‹ Traditions et souvenirsChapitre 21 sur 160 · CHAPITRE VINGT -QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT -QUATRIÈME

Le roi d« Prusse ac^eple U c^ioD dn Hanovre. — Colère de l'An^ gleterre. — Ptrolei de Fok. — ScDClmeul* de NapoléoD à l'égRrd de la Prusse. — La reîae Louise. — Le parti de la guerre l'emporte. — Le général Knobelsdorf à Paris. — Le duc de Brunlwick et le* giniraui prussieDK. — L'armée française quille ses caolonoemeota, •— Napoléon à Bamberg. — Sa prévojanc*. — Proclamation à l'ar* niée. — Le 6« corps. — Le général Colbert eo commande l'avaDtgarde. —Scbleitz, SaaUeld. — Uorl du prince Louis de Prusse. — H. deGenIz à Weimar. — Constematioo , désordre dans l'armée prussienne. — Lannes devant léna, — Le Landgrafenberg. — Hofaenlahe. — Capellendorf. — Le roi avec le gros de l'armée marche sur Frejbourg. — Arrivée de l'empereur. — Bataille d'iéna.

On se rappelle que le comte de Haugwitz avait été envoyé à Vienne quelque temps avant Austerlitz pour porter à Napoléon des propositions de son souverain , et déclarer la guerre dans le cas où elles seraient rejetées. Après la bataille d'Austerlilz, le i5 décembre 1806, c'est-à-dire le jour même où le nùaistre de Prusse devait déclarer les hostilités, il signait un traité par lequel la Prusse, acceptant le Hanovre de l'empereur des Français, lui abandonnait en échange les mai^raviats d'Anspach, Bayreuth, la princi-

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U TRADITIONS ET SOtVENIRS.

pauté de Neufcfaâtel et le duché de Glèves. Le roi Frédéric-Guillaume, ignorant encore le traité auquel venait d'adhérer son ministre , avait fait proposer, le aa décembre, au gouvernement anglais de lui garantir la sécurité des trou|>es britanniques qui se trouvaient dans le Hanovre ; il fut donc d'abord fort embarrassé en apprenant ce qui s'était fait à Vienne; toutefois la tentation était grande ; la possession du Hanovre répondait si bien aux convoitises de la Prusse, à son ambition, qu'il finit par accepter. Seulement, par une espèce de capitulation de conscience, il envoya Haugwitz à Paris pour demander à Napoléon que la cession ne fût définitivement ratifiée qu'à la paix générale, et après avoir obtenu l'assentiment du roi d'Angleterre.

Napoléon n'était pas homme à permettre qu'on revint sur des engagements. Il signifia à Haugwitz que le traité du 1 5 décembre n'ayant pas été ratifié dans le délai voulu, il n'existait plus; en même temps il en imposa un nouveau plus impératif, par lequel la France devait immédiatement occuper le Hanovre et fermer ses ports au pavillon anglais. Ce traité fut ratifié le

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HAPITRE XXIV. 4S

9 mars et de suite mis à exécution. Le roi de Prusse déclara par un manifeste solennel qu'il prenait possession du Hanovre que lui cédait, l'empereur des Français, qui le possédait par droit de conquête.

L'indignation fut grande en Angleterre. Elle déclara immédiatement la guerre à la Prusse, ordonna le blocus de ses ports et mit Tembai^ sur tous les navires prussiens qui se trouvaient dans les ports de la Grande-Bretagne. Dans le parlement, Fox stigmatisa en ces termes la conduite de la Prusse : s Cette conduite, dit-il, est un composé de tout ce que la servilité a de méprisable et la rapacité de plus odieux ; d'autres nations ont pu céder à l'ascendant de la force ; l'Autriche a été obligée, par la fortune de la guerre, décéder plusieurs de ses provinces; la Prusse seule, sans désastre venant du dehors , est descendue au dernier degré d'abaissement en se faisant l'instrument de l'injustice et de la rapacité d'un maître *. »

Pour Naptdéon, la duplicité de la Prusse lors

* k\w)a,HUIorx {^Europe, tom« V, page 71 5; Parllameiitary <{e- 6altt,torM\l, p. Soo (jtnHual regUler, tBo6, p. iCo).

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i6 TRADITIONS ET SOUVENIRS.

de la campagne d'Austerlitz l'avait déjà profondément blessé ; toutefois il avait passé outre, tenant toujours à ses projets d'alliance avec cette puissance ; mais, lorsqu'il la vit de nouveau hésitant, ne sachant ni accepter ni refuser, il n'eut plus alors pour elle que des dédains, et nous le verrons désormais ne plus sembler tenir le même compte de la Prusse dans les combinaisons de sa politique, résolu d'ailleurs de la courber à sa volonté s'il le fallait.

Comment, se demandera-t-on, la Prusse pouvait-elle en être arrivée à s'attirer tout à la fois les justes et durs reproches de l'Angleterre et la colère de Napoléon ?

Il faut se rendre compte de ce qu'était cette puissance. Il y a un peu plus de deux cents ans la Prusse n'était qu'un pauvre petit pays sablon-r neux, stérile et fort obscur, lorsque tout à coup, au dix-septième siècle, elle prit son essor; son accroissement fut rapide, dû à l'habileté, aux singularités mêmes de quelques-uns de ses princes, plutôt encore, si l'on en croit Frédéric II, au hasard, à des circonstances heureuses qu'à leurs talents réels.

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