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CHAPITRE XXIV

par l'entraîner. Je veux parler des sentiments qui animaient la cour de Berlin.

Tandis que le roi Frédéric-Guillaume s'efforçait de conservera la Prusse une neutralité qu'il croyait nécessaire, son entourage, sa famille, la reine * surtout, ne voyaient dans une semblable conduite qu'une trahison, une désertion de ce qu'on appelait la cause des rois; et ces sentiments, qui étaient ceux de toute l'aristocratie, furent bientôt ceux d'une grande partie de la nation.

Ce Âerait une longue et assez triste histoire que de suivre pas à pas les diverses phases qui amenèrentenfin la Prusse à une rupture violente avec la France.

Lès griefs de la Prusse avaient été d'abord la violation de son territoire à Anspach, puis la création de la confédération du Rhin l'avait blessée dans ce que son ambition avait de plus chatouilleux.

On a fort accusé Napoléon de perHdie en cette circonstance; ce dont on pourrait l'accuser plu-

■ Louise-Augusline-Ainclie île Hi-ckliiiibourg-S(rélllz, née eu mars 1776, mariée à Frédéric-GnilUume III en 179!, morie en 1810.

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tôt, ce serait d'avoir agi avec la violence et l'orgueil de la force. Dans la forme même et dans les détails, il avait été sans ménagements : ainsi le prince d'Orange, beau-frère du roi Frédéric- Guillaume, avait été dépouillé de ses États et médiatisé.

Il avait nommé Miirat, duc de Berg et de Clèves, souverain de ces principautés cédées par la Prusse, et l'intronisation de ce soldat de fortune parmi les souverains allemands avait froissé autant que possible leur vanité féodale.

Cependant, vers la fin-de juillet, on semblait avoir oublié tous ces griefs, et le ministre prussien écrivait : « Le roi sent qu'il est difficile d'arriver à de grands résultats sans quelques froissements, et il donne une adhésion sans réserve à la confédération du Rhin. » "

Tant qu'il ne fut pas question du Hanovre, on supporta tout. « Le Hanovre, disait Lombard, secrétaire intime du roi, console de tout, sert de remède à tout. » Mais, lorsqu'on apprit à Berlin que, dans les négociations avec l'Angleterre pour la paix générale, il avait été question d'un commun accord de rendre le Hanovre

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