtout pour assurer nos approviàonnements, j'ai dû adjoindre aux administrations pnis^ennes des admioislrations polonaises toutes composées des personnes les plus riches de ce pays.

Le comte Plock, cousin germfùn du prince Czartoriski, et l'un des plus grands propriétaires de la Pologne russe, m'a assuré encore ce soir que l'Empereur de Rusâe ne ferait point la paix avec la France, tant il est peu maître et tant il dépend de ces mêmes jemies gens qui lui ont déjà fait f^re tant de sottises ; quoiqu'il soit constant, m'a-t-il ajouté, que l'EImpereur lui-même la dé^re ùnsi que tous les Russes sensés.

La neige tombe à gros flocons ; la Vistule commence à charrier ; elle peut être gelée, si le temps continue, dans trois ou quatre jours ; alors plus de barrière, alors plus de Vistule entre les deux armées ; ce qui me donnerait l'avantage de reconnaître avec plus de facilité la position de

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l'enDemi et le forceitùt à changer celle qu'il occupe actuellement, et enfin à prendre un parti.

Mdràt,

Mdrat a l'Emperedr.

VarMTÏe, 3o uoTerobre 1806,

Sire,

La première division du corps du maréchal Davout a fait son entrée aujourd'hui dans la ville ; les habitants ont montré le même enthousiasme. Sire, cet enthousiasme est universel, c'est une espèce de délire. Toutes les belles Polondses ont encore la t£te plus montée que celtes des Polonais. On attend Votre Majesté comme le Messie ; le palais est déjà préparé , et une députation vient d'être nommée pour aller au-devant de vous. C'est après-demain l'anniversaire du couronnement de Votre Majesté, c'est celui de la bat^Ue d'Austerlitz. Quelques centdnes de coups de canon porteront aux Russes sur la rive opposée le souvenir d'une journée qui leur fut si fatale et qui couvrît votre armée de gloire. Le soir, la ville sera illuminée, et le directeur du théâtre français m'a demandé la permission de donner ce jour-là un spectacle gratis. Il y aura aussi vraisemblablement un bal.

Un événement assez extraordinaire fait dans ce moment le sujet de toutes les conversations dans les sociétés de la ville. Un globe de feu argenté, venant de l'Ouest, est tombé, dit-on, ce soir dans le jardin du palus de Sase, y a éclaté, en répandant une grande quantité d'étoiles, et

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laissant après lui ane Itmgue traînée de fea. Toas les Po- ' lonais en conçoivent les plus grandes espérances, et en augurent qne le sort de la Pol(^e est tixé.

MuRAT.

Net a Berthier.

Gnesen, le i" décembre 1806,

J'ai rfaonnear d'adresser & Votre Altesse Sérénisàme le nouvel ordre de marche que j'ù arrêté ce soir pour le 6' corps, et de lui faire part de l'emplacement que chaque division a ordre d'occuper sur la rive gauche de la Vistule.

La brigade de cavalerie légère, commandée par le général Colbert, s'établira depuis Fordon jusqu'à Schwitz. Ce général fera f^re exactement un service de patrouille sur la rive gauche de la Mstule pour observer les mouvements de l'ennemi sur la rive opposée; il prendra tous les renseignements possibles sur sa force dans les places de Thom, Graudenz, Danlzig et Kœnigsberg, ûnâ que sur le lieu où le roi de Prusse s'est retiré.

La division Marchand cantonnera le long de la Vistule depuis Nuchawaz, Plonsk, Slutschaw, Tibow, Podgarza» jusqu'à Schulitz inclusivement.

J'ai fait mettre à la disposition du général Marchand cent hommes de cavalerie légère : ce détachement com- ' muniquera par des patrouilles avec la gauche du maréchal Augereau à Kowal.

J'ai donné ordre aux généraux GoLbert, Marchand et

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Marcognet de faire réunir & Fordon et à Plonsk tous les bateaux qu'ils pourront trouver siir la Viatute.

Un ofEcier du génie a ordre d'aller reconnaître le lieu le plus propre à jeter un pont sur ce fleuve ; jusqu'à présent les renseignements que je me suis procuré à cet égard m'ont indiqué le point au-dessus du confluent de ta Drewenz comme le meilleur, une tfite de pont pouvant s'y construire lùsément, et cette position me donnant la fadlité de tourner Thom sans rien risquer.

J'ai fait diriger l'équipage de pont sur Bromberg^ afin d'dter à Tennemi les moyens de connaître le point que j'avais fixé pour mon passage.

Je suis assuré que Tbom n'est pas fort et que la garnison ne passe pas quatre cents hommes. Si je suis le maître de faire ce que les circonstances m' offriront de favorable, je tâcherai de ffûre enlever cette ville d'un coup de miûo.

Graudenz est considéré daus le pays comme une bonne place de guerre ; elle renferme ane garnison de deux h. trois mille hommes. En général les forces de l'ennemi depuis cette ville jusqu'à Tbom sont évaluées à cinq mille

Une canonnade qui a été entendue hier et ce matin du cAté de Graudenz m'a fait changer mes dispositions d'hier, et m'a lait prendre celles dont j'ai l'honneur de faire part à Votre Altesse. J'ù pensé que l'ennemi avait pu tenter de se fùre un passage sur la Vistule.

Davodt a Berthibb.

VanoTie, i" décembre 1806.

Les levées d'hommes se Tont très-facilement, mais il manque àe personnes qui puissent diriger leur oi^anisatioQ, leur équipement et leur instruction ; il manque ansà de fusils.

L'esprit est excellent & Varsovie , mais les grands se servent de leur influence pour calmer l'ardeur qui est générale dans les classes moyennes. L'incerUtude de l'avenir les effraye, et ils lussent assez entendre qu'ils ne se déclareront ouvertement que lorsqu'en déclarant leur indépendance, on aura contracté l'engagement tacite de la garantir.

Davodt.

Net a BER13IER.

Bromberg, le 4 décembre 1806.

Je suis arrivé hier au soir avec la brigade de cavalerie du général Colbert et une compagnie d'artillerie légère ; cette troupe se dirige aujourd'hui sur Fordon ; elle portera sa droite à la rive gauche de la Braha et étendra sa gauche jusqu'au-dessous de Schwetz. Un service de reconnaissance sera oi^anisé pour savoir ce qui se passe jusqu'au-dessous de Dantzig.

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Je suis mattré de l'ile de Thom , et j'espère bien l'être également de la ville même sous quelqaes jours.

Rappobt sur la prise de possession de Thorh.

Tboni, le 7 décembre i8ofi.

Dès le 3 courant, jour de mon arrivée à Bromberg, le général de brigade Durosnel me donna les renseignements nécessaires sur l'emplacement des troupes sous ses ordres et sur la force de l'ennemi.

Le 4, j'allais reconnaître le développement de la Vistule depuis le confluent de la Braba jusqu'au-dessous de Sompolno par Fordon. La brigade de cavalerie légère du général Colbert, une compagnie d'artillerie légère et le 27* de ligne , venaient d'arriver sur ce front et s'étendaient jusqu'à Schwetz pour observer tout ce que l'ennemi pourrait jeter sur la rive gauche de la Vistule par Graudenz.

Le lieutenant général Lestocq, au service de la Prusse, écrivit de Thom le l" décembre; il demandait plusieurs passe-ports pour des administrateurs qui désiraient passer sur la rive gauche de la Vistule et reprendre leurs fonctions, où ils éuûent précédemment employés. Cette lettre fut remise le 4 à Fordon, et je chargeai le général Colbert d'y répondre que les passe-ports étaient prêts et qu'on attendait les employés qu'ils concernaient. Cependant ta Vistule charriiùt beaucoup de glaçons, et le passage devenait dangereux : les personnes ne se présentèrent point.

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L'officier pnissien qai av^t apporté cette lettre apprit par un jeune officier trop causeur que le corps d'armée souB mes ordres vemût d'Arriver de Hagdebourg à Qrambei^. Cette aouvelle lui fit h&ter son retour à Thorn. Le 4 au soir, un espion m'apprit que l'ennemi faisait des àispoâUons pour renforcer sa ligne de défense sur la Vistnle.

Le 8, j'iovitù le général Durosnel & faire quelques toitatives vers Thorn, pour connattre la force de l'ennemi et la résistance qu'il pourrait fùre. Le colonel Savarf , commandant le 4* de ligne qui gardait ce poste, étùt prérenn de l'arrivée du général Marchand : on s'empara sans aacone perte de l'Ile ^s-Ji-vis de Thorn.

Ifi soir, des rapports m'annoncèrent que l'ennemi songeùt & se retirer, et effecUvement il commença à se replier pendant la nuit sur Graudenz et sur Kœnigsbei^.

Le 6, la tête de mes troupes arriva à Podgorze, vis-à-vis de Thorn, Le colonel Savary, à l'aide de qudques bateliers polonais, avait déjà pris sar la rive droite au-dessus de Thorn quelques bateaux dont l'ennemi, plusieurs jours avant, s'était emparé, en profitant de la fûhlesse du seul détachement de chasseurs du 20* qui était alors à Podgorze.

L'ennemi n'ayant laissé sur toute la rive droite que des postes d'observations, le colonel Savary, avec quatre cents hommes de son régiment et les voltigeurs et grenadiers du 69* et du 6* léger, passa sur la rive droite de la Vistule. L'ennemi lit une forte résistance, et on ne sentit peut-être pas parvenu à débarquer sans le secours des bateliers polonûs qui, malgré les coups de fu^ls , sont venus audevant de nos troupes pour les dégager des glaçons; quelques bateliers prussiens, ayant voulu s'y opposer, ont

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été jetés dans la Vistule par les PolODais. Il y a ea dans cette alTaire ane TiDgtÙDe de Pnisâens taés ou blessés et autant de pris ; de notre cdté nous avons eu cinq blessés. L'ennemi a fait sa retndte ainsi qu'il suit ; la principale colonne qu'on évalue à quatre mille bommes, aux ordres du générât Lestocq, se dirige sur Koenigsberg ; l'autre sur Qraadenz ; la garnison de cette dernière place est de quatre bataillons forts environ de trois mille bommes. Tons les rapports confirment que l'ennemi ne veut point tenir ta campagne et qu'il se borne , en attendant l'arrivée des Russes, à défendre les places de Colberg, de Gnuidenz, de Dantzig et de Kœnigsberg. On ne s^t rien de certtùn sur ces derniers... Le roi de Prusse s'est retiré & Kœnigsberg. .

Le Maréchal Net.

MnBAT A l'Ehpehbdb.

VaVsovie, le 5 décembre, i miDuit,

Ce que Votre Majesté me dit des Polonais est trè3*vrai ; mus, Sire, ce que je vous ai annoncé sur leur compte ne l'est pas moins : il n'existe malbeureusement ici que trop d'égolates. Je m'estime bien beureux d'avoir prévenu vos intentions, et de leur avoir parlé dans le sens que Votre Majesté vient de me prescrire. On m'assure que, s'il est vrai que l'Empereur de Russie se soit déclaré roi de Pologne, il en résultera nécessairement une grande convul" sion, et qu'on verra deux partis en Pologne s'entre-détruire, parce que, quoique la France Ait naturellement plus

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de partisans que la Rouie, il est incontestable que cette dernière en imposerût davantage par sa proximité, et qne la France en perdra beaucoup par l'idée que l'on a géoéralement qu'il va s'établir un intervalle immense dqiuis le. Rhin josqu'i la Warta,- tandis que la Russie reste toujours en point de contact Cette nouvelle vr^e ou fausse fait déjà sentir quelque refroidissement que la présence de Votre Majesté fera bientôt disparaître. J'ai trouvé aujourd'hui le prince Poniatowski beaucoup plus décidé.

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