CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME
Net AU pRiNCB de Neufchatbl et Valangin, Ministrx
01 u GCEHHE.
Burienstein, le i6 janvier 1807.
Monstigneur,
L'enoemi parait généralement observer la défenaive sur le développement de mes postes. Les escarmouches que lious n'avons pas cessé d'avoir avec les Prussiens depuis environ quinze jours, et dont le résultat de part et d'autre était de peu de conséquence , en fatiguant néanmoins beaucoup l'ennemi, ont donné lieu à des pourparlers. Les Prussiens désirent le repos, et de mon côté je le déûrerais tout autant, pour permettre à la troupe de se ravitulter et de trav^ller aux réparadons de la chaussure, de l'armement et de l'équipement. En conséquence, les généraux prussiens de Ruchel et de Lestocq ont donné rendez-vous au général Colbert, demain à midi, à Preossich-Eylau, pour arrètei' on armistice de quatre jours, avant de reprendre les hostilités , soit verbalement sur parole d'honneur, soit par écrit, sauf l'approbation de nos souverains
respectirs. J'ai chai^ le général Gotbert de demander, comme points de démarcation qui seraient coDsidérés nen- 11*68 par nos patromlles, les endroits ci-^trëa : Séebtu^, Rastenborg, Bartben, Gerdauen, Friedland, Doninau, Preussicb-Eylau, L&ndsberg, Heblsach, et de ce pdnt tirant une ligne droite sur Heiligenthal, de manière qu'il nous resterait une grande partie de l'Aile et toute la Paasarge. Je ne sais si tes Prussiens consentiront à cette démarcation, mais je ne m'en départirù point.
Ney.
Barlenstein, i(! janvier iSo^,
Par la lettre que m'écrit Son Altesse le Prince Minisire de la Guerre, en date du 3 de ce mois, il me chai^, mon cher marécbal, de couvrir le flanc gauche de votre armée et la droite du prince de Ponte-Gorvo. Celui-ci est m marche pour bloquer Graudens et seconder l'opération du maréchal Mortier qui, je présume, doit encore pendant cet hiver s'emparer des places de Golberg et de Dantàg. Je suis en outre chargé de couvrir Thorn, mais je suis bien éloigné de Prasznic pour que nous puissions être parfaitement liés, A moins que vous ne portiez votre cavalerie légère à WiUeoberg, car la division de dragons, aux ordres du général Groucby, occupera Ortelsbourg, Men^uth et BiscbofTsbui^. Mon infanterie est répartie depuis BiscbofTslein jusqu'à Bartenstein et remontant l'Aile jusqu'à Gult-
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ET PIÈCES JOSTIFlGATiVES. 381
stadt Bt environs. Je vous prie de me faire connaître les dispotiitions que vous prendrez pour qae nos commuoicatioBS restent intactes.
Net.
Nsy AU PaiHOt de Neuchatel, Ministre de la Goerre.
Monseigneur,
J'ai reçu hier à Bartenstein, par duplicata, les dispositions arrêtées le 7 pour l'établissement définitif des quartiers de tous les corps de la grande armée. J'ù donné les ordres nécessaires pour que mes troupes se rendent successivement dans les environs de Ghorzel, Soldau et Hlawa.
Le général Golbwt entre Neideoburg et Willenberg.
I^a division du général Marchand depuis Ghorzel jusqu'à Mlawa.
La division du général Gardanne à Neidenburg, Soldau, Kinzbrock et Mlawa.
Les dragons, aux ordres du général Groucby, ii Lautenburg, Szrenick et Radzanow.
Les troupes de Hesse-Darmstadt sont parties le 16 pour aller faire le blocus de Graudenz,
Le pays que vont occuper les troupes qui restent sous mes ordres est totalement épuisé, et Votre Altesse sait qu'il n'existe aucun magasin d'où nous puissions tirer des ressources. Il est imposable de compter sur des distributions provenant de Thorn, à cause de l'étoignement de
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an NOTES
cette Tille eL aartoal de l'extrême difficulté des oon calioDs. Je suis partoot eDtooré de troupes, et déjà celles da maréchal Soalt sont venues à Ghcnrel et Hlawa eBlever le peo de paille qui s'y troavùt.
Je m^s d'autant plus d'importance i vous peiodre les choses telles qu'elles sont, que Je dois croire qu'on ne vous en a pas &it connaître le véritable état. Votre Altesse peut être certaine que f ai devant les yenx la cmelle perspective de voir périr de misère et de maladie un grand nombre de braves gens dont le sort est digne de pitié.
Le pays que va occuper le prince de Voott-Qano aurait fourni des quartio^ d'hiv»" abondants pour deux corps d'armée, tandis qne celui où je vais est un mù dntetière, à moins d'événements que rien ne peut me &ire prévoir.
Je vous supplie, Monseigneur, de faire quelques changements aux cantonnements qui me sont assignés : il est inutile de vous dire que ni moi, ni les généranx sous mes ordres, ne sommes e&ayés des privations et que nous saurons donner l'exemple au soldat en vivant comme loi ; mais je trabinûs tons mes devoiis û je ne dierchaîs & améliorer la posdtîon des braves r^ments sons mes ordres, qni vont être Nitassés dans un pays désert qui pourrùt i peine nourrir le Uers de mes troupes.
J'tu dû, Monseigneur, dire la vérité à Votre Altesse et céder aux représentations multipliées des généraux et des chefs de corps, qui sont vivement affectés de la misère qui attend leurs troupes.
Nby.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
SOVLT AU HiHISTRE DE LA GUEHRE.
PrauDic, i8 janvier.
J'observerai que le maréch&l Ney, en se portant sur Koenigsbei^, a Itûssé à découvert 25 lianes de pays, et que s'il retire de 'NN^ittenberg ta division da général Grouchy, iùnsi qu'il l'annonce, il n'y aura personne pour garder ce débouché, et qu'il sera fort aisé à l'ennemi d'interceptw les communications entre les deux corps d'armée ; ainsi, d'après ces considérations, je prierîd aussi Votre Altesse de me donner les ordres de S. M.