CHAPITRE XXIV
Au commencement du dix-huitième siècle, ils prirent le titre de roi, les premiers des princes allemands qui osassent ceindre le diadème à côté de l'empereur d'Allemagne, dont ils avaient d'ailleurs obtenu l'agrément.
Bientôt le génie et les victoires de Frédéric second donnèrent à la Prusse Téclat d'une grande puissance. Dès lors elle en eut tout l'orgueil et toutes les ambitions; mais, sous cet orgueil, sous ces prétentions, se cachaient bien des faiblesses.' Composée de pièces rapportées % souvent séparées les unes des autres par des États intermédiaires , ces parties ne pouvaient avoir cette cohésion qui seule fait la force. Elle avait fait l'épreuve de sa faiblesse en i79i ; la première elle avait attaqué la France, entrepris avec fanfaronnade de la mettre à la raison. On se rappelle le manifeste du duc de Brunswick ; on sait aussi comment l'armée prussienne se retira de la Champagne. La première alors aussi, la Prusse abandonna la coa-
■ Expression de Frédéi:ic; tojr l'appendica du livre du docteur KIopp, intitulé : Frédéric II roi de Prms» et la nation allemande, tradnil par Emile Borcbgrave.
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lition et fit alliance avec la république française'.
Pendant près de quatorze ans, tous les efforts de la Russie, de l'Angleterre, de l'Autriche, poiu* la faire sortir de sa neutialitë, restèrent vains. Elle avait compris que c'était pendant la paix seulementqu'elle pouvait conserver un râle et maintenir un rang que sa faiblesse réelle ne lui permettait pas de soutenir pendant la guerre. C'est dans le contraste qui existait entre les instincts ambitieux qui ne l'ont jamais abandonnée et la conscience de sa faiblesse qu'il faut chercher l'explication de son étrange conduite.
De là l'incertitude de ses conseils, les hésitations, les tergiversations de sa politique. Elle fait des promesses tantôt à la Russie, tantôt à la France ; elle ne les tient pas ou ne les tient qu'à demi; elle prend des résolutions, et l'audace lui manque pour les exécuter.
D'autres motifs encore plus puissants, parce que les passions et les préjugés ont une énergie d'action que n'ont pas toujours les idées, influèrent sur la conduite de la Prusse et finirent
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