SOULT
Bbrthieb 1 Ney.
Varsovie, 19 janvier 1807.
L'Empereur, Monàenr le maréchal, est extrêmement étonné de voir, par une dépêche qu'il reçoit de M. le maréchal Soultetparlavdtre même, que non-seulemeut TOUS ne vous êtes pdnt conformé aux ordres de S. M. relativement à vos quartiers d'hiver, mais qu'encore vous consàlles au maréchal Soult d'en faire autant. Je vous réitère l'fH^e, Monsieur le maréchal , de rentrer dans les portions qui vous ont été indiquées pour les quartiers d'hiver. L'Empereur* Monsieur le maréchal^ est immuable dans ses plans, et, sans des coaùdérations politiques, il aurùt fut mention à l'ordre du jour ds la non-exécution de ses ordres
D.qit.zeaOvGoOt^lc
par votre corps d'armée. Vous n'êtes point détaché comme i Magdebourg, vous êtes en ligne et vous n'êtes point autorisé i conclure un armistice. S'il vous arrive des parlement^res, vous les adresserex au quartier général. A l'avenir, HoQsieur le maréchal, l'Ejnpereur ordonne que votre corps d'armée marche en masse et jamais décousu, ' ainsi que vous l'avez fait dans ce dernier mouvement. Si vous avez conclu un armistice, vous n'en ferez pas moins marcher votre infanterie pour prendre ses cantonnements d'hiver dans les positions qui lui ont été ordonnées, mais vous en prolîterei pour lusser votre cavalerie et couvrir la faute que vous avez faite.
Berthikr.
AllentleÏD, 31 jRa*ier, six heures du soir,
Nev a Berthied.
J'ai l'honneur de vous informer que le mouvemeot rétn^rade de mon corps d'armée a commencé le 20. Les voltigeurs et grenadiere, qui étaient sur le développemeol de l'Aile se sont repliés par échelons depuis Schippenbeil, Bartenstdn et Heilsherg, ainsi que deux escadrons du 10* chasseurs : ces troupes arriveront ce soirà Guttstadt; ce même jour, le 3' bataillon de voltigeurs, qui était k Langhenen, s'est retiré avec le 3* hussards sur BischolTstdn, où le 2S* d'infanterie légère était déjà.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
Le 21, la 23* légère s'est repliée sur Seebourg, et le 27° sur Allenstein ; le S9' se trouvait' déjà dans cette dernière ville.
Les 20 et 21, les 69* et 76' de ligne et trois régiments de dragons du géaéfal Grouchy (le i< régiment est à Ostelsburg et suivra le mouvement sur Neidenburg) ' ont marché de Bischofisburg sur Fassenbeim : cette colonne arrivera aujourd'hui à Neidenburg, où était aussi le 39' de ligne. Le 6' d'inlaaterie légère seta ce soir à Hohenstein.
Les dragons aux ordres du général Groucfay couvrent les communications de Willenberg et se lient. par leur gauche avec le général Colbert, établi depuis ce matin à Wartenburg : c« général a un bataillon de voltigeurs, un bataillon de grenadiers, deus pièces de canon et la 25* légère, commandée par ie général Roguet.
Demain 23, à quatre heures du matin, le surplus des voltigeurs, grenadiers, le 1 0' de chasseurs, une compagnie d'artillerie légère et le 50' régiment de ligne partiront de GuttBtadt pour venir prendre position h Allenstein ; les 27* et S9*, aussilât a,près l'arrivée de cette colonne, se mettront en marche pour Hohenstein,
Ad moyen de ces dispoûtions, j'aurai le 24 toutes mes troupes réunies depiûs Hohenstein jusqu'à Neidenburg; je resterai un jour dans cette dernière ville pour m'assurer des desseins de l'ennemi ; j'ai cependant tout lieu de croire qu'il n'a pas assez de force pour pouvoir me nuire en quelque manière que ce soit ; il n'a montré jusqu'à présent que beaucoup de cavalerie, peu d'infanterie, et il n'a point lait usage d'artillerie.
' Ceci cBl écrit en marge.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
38e NOTES
Dès le 19, reoDetui avait fait une recoDnaissance géoérale, dq>iii8 Langenheim, Leoaenburg sur la Zain et la Barthen jusqu'à Schippenbeil : partout ses tentatives ont été repoussées vigooreasement; à Ijeunenburg, principa- Iranent, il a épnmvé une assez grande perte en tués, blessés et prisoDDieFS : parmi les blessés s'est trouvé le cokmel de Stutterheim. Vers Langhàm et & Scbippeobîel on a eu les mêmes succès.
Le 20, l'ennemi a fait suivre mes colonnes par de lacavaierie, et par quelque peu d'infanterie qni ^ait transportée sur des traîneaux. Le soir et pendant la nuit, cette cavalerie vint insulter presque & la fois toutes les positions occupées par nos troupes; elle n'en approcha cependant qu'avec beaucoup de circonspection, et elle eut quelqoes hommes et chevaux tués ; un escadron du 3* hussards, s'étant abandonné à trop d'impétuosité dans une charge, a été ramené jusque sur l'infanterie et a potlu quelques hommes.
Le 21, la position de Seeburg a été également inquiétée jusqu'à hait heures du soir. Le général Golbert fit alors attaquer les villages d'Elsau et de Lockau , où l'ramemi faisait mine de vouloir passer la nuit et d'où il a été chassé avec grande perte en hommes tués ; il a été même poupsuivi jusqu'à deux lieues, au delà prés de Feihau et de Franckenau; nous lui avons fait prisonniers deux officiers et quinze hussards russes.
Aujourd'hui, le général Golbert, en se retirant sur W&rtenburg et Alt-Wuteoburg, n'a point vu d'ennemis } sa reconnaissance a été fort loin en avant des deux villages dont je viens de parler, sans lien apercevoir.
Les prisuimiers et déserteurs assument que dix régi-
iiyGoot^lc
ments de cavalerie russe, forte de 8 & 900 hoaimes chacun , marcheat sur Guttstadt, AUenstein, Hobenstein et Neidenbui^ ; que l'infaoterie russe qui doit suivre cette col<Hine, et dont on ne connaît pas encore la foi-ce, est à quelques marches derrière la cavalerie ; ils ajoutent que le gtoéral Benningsen est à Rasteoburg, et que les Prussiens, aux ordres du général Lestocq, se dirigent sur Lietetadt et Elbing par la rive gauche de l'Aile.
Je préviens S. A. S. le Prince de Ponll-Gorvo et M. le maréchal Soult de mon mouvement rétrograde et des renseignements que j'fd sur l'ennemi.
P. S. On vient de m'assurer qu'une colonne â'iniaoterie russe et quelques régiments de cavalerie se dirigent de Seeburg sur Willeobei^. Je charge le général Grouchy de s'en assurer.
Nbï.
AllenUeiD, l« ai j*n<rier, 7 heures du soir.
Net a Berthieh.
Je reçtus à l'instant la lettre incluse de mon aide de camp; les renseignements qu'il me donne sont contradictoires au rapport du général Labassée et de ceux qui me sont parvenus d'autres points; cependant j'ai dû vous les transmettre afin de pouvoir ji%er, sur l'ensemble de ceux qui vous seront probablement envoyés des autres directionsde l'armée, si l'ennemi a réellement envie de marcher on d'enU^prendre quelque chose contre nos quartiers.
Le batùllim de grenadiers dont parle mon aide de camp
D.qit.zeaOvGoOt^lc
a culbuté reoDemi à coups de baïonnettes et s'est joint au général Golbertà Seeburg, à Sheores du soir.lejour qu'il y fut attaqué. Quant à l'escadron du 3* hussards, il n'est pas vru qu'il soit pris, puisqu'il a rejoint à Seeburg.
Je fais part à S. A. le Prince de Ponte-Gorvo de ce nouveau report dont j'ù retenu extrait.
Voiù maintenant le rapport dont parte le maréchal :
GuUtudl, 33 iaDvier.
Monseigneur,
Les rapports, foits ce matin au général Labassée par ^•■ vers sous-ofûciers et soldats, n'étant point exacts, j'ai cru devoir rectifier les erreurs qui se sont glissées dans sa lettre, en ayant l'hooDeur de vous adresser ci-joint une note sur la position des troupes qui se trouvent sous ses ordres, en ajoutant que le général Golbert s'est fait appuyer hier par te 5* bataillon de grenadiers qui était à Heilsberg et deui pièces de 4 ; il parait certain que ce bataillon a rencontré l'ennemi dans sa marche d'Hàl^Ki^ sur Seeburg, car la colonne, arrivée aujourd'hui, de ces deux endroits, a entendu hier plusieurs coups de canon, et un paysan, venant de Bischoilslein, a rapporté que cet engagement avait eu lieu près du village de Wangen; on ignore les détails et résultats. Ce même habitant a assuré que 5 mille hommes d'inlanterie ennemie avaient occupé
D.qit.zeaOvGoOt^lc
BischofTstein hier soir, et que les Russes avaient renforcé la gauche des Prussiens de 8 mille hommes.
Le général Colbert, en demandant hier au commandant Lecanu le 3' bataillon de grenadiers, lui mandût : « Je ne crains rien pour moi, mais pour mes voisins qui sont fort inquiétés. » Cette phrase parait se rapportera la colonne du colonel Lebrun, ce qui confirmerait la possibilité de la prise de l'escadron du 3* de hussards.
La colonne de quatre bataillons , 4 pièces d'artillerie et 20 hommes de cavalerie, arrivée aujourd'hui à deux heures de l'aprës-midj , n'a point été inquiétée dans sa marche. Seulement l'ennemi a fait paraître quelques pelotons de cavalerie en échelons sur les hauteurs d'Heilsberg après que nous l'eûmes évacué; on croît avoir vu quelque peu d'infanterie et quelques Cosaques. Les troupes partiront demain en masse suivant vos ordres, et le général Labassée se fera éclmrer sur son flanc gauche paf quelques compagnies de voltigeurs.
Je partirai avec l'arrière-garde et la suivrai quelque temps pour tâcher de vous apporter des nouvelleà de l'ennemi ; ensuite je ferai diligence pour être le soir à Neidenburg, ou au moins dans la nuit.
Le iO* de chasseurs est avec le général Colbert et non
Signé : Reosabd.
Le général Labassée reçoit vfttre lettre et donne l'ordre de départ ; on pourra être en marche vers huit heures du soir; il eD est cinq et demie.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
Holtind, il janvier.
Berhadotte a Net.
Je viens de recevoir, mon dier maréchal, la lettre qoe vous m'avei écrite hier d'Atlensteîn. J'avais toujours eu la crainte que l'ennemi ne vous suivit lorsque vous fmei votre mouvement de retraite. J'étais occupé de faire la répartition de mes cantonnemenls et je voulais m'établir pour les quartiers définitils ; votre dépêche m'a dét^nùné & attendre; je me tiens assez réuni et, au besoin, je pourrai promptement avoir sons la main tout mon corps d'armée. Je viens d'ordonner quelques dispo^tîoQS préparatoires. Je tiens MohrungeD et Liebstadt par de l'infanterie et un ré^ment de hussards; ces troupes ont l'ordre d'observer Gutlstadt, j'ai deux régiments & Osterode, et la diviàon Drouet se trouve très h portée de soutenir facilement c«s régiments s'il en était besoin. Les dragcms du général Sahuc, qui occupaient Boheostein , ont reçu l'ordre de l'évacuer et de se serrer sur Osterode; ils se lieront par leur droite avec vos troupes qui seront à Hohensteio.
Pour prendre un parti défiditif, mon cher maréchal, j'attendrai de nouveaux détails sur la nature des mouvements de l'ennemi; je vous prie d'avoir l'obligeance de me fwre part de tous ceux qui vous parviendront; il est essentiel que notre communication soit toujours tnen établie ; vos troupes gardant fortement Bohenst^n , noire ligne est bien pleine et nous nous trouvons bien en mesure de combiner nos manœuvres, si le cas. l'exigeait ; ainsi, dans le cas où l'ennemi continuermt ses mouvements of-
D.qit.zeaOvGoOt^lc
fenà^, préveneK-m'en de suite, afin que je me porte en entier sur Osterode, et que nous l'attaquions de concert, ou que nous exécutions d'accord un mouvement rétrf^ade, en attendant les ordres de l'Empereur.
Au reste, je ne pense pas que l'ennemi ût le projet de nous attaquer en force; cependant, déjà depuis quelques jours on répand le bruit qu'une armée de 80 mille Russes marche sur nous; on dit que le général Benningsen doit avoir son quartier à Rastenbui^. Sans ajouter grande confiance à ces nouvelles, il ne faut pas rester dans une trop grande sécurité. Vous aurez sans doute prévenu le maréchal Soult du mouvement de l'ennemi ; il serait peutêtre nécesa^re que l'Empereur en fût aussi instruit.
Je vous renouvelle, mon cher, maréchal , l'assurance de mon sincère attachement
i. Bebnadotte.
(Cette lettre est en réponse k celle de Ney qui lui a f^t part du mouvement offensif de l'ennemi et de ses nouvelles dispositions.)
Net au HrinsmE de la Guerre.
Hoh«n$teîn, >3 jinvier.
J'ai l'honneur de rendre compte k Votre Altesse que le mouvement rétrograde des troupes du 6' corps s'est continué aujourd'hui, sans que l'ennemi ait cherché à inquiéter sa marche.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
Le géDérftI Golbert m'a ftùl te rapport, qu'hier, à deux heures du inatin, renoemi est vmu faire une recoonaissaoce sur Wartenburg; mats il s'est retiré aux premiers coupa de fusil ; ce matin il m'a écrit que la cavalerie russe avait fait préparer des vftres à BiscbofTsburg, et que Seeburg étiùt occupé par plusieurs régiments de cavalerie.
Le général Groucby me prévient d'Ianowo, en date d'bier, que depuis son départ de Bischonsbnrg avec la brigade du général Marcogoet, l' ennemi ne l'a plus suivi, et que les Russes et les Prussiens appuient à drcute et semblent se diriger sur Guttstadt ; il ajoute que le r^uMot de dragons, qui était à Ortclsburg et qu'il a rtqpproclié de lui, n'a aucun renseignement sur l'ennemi : ce qui paraltrùt démentir la nouvelle qu'on m'avait donnée de la marche d'une colonne se dirigeant de Seebui^ sur Willenberg.
Les troupes de mon corps d'armée occuperont, le 2S du mois courant, les positions suivantes : Neidenburg, Gilgenbni^, Soldau, Lautenburg, Kenzbrock., Mlawa, Ciechanowet ChorMl.
La division de dragons du général Groucby, ayant des avant-postes à Mulheo, roule d'fiohénsteln à Gilgenburg. occupera avec deux ré^ments les cantonnements depuis Neidenburg jusqu'à moitié chemin de Gilgenburg. Les deux autres régiments seront placés depuis Neidenburg jusqu'à Soldau.
La cavalerie légère du général Golbert sera à lanono, fournissant un escadron k Ghoriel, et un autre en avant de Neidenburg, pour couvrir les communications de Willenberg, lanowo et Hobenstein.
Je suis en mesure de pouvoir rassembler mon corps
D.qit.zeaOvGoOt^lc
ET PIÈCES JUSTtPICATIVES. 393
d'armée en moins de deux jours, soit sur Nâdenbarg, soit sur Gilgenbui^, Soldau ou Mlawa.
Je me rendrai demain h Neidenburg, où je resterai jusqu'à ce que je connusse les draseîns de l'ennemi.
J'ai trouvé la division de dragons du général Sahuc occupant Hohenstein, point essentiel à cause de sa communication avec Osterode. Je fus part au prince de Ponte- Gorvo de la position de mes troupes au 35 courant et de ta direction que l'ennemi semble avoir prise sur Guttstadt. J'en donne également avis au maréchal Souk.
Ney.
PifeCE AIINKXÉE A LA -'PRÉCÉDENTE.
Nouvelles dispositions pour l'emplacement du 6* corps d'armée.
HobeDsIeiD, le a3 janvier I807, à ODze heureidu soir.
L'ennemi paraissant diriger ses forces sur le corps d'armée du prince de Ponte-Corvo, it est essentiel de couvrir sa drmte et de lui lùsser le temps de reprendre l'offen^ve.
En conséquence , les dispositions suivantes seront exécutées les 24 et 25 du courant.
Le 3* régiment de hussards et le 10' de \ chasseurs, 1 Le général
La compagnie d'artillerie légère du ca> I Golbert. pilaine Martin, | Le général
Les 50° et 59" de ligne resteront à 1 Labassée. Uobensleîn. /
D.qit.zeaOvGoOt^lc
Les 3S* d'inbntene l^ère et 27* de ligne iront demiin s'établir k Holben et villages en arrière de Malben, depuis Pfayniaii jnsqn'à CeUdorf.
Les génénaz GardauDe et Rt^et s'établirODt à Miilhen.
Le 69* restera à Neidenborg.
Le 76* étendra ses cantoonements jusqu'à. Schlottaa, roate de Gilgenbui^.
Le général Marcognet à Nàdenborg.
Les dr^oDS de la âÎTiàon Groachy, savoir :
Deox r^ments sor la roate de Gilgenbtirg entre Schlottau, GardieDoi et Hinna. Les deox antres régiments à Neidenbo^ et villages sur la route de Hobens- 1^, commnniquaDt avec les troupes qui se troaveDt & Hobenstein, et coavrant néanmoins les communications de Willenberg.
Le 39* & Soldau.
Le 6* d'infanterie légère à Gllgenbui^.
Le général Marchand aussi k Gilgenburg.
Ney.
NÈ7 A BeRTHUB.
Hohraslein, i3 janvier 1807, k 8 heure* da soir.
Le général Groacby me prévient à l'instant par sa lettre de ce jour, datée de lanowo, que l'ennemi avance de toutes parts sur mon flanc droit; qu'il est entré à Ortelsburg, à Mensgulh et à Passenbeim, aussitôt après que ces dirférents points ont été évacués par nous, et qu'en géné-
D.qit.zeaOvGoOt^lc
rai il montre assez d'infanterie. Je chat^ ce général de donner k M. le maréchal SouU tous les renseignements qui peuvent lui parvenir. Je pense, Monseigneur, qne l'ennemi n'avance sur nous que poar nous obliger à rester dans' les cantonnements que nous devons occuper ; cependant on assure qu'il a dégarni une grande partie de la gauche depuis Ostrolenka, Johannisburg et Nicolalken, pour se diriger sur la Passai^e, en débouchant par Ra^ tenburg.
P. S. Le généralMaison, chef del'étatmajordu prince de Ponte-Corvo, en m'adressant l'emplacement des troupes du 1" corps d'armée, me mande qu'un officier, de retour de Liebstadt, y a entendu la fusillade, qu'il rapproche demùn ses dragons du général Sahuc sur Osterode pour couvrir ce point où il n'y a pas un homme de cavalerie, qu'il pense que d'après les mouvements de l'ennenù sur Guttstadt et ceui sur Allenstein, le prince donnera probablement ordre de concentrer son année vers Osterode. En conséquence, je change momentanément les dispositions que j'ai arrêtées pour le 25. J'occuperëi Hohenstein par deux régiments d'infanterie, j'en placeru deux autres en réserve à la hauteur de Mulhen, près du lac de ce nom. Le reste occupera Neidenburg et Soldau. Je donne avis de ces dispoMtions au prince de Ponte- Corvo,
Signé : le uibéchil Net.
Le général Colbert m'écrit d'AIIenstein , du 20 , quatre heures de l'après-midi, que les dragons gardes du corps du roi de Prusse sont i Guttstadt, qu'il y a un régiment de lanciers à Wartenburg et des Russes & Seeburg.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
3fl6 NOTES
Son naouvemeot rétrograde n'a pas été inquiété, mais \en onze heures du matin l'escarmoucbe a commencé. L'ennemi, venant de Wartenburg, aformés&Ugne de vedettes sur les hauteurs d'Allenstein , rive drùte de l'Aile, en étendant sa droite vers Guttstadt. On n'a rien aperçu - sur la route de cette dernière ville à Allenateia.
Net.
Net a Bertbieb.
Hohenstein, %^ janvier.
J'û l'hooneur de rendre compte à Votre Altesse que l'ennemi s'est borné aujourd'hui à faire de simples reconnaissances, et qu'il semble n'avoir jeté nn peu d'infanterie et de cavalerie légère sur la direction d'Ortelsburg et de Passenheim, que pour masquer son mouvement sur Dantzig, qui paraît prononcé.
Des rapports de négociants dignes de foi s'accordent avec les déserteurs et prisonniers à dire qu'un rassemblement considérable de troupes russes se fait dans ce moment entre Mulhausen et Preussicb-Eylan ; que l'armée combinée ans ordres du général Benningsen est forte de 80 mille honmies, que le^énéral anglais Hutscbinsona eu une conférence avec le général russe, et qu'il doit se joindre à lui avec 10 mille hommes qui débarqueront à Dantzig, ainsi qu'un nombre ^1 de Suédois. Voici ce que j'ai appris par les prisonniers : « Le maréchal Kaminski, disent^ls, aété dis^^é, et le général Benningsen commande en chef. On pense généralement que l'armée française sera
D.qit.zeaOvGoOt^lc
forcée d'évacuer la rive droite de la Vistute avant dix jours. Le général Gourbières, commandant h Graudeoz, a été prévenu par le général russe de ne pas avoir d'inquiétude sur son sort, parce qu'il serait débloqué bientôt par lui, et qu'en, même temps il se rendrait maître de Tbom : tons les préparatifs sont laits pour qu'immédiatement après cette première opération il puisse passer la Vistule, et forcer ainù les Français à quitter Varsovie. On ajoute encore qu'au premier succès que les Russes auront, et que, vu leur supéiiorité, ils regardent comme certain, Tarmée autrichienne fera une diversion en Moravie et pénétrera en Silésie.
D'autres renseignements particuliers disent que les Russes ont un premier camp retranché vers Ostrolenka, et un second plus en arrière pour couvrir Grodno, et que le corps d'armée chargé de la défense de ces camps est sous les ordres du général Buxhowden : ce général ne doit agir offensivement qu'après le résultat des entreprises du général Benningsen.
Les ofRders russes et prussiens qui sont venus parlementer aux avant-postes le 22, en avant d'AUenst^n, ont dit qu'ils étaient en mesure de nous chasser au-delà de la Vistule.
Je prie Votre Altesse de me bin connaître s je dois continuer à rester dans la position que j'occupe pour me lier avec le prince de Ponte-Corvo, et couvrir sa droite et ses derrières, ou si je dois aller prwidre celle que j'ai déterminée vers Mlawa, Neidenburg et Soldau, et l'emplir les dispositions de 3. M. relativement aux quartiers d'hiver à prendre. Le même jour, Ney prie Berthier de donner une autre destination au général Gardanne, vu son
D.qit.zeaOvGoOt^lc
398 rfOTBS
peu de capuité et de zèle : « Le général Gardaiine est ici absofauDent nul, et loia d'inspirer auctme eoa6aoce aux braves trempes qa'U cwnnuDde. • En attendant que f Ëmpereor ait ooouué on antre général de divisiui, Ney ]»ie Berthier d'autoriser le général de brigade iti^et à prendre le commandement de la 3' (tivisitm.
Nm.
Le 25, de Hohnuigen, Bemadotte écrit à Ney poor lui faire savoir que l'année russe marche sur leur flanc gauche, et qu'il vient de culbuter son avant-garde, d'emporter toutes ses positions et de ta poursuivre i plus d'une lieue. Le combat a été extrêmement sanglant, et il a eu besoin pour vtùncre de tontes ses ressources.
Je défflre, ajoute^il, que vons appuyiez les troupes d'Osterode qui s'avanceront un peu pour couvrir la communication de Hohrungen k Oslerode, et pour contenir l'ennemi, ^ je me retire sur LiebemQhl.
Extraits d'une lettre de Ney à BertAter, de Uoheiatein, 9 heures dusoir, 38 janvier.
Le mouvement que l'ennemi fait par Hohrun^
gen me paraît d'autant plus hardi qu'il ne pourrait être combiné qu'avec des forces majeures, car il s'écftrte beaucoup de Preuss-Hcrilaod, que je con^dérûs comme son point de jonction ; peut-être aussi n'est-ce qu'un fort délacbemeot de cavalerie qui flanque la prinoipale co^
D.qit.zeaOvGoOt^lc
ET PIÈCES JDSTIPICATITES. 39»
loDne et qui s'est jetée sur Mohnmgen au moment où le prince de Ponte-Corvo a pu être pitfvenu à y rassembler ties forces. Mes avaot-postes de Grieslienen, route d' Alleustein, ont été légèrement attaqués ce soir ; le poste s'est replié sans perte. Demain je m'attends à quelque chose de plus sérieux. Je suis en mesure de bien recevoir l'ennemi, et la troupe est disposée à le fùre repentir de ses tentatives.
Cette même grande garde du iO* chasseurs a entendu une canonnade, vers cinq heures du soir, sur la direction de Mobmngen... Demain matin, une reconnaissance sera dirigée entre Osterode et Allenstein pour savoir si l'ennemi ne menace point d'attaquer le point d'Osterwein pour prendre à revers Osterode... Je suis réellement dans les plus grandes alarmes sur le sort des troupes du prince de Ponte-Gorvo, je cnÛDS qu'il n'^t pas eu le temps de rassembler ses forces Quant au mien {à mon corps if ar>
mée), il n'est exposé à. aucun désastre, et j'aurus peutêtre pu faire quelque mouvement en faveur du I" corps d'armée, si je n'avais pas craint de laisser & découvert les communications avec le maréchal Sonlt, et aussi de contrarier l'ensemble des opérations de S. M.
Je considère l'entreprise de l'ennemi au fond peu dé* d^ve, puisque ses principales forces condslent en cavalerie, et qu'on assure qu'il n'y a au plus, pour te moment, que 10 mille hommes d'infanterie t je ne sais pas par quel autre nombre ils peuvent être soutenus. S. M. est sans doute mieux informée que moi à cet égard ; j'attends ses ordres.
Nkv.
Net a BmHADOiTE.
Hofaeostein, 16 jinvitr, 7 heures du soir.
Je reçois à t'instaot votre lettre en date du 23 ; je préviens le général d'Hautpoul d'étendre sa gauche et d'être prêt à marcher à votre secours sur Dentscti-Eylau ou Loebau, selon que les mouveoieuts de l'ennemi se prononceront d'ici à quelques jours ; je l'engage à coDununlquer avec Osterode, afin de correspondre directement avec V. A.
J'ai donné les ordres au 27* régiment de ligne de partir aujourd'hui de Mulhen avec le général Roguet qui marche à sa tète, pour aller prendre poste à Osterode, avec ordre de reloumei- à sa première position, aussitôt que votre mouvement rétrograde sur ce point commencera à s'effectuer.
J'ù prévenu, jusqu'alors le maréchal SouU de tout ce qui s'est passé depuis la i-eprise des hostilités de la part des Russes; je vais lui ffdre part du dernier paragraphe de votre lettre, par lequel vous l'engagez à se mettre en mesure.
J'écris au général Dulanloy , commandant à Thorn, pour lui fûre part de ce qui se passe, afin d'être en mesure d'évacuer tout ce qui est dans Thoro, soit sur la rive gauche de la Vistule, si cela est possible, ou de diriger sur Stock les bagages et objets inutiles h la suite de l'armée.
J'engage également le général Dulanloy à prévenir le général Dombrowski de prendre position à Bromberg, ^ moins d'ordres contraires de S. M., jusqu'à ce que nous
D.qit.zeaOvGoOt^lc
exécutions l'ensemble des mouvements que sûrement elle va ordonner.
Neï.
Berthier a Nev.
V«raoiie, a? janvier.
J'ai commoniqué vos lettres à l'Empereur , monsieur le maréchal. L'intention de S. H. est que vous secondiez le maréchal Bemadotte dans toutes ses opérations, que vous teniez le plus possible votre corps d'armée réuni. L'Empereur vient d'ordonner la levée de tous les cantonnements, afin qu'on se tienne prêt k marcher au premier ordre. Le maréchal Augereau se portera vraisemblablement sur Mlawa ; le maréchal Soult sur Willenberg ; enfin, monsieur le maréctial, dans tous les cas imprévus, vous devez porter vos vues sur Thorn.
Berthiek.
Berthiek a Ney.
j heures de l'aprèa-diaée.
L'armée ne peut point être réunie avant trois ou quatre jours, mais, en attendant, voici l'esprit dans lequel vos mouvements doivent être dirigés :
Si le prince de Ponte-Gorvo se réunit à Osterode, et que dès lors il soit en mesure de s'y maintenir, ou qu'il soit obligé de se retirer sur Thorn pour couvrir cette place,
D.qit.zeaOvGoOt^lc
vous devez alors le laisser faire, et vous, avec votre corps d'armée, appuieriez et flanqueriez le maréchal Soult, de manière que le corps de ce maréchal, le vôtre et celui du maréchal Augereau ne formassent qu'un seul corps ; mais vous mabtiendriez cependant votre comuiunicatioo par votre gauche avec le maréchal Bemadotte, s'il avait quitté Osterode ou qu'il se fût retiré sur Thmii .
Si, au contraire, vous êtes fondé à penser «{ue le mal'échal Bernadotte ne puisse pas arriver avant l' ennemi à Tliot'i), vous aurez soin de couvrir cette place et de manœuvrer en conséquence. L'Empereur ne veut reprendre les quartiers d'hiver que quand il aura anéanti l'enoemi.
Si le maréchal Bemadotte se maintient à Osterode, il faut par vos mouvements favoriser sa position.
Bertuieh.
Neï a Bertuieh.
Le 27' de ligne a changé de direction, il s'établira à Wittjgwalde ; j'invite le général Maison à faire éclairer ce poste intermédiaire par les dragons du général Sahac; par cette dispo»tion, je suis parfaitement lié avec ta droite du prince de Ponte-Gorvo à Osterode.
J'ai deux régiments d'infanterie et deux r^imeuts de dragons en réserve à Muhlen.
J'occupe Soldau avec un régiment d'infanterie, et Neidenburg avec deux ré^ments d'infanterie et deux de drugonsj
D.qit.zeaOvGoOt^lc
J'ai ici à Hoheostda les deux rég^fuents de cavalerie du général Colbert, deux régiments d'inliuiterie et une compagnie d'artillerie légère ; je suis eu mesure d'être réuni en moins d'un jour, partout où l'ennemi se présenterait en force.
Noua vivons avec beaucoup de peine, tant parce que l'ennemi nous resserre et rend les communications difliciles, que parce que mes échelons sont réunis en masse ; cependant, H. le maréchal Soult a des prétentions sur Miawa; mon ordonnateur s'est donné toutes les peines possibles pour y former un magasin de vivres et une fabrioation de pain, et la 10* légère est venue s'établir duu cette ville pour enlever le peu de ressources que noua y avions, et qui étaient destinées & mes troupes qui ont souffert et souffrent encore un froid rigoureux avec une grande patience, et même aussi bien que les Russes. Veuillez, Monseigneur, donner des ordres, pour que ce point me reste.
Ney.
Nkt a Bbrthier.
HoheDsUJD, a8jaavier,& heure» du matin.
Il le prévient que puisque Bemadotte va faire un mouvement rétrograde, il en fera autant pour être en mesure de combattre en masse. La cavalerie légère du général Colbert sera à Phyman et environs.
L'ennemi continue & déborder la gauche du prince de Ponle-Oorvo ; plût au ciel que les Russes fassent i&
D.qit.zeaOvGoOt^lc
soixaDie mille : pas od seul ne reverrait sa patne, 3i Sa Majesté mardie à eux avec toutes ses forces.
Net.
Maison a Nev.
ag jinvier. Quirtier général de Loebau.
Il l'avertit que le 1" corps est fortement attaqué, et parte de l'éventualité d'une retrûle.
Ney a Berthier.
3oJuiTier, i heures du malin.
Il lui euvoie copie d'une lettre du 29, écrite par Bernadotte, de Loebau, « Je te prie, ajoute-t-il, d'inviter son chef d'état major à ne plus &itre, sans motif réel, de rapports aussi inqmétants que celui que j'ai reçu hier. J'attends que mes troupes soient coacentrées sur Gilgeubm^, pour lier ma gauche avec la droite de S. A., en envoyant à cet eQet, ainsi qu'elle m'en témoigne le désir, quelques troupes sur Proatnica. u
Nev.
Nev a Behthier.
Gilgenburg, 3i jauvier 1807, ■ 10 heures du mMin.
Je reçois à l'instant la lettre que Votre Altesse m'a fait l'honneur de m'écrire de Varsovie le 28, et par laquelle vous m'ordonnez de concentrer mon corps d'armée sur
D.qit.zeaOvGoOt^lc
Hohenstein, àaas l'hypothèse où le prince de Ponte- Corvo aunùt pu se maintenir à Osterode.
Les événements qui ont eu lieu depuis cette époque et dont je rou3 ai rendu compte, m'ont obligé, pour ne pas laisser écraser le i" corps, d'appuyer lentement vers sa droite, afin de diviser les forces de l'ennemi; c'est ce qui m'a fait appuyer de Hohenstein sur Mublen et de cette dernière position sur Gilgenburg.
Aujourd'hui le prince de Ponte-Corvo se relire sur Neumarckt pour éviter, dans une mauvaise position et contre des forces très-supérieures, une alTûre générale, dont le résultat quel qu'il fût ne pouvait Être que contrùre au but des dispositions ordonnées par l'Empereur, et compromettrût évidemmrat la sûreté de Thom.
Je resterai ici pour y attendre les ordres que vous , m'expédierez, en réponse à ma lettre d'hier soir.
Je joins ici copie de deux lettres que m'écrit le prince de Ponte-Corvo : la première datée du 30, et la deuxième sonsdate: il m'assure qu'un corps de 8 à 10 mille hommes se dirige sur Mlawa par ses derrières. J'aurais r^ardé cela comme une erreur de copie, si un P. S. de U mmn même du prince ne semblait pas confirmer cette nouvelle qui ne peut avoir de fondement, et qui ne mérite, je crois, aucune attention.
P. S. Un bataillon du 6' que j'avais porté cette nuit à Ëlgenau, a dirigé des patrouilles sur Kletn-Nappem, sans avoir aperçu l'ennemi ni auctme trace de sa marche. Les gens du pays assurent qu'il marche sur Deutch-Eylau et Loebau. Les patrouilles du général Colbert n'ont également rien trouvé aux environs de Tanlensée, Marwalde, Mer-
D.qit.zeaOvGoOt^lc
tensdorff', Frogenaa et Tuitteiiburg. GependaDt les Cosaques se moDtrent toujours à Mahlen et à Hobeostein.
Net a Berthibr.
GilgenbDTg, 3i jutrier, ii henrM du loir.
Il parait que le mouvement rétrograde du prince de Ponte-Gorvo sur Neumarck a augmenté la sécurité de l'ennemi et l'a engagé à s'avancer encore davantage : des Cosaques, avec plusieurs escadrons de hussards et de ubtans, ont des postes à Loebau.
Les reconnaissances de cette après-midi ont trouvé l'ennemi k Muhlen, où il avait de l'infanterie : elles l'ont aussi rencontré à la hauteur de Frogenau et à celle de Marwalde, route d'Osterode.
Il n'est pas probable que le prince de Ponte-Corvo soit poursuivi davantage, et je ne crois pas non plus que l'ennemi fasse la faute de venir m'attaquer ici.
Net.
A la même date et à la même heure, Ney écrit à Berthîer :
l'ai reçu la lettre que Votre Altesse m'a fût l'honneur de m'écrire de Praszmc le 30. Comme vous ne me prescrivez pas de me rassembler iâ ou sur tout autre point, avant d'avoir reçu l'ordre de mouvement que j'attends
D.qit.zeaOvGoOt^lc
pour le i" février, j'ai cru devoir ne rien changer h l'emplacement des troupes que j'ai à Neidenburg et A Soldau, qui, comme j'û déjà eu l'honneur de vous en rendre compte, ont l'ordre d'arriver ici aussitôt que la tète des colonnes du maréchal Augereau sera à Neidenburg, Si ma première marche est, comme je le croîs, pour Hohenstein, ces troupes me rejoindront à Miihlen, point par lequel je devnû passer.
Nfï.
Bernadotte a Net.
Loeb«u, 3i jin*ier 1807.
Je reçois à trois heures du matin, mon cher maréchal, votre lettre du 30 janvier. Le changement subit et inattendu de vos dispositions me force à changer aussi les miennes et à me retirer sur Neumarck. J'étais resté ici, comptant entièrement que nous serions ensemble, et dès aujourd'hui peutètre, d'après les mouvements de l'ennemi, qui ne peut manquer d'être instruit de la marche de toute notre armée, j'aurais pu me porter sur Osterode. Mais puisque vous vous retirez de votre côté, il est clûr que je ne pois plus tenir la position de Loebau ni suivre notre premier projet. Au reste, il me semble que vous n'êtes point dans le sens des intentions de l'Empereur, puisque le major général me marque que vous deviez vous rendre aujourd'hui & Hohenstân.
Agréez, mon cher maréchal, l'assurance de mon ^ncère attachement.
Bernadotte.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
Net a BsBiuiBii.
Gil^enburf!, i" février 1807, à 10 heurei du matin.
Je reçois k l'instant la lettre que Votre Altesse m'a fait l'honneur de m'écrira hier à ûx heures du soir, pour me fûra connaître le mouvement général de l'année. Conformément à ces dispositions, une brigade d'infanterie, partant de Neidenburg aujourd'hui, ira prendre position à Seleesin et demain à Hohenstein, où tout mon corps d'armée pourra être réuni en masse vers quatre heures de l'après-midi. Je poussera une division le plus en avant possible sur Alleastein. J'aurai mon quartier général demÙD à Hobenst^n,
L'ennemi continue d'observer tous les débouchés d'Osterode et de Muhlen ; aujourd'hui on l'éloignera de Frogenau oit il a pris poste.
Les rapports particuliers annoncent que les orces^nnemies se trouvent toujours disséminées à Osterode, Libemuhl, Saalfeld, Freystadt et Deutch-Eylau.
Ney.
AUGBREAU A BeRTHIBR.
Neidenburg, if février 1807.
Monseigneur, à l'instant je reçois votre ordre de départ. J'ai été surpris de voir dans votre lettre que l'Empereor était inquiet de moi. Je suis soldat et je ne sais qu'obéir; mais je représenterai à Votre Altesse que le 7' corps a fait
D.qit.zeaOvGoOt^lc
vingt-dnq lieues en deux jours, c'est-b-dire que la troupe a été rendue, comme tous l'aviez ordonné, le 3 janvier' au soir à Janowa, non pas en corps d'année, m^s par tètes de colonnes sans profondeur.
Le 7* corps d'armée partira demùn : il ne fera pas douze lieues, cela est impossible ; quant à moi, j'espère arriver demain & Linderwalde.
Je ne vous parlerai, Monseigneur, ni des hommes qui sont morts en route, ni des malades que je suis obligé de laisser en arriére, ce serait trop pénible ; mais je vous dirai, Monseigneur, que desTarines devaient être livrées à Modtin pour la subsistance du 7* corps. L'ordonnateur en chef y a envoyé un commissaire des guerres avec des voitures pour prendre ces farines. Eh bien I Monseigneur, le croirez-vous? il n'en a pas trouvé une livre, et il est revenu sans rien apporter.
Je ne vous parlerai pas non plus de la manière dont les troupes existent. Malgré tous ces obstacles, les ordres de l'Empereur seront remplis ; il est cependant pénible pour un ancien militaire qui ne connaît que ses devoirs, qui sait servir et faire servir, d'éprouver des désagréments pour bien servir.
Si vous n'avez pas été instruit de mon arrivée aussitôt que vous le désiriez, c'est que le quartier général de Votre Altesse a changé. J'ù eu l'honneur de vous envoyer un ofRder de mon état major pour vous en informer ; j'ai remis une deuxième lettre à un adjoint à votre état major : peut-être l'un ou l'autre a-t-il été pris par les Cosaques.
' Sie, 3 jiDvier, Mnidoiile pour 3oj*nvier?oii 3i ?
D.qit.zeaOvGoOt^lc
A la infinie date, Augereaa, ayuit appris qne le quartier général étmt à 'W^IIenbei^, écrit & Beithier :
Les corps des maréchaux Bernadotte et Ney ont rétrogradé. Ce matin , uo parti de Cosaques a surpris et enlevé un poste de vingt hommes placé en avant et à trèspeu de distance de Neidenburg. Ce poste appartenait an corps d'armée du maréchal Ney, qui n'était pas relevé et qui devait partir ce matin .
Bebnadotte a l'Ehferedb.
Strasburg, i" fl^vrier 1S07.
Il lui expose ce qu'il a fut depuis le 30. Il ajoute que les ordres que lui a ccHumuniqnés le major général fixent à Osterode son point de réunion à la ligne de la grande armée, maùs dans l'hypothèse où l'ennemi n'aurût encore rien tenté contre son corps d'iumée ; que, dans le cas contnûre, il doit avant tout s'attacher h. couvrir Thom, et attirer même l'enoemi par une marche rétrograde atu" ce point.
D'après ces instructions et les rapports qui m'annonçaient qu'effectivement l'ennemi manœuvrât et cherchtut à déhorder mon flanc gauche, je n'ai point balancé à lever mon camp de Loebau, et j'u marché par Neumarck sur Strashurg, où toutes mes troupes seront rendues aujourd'Iiui à midi . Mon arrière-garde a été suivie et harcelée par les Cosaques jusqu'à Neumarck. Le 2' r^iment de hus-
D.qit.zeaOvGoOt^lc
sards les a chargés, il en a sabré un grand nombre et (ait une douzaine de prisonniers.
Si j'apprends que te point de Thom soit toujours menacé, je marcberM sur le flanc de l'ennemi, et je communiquerai avec les troupes dont M. le maréchal Lefebvre pourra disposer pour défendre Thom, livrer bataille & l'ennemi s'il se présentait en force, et rejoindre ensuite mon poste à la gauche de la grande armée.
Bkrnadotr.
Le 5 février, le oiaréchal Ney écrit le billet suivant au crayon :
Les Prussiens débouchent sur moi par Hermenan, route de Mobrungen ; ils tirent déjà le canon à la droite de Truckeinen. Liebstadt n'a jusqu'alors que quelques pelotons de cavalerie, et l'ennemi renonce sur cette direction : il menace Deppen et Waltersdorf. La fusillade est forte, je niarche aux ennemis par Wuchsnick et Waltersdorf.
Le généra Lasalle conUnne sa route sur Uebstadt et de là sur Scbwendt ; je 1'^ engagé à rester avec moi, je ne sais s'il le fera.
Htiuteurade Wucbtnick, le S février 1807, une heure.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
MCRAT A l'EhPKREUH.
Frajnarkt, le S février 1807, k 8 heum du MÎr.
Sire, Votre Majesté ne s'étùt pas trompée en me disant que l'ennemi s'était retiré sur la roate d'Heil3t>erg, car, arrivé k Open, il a fait ud crochet sur Freymarkt jusqu'au milieu de la forêt, oi^, apprenant sans doute l' arrivée du maréchal Soult à Freymarkt, il a gagné une route qui a YtùT de conduire à Karchaunen où il parait être bivaqué. A l'entrée du bois, entre Open et Freymarkt, voyant qu'à cause de la nuit il me serait imposable de déboucher sur Freymarkt sans l'infanterie, et qu'à Freymarkt ma cavalerie ne pourrait point manger, je me suis, décidé à suivre de ma personne le général Levai à Freymarkt et à laisser les divisions Klein et Milbaud avec le général Gotbert à Open , et à envoyer à Benem la division d'Hautpoul, où elle sera trës^mal. Le général Colbert a ordre de f^re reconnaître Wormdltt et Mickau.
Toute la cavalerie se mettra en marche dès ùx heures du matin pour se diriger sur Freymarkt et Heilsberg, quoique je sois persuadé que ce que j'aviûs ce soir devant moi se retire sur Landsberg, à moins que Votre Majesté ne me donne un ordre contraire. Dans tous les cas, je prie V. M. de m'envoyer ses ordres de bonne heure, ayant ma cavalerie un peu loin.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
Net ad Mihistrk de la Guerhe.
Liebsiadt, le S TéTrier, ii heures du toir.
fù t'hoimeur de rendre compte à Votre Altesse que, d'après les ordres que m'a donnés Sa Majesté, j'û ce matin dirigé la marche de mon corps d'armée sur Liebstadt.
La tête de ma colonne touchût à peine Wucbsnick, que l'avant^arde de la division pras^enne du lieutoiant général de l'Estocq attaquait Waltersdorf. J'ordonnai aussàtbt à ma première divimon de former quatre colonnes pour se diriger entre Truckeinen et Hert2og3walde. La deuxième se forma en bataille à la droite de Waltersdorf pour y attirer l'ennemi, et permettre & ma droite de déborder sa gauche et de le coup»- de IJebstadt.
Le général Lasalle, que j'avais trouvé le matin k Waltersdorf, a bien voulu couvrir ma droite et tenir la cavalerie ennemie en 'échec, tandis que je prenais l'ofTensive.
L'attaque de mon infanterie a été vigoureuse, l'ennemi a été culbuté de toutes les poiitloos, au pas de charge, jusqu'à AltRdchau. Là, j'ai fïùt serrer la brigade de dragons, composée des 20° et 26* régiments de la divifûon du général Klein. L'ennemi, voulant faire un dernier effort pour couvrir sa retraite, avait fait avancer quelques batwllons de grenadiers et d'infanterie, et présentait au combat une force de S à 6 mille hommes d'infanterie et 2 mille de cavalerie.
J'ordonnai de marcher à l'ennemi en débordant sa gauche. Les dragons chargèrent, après qu'une vive fusillade
D.qit.zeaOvGoOt^lc
m NOTES
eût ébranlé l'eimemi, et tout ce corps ftit dus dans ime déroale complète.
Le général R<^uet poursuivît seul avec sa brigade les débris de l'ennemi ; le reste de mon corps d'armée changea de direcUoD à droite, à Alt-Reicbau, pour se diriger sur Liebsladt. Je laissù a Alt-Reichau le KO* régiment pour garder les prisonniers.
Le général Roguet a ordre de poursuivre vivement l'ennemi jusqu'à Mohrungen, de se reposer quelques heures et de me joindre sur Liebstadt, par Hermenau et Wockallen.
Le général Marchand, en arrivant à Liebstadt, y trouva quelques escadrons prussiens et quelques fuyards russes et prussiens ; ils firent une fmble résistance et se sauvèrent sur Wormditt, en nous abandonnant une pièce de caooD, des cmssons et beaucoup de prisonniers, dont un lieute- ' nant colonel russe et pluueurs autres officiers.
Nous avons pris à l'ennemi, en arrière d'AIt*Reicbau, environ 3 mille honmies, dont un général major et plusieurs officiers supérieurs, un drapeau, deux pièces de canon, beaucoup de caissons et une grande quantité de bagages.
Je ne pense pas que l'ennemi mt pu sauver une seule pièce d'artillerie des douze dont il faisait feu pendant l'action, ni un seul homme de son infanterie, car tout a été dispersé dans les bois.
J'attends à cet égard un rapport du général RogueU Nous avons délivré ici beaucoup de nos prisonniers : infan . terie, dragons, hussards et chasseurs.
Pendant que je me battais à Alt-Reichau, environ IjSOO hommes de cavalerie prussienne sont venus attaquer
D.qit.zeaOvGoOt^lc
le général Lasalle, qui les contint avec sa valeur ordimûre, et les obligea même à se replier.
La cavalerie de la division occupe ce soir Alt-Reichau et Hertz(^walde.
Le lieutenant général t'Ëstocq voulait venir aujourd'hui à Liebatadt, et de là se diriger sur Arensdorf pour se joindre aux Russes ; mais il parait que la cavalerie prussienne qui devait suivre son mouvement s'est repliée sor Preusch-Holland, point que le reste du corps du général l'Estocq prendra probablement.
Les Russes disent qu'ils ne veulent pas accepter la ba^ taille et qu'ils ont sacrifié les Pmsùeos, dans l'espÉrance de nous arrêter quelques jours '.
Ney.
Ney a Berthikb.
Liebstadt, 8 février 1S07, à une heure aprèt-tnidi.
La troupe étant eitrémement fatiguée de la journée d'bier, je l'ù laissée reposer jusqu'à dix heures du matin, qu'elle s'est mise en mouvement dans l'ordre suivant :
La division Marchand se dirige sur Wormditt, où elle ne doit pas tarder à arriver : elle est suivie par deux brigades de cavalerie du général Lasalle.
* A cette pièce eit jointe U liste de treote-huil officiers p niera, avec leurs sigoatures.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
La seconde brigade de la division Gardaime part à l'inslant pour serrer sur La première division ; elle est remplacée ici par la 1" brigade de cette tUvisioD qui arrive de Guldenbaden près Mohnmgen, point sur lequel elle a coifitamment poursuivi l'ennemi jusqu'à onze heures du stûr, ta ramassaot beaucoup de prisonniers, dont elle ramène une bonne colonne.
Les 20* et 26* régiments de dragons ont couvert la marche de cette brigade.
L'ennemi parait avoir évacué pendant la nuit même Mohnmgen, pour se diriger sur Preuscb-HoUand ; le général Lasalle éclairera cette partie.
L'eunani n'a point suivi la brigade du général Rognet, et nous n'avons aucune nouvelle de la marche du prioce de Ponte-COTvo.
La brigade du général R<^et ainsi que les dragons resteront à Uebstadt jusqu'à demûn maUn, qulls se dirigeront sur Wormditt, à moins d'événements extraordinaires, et, dans ce cas, ils marcheront aujoard'hoi même pour me rejoindre.
Par la position de mes troupes et la direction que je leur ai donnée, je dois, en cas de bataille contre les Russes, arriver en masse sur Freymarckt, et, dans le cas contr^re, sur Heblsack., en débordant toujours la division prus^enne du général l'Ëstocq.
Nous rencontrerons probablement quelque cavalerie de cette division aux environs de Wormditt, mais nous y ferons peu d'attention.
Je par^ à l'instant pour Wormditt, où j'attendrai les ordres de Votre Altesse.
J'ai réuni tous les prisonniers prus^ens et russes pour
D.qit.zeaOvGoOt^lc
les diriger sur Guttstadt et de là à Thorn, conformément atu ordres de Votre Altesse.
Le gërëral Golbert au maréchal Ney.
OpcD, 6 février 1807,5 heures du mtlÎD,
Monseigneur,
J'id rhonoeur de voua rendre compte qu'une recoQnid»< sance poussée sur Wormditt rapporte que l'ennemi a évacué cette ville ; un train d'artillerie y est passé dans la journée d'hier, ainsi que plusieurs détachements d'infanterie de différentes forces et des voitures d'équipage ; d'autres bagages devaient encore passer sous l'escorte d'un ré^ment de grenadiers. Tout ce qui est passé à WormdiU vient de Liebstadt et se i^rige sur Heilsberg, par où la retrùte semble s'effectuer.
J'ai t'honneui' d'être avec respect votre trèsK>béissant serviteur,