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CHAPITRE XXIV

fût son ardeur guerrière, il avait trop d'esprit et de sens pour partager la jactance que des têtes follies et quelques vieillards infatués montraient à l'égard des Français, et, s'il eut le tort d'entraîner sa patrie dans une guerre fatale, il ne céda qu'aux sentiments tes plus patriotiques, les plus chevaleresques, et sut noblement payer de sa vie une si généreuse erreur.

Près de deux mois cependant se passèrent encore , les relations diplomatiques durant toujours, lie roi Frédéric-Guillaume était parfois tenté de revenir sur ses pas, et, tout en rassemblant son armée, ne cessait de protester de ses sentiments amicaux à l'égard de l'empereur et de la France. Il envoya même à Paris, pour mieux y fairecroire,le général Knobelsdorf, convaincu lui-même de la sincérité des paroles qu'il portait : moyen, dit-on, qui ne manque jamais son effet en diplomatie. On l'a avoué plus tard, et M. de Haugwitz disait dans une conversation qu'il eut avec M. de Gentz *, un ou deux jours avant la bataille d'iéna : k Si jamais il a existé une puissance que nous ayons eu l'intention de

■ Célèbre publicisle, né à Breslaa en lyG^, mort en i833.

tromper, c'était la France ; s puis il ajoutait nn peu plus tard : k M. de Knobelsdorf fut nommé pour compléter l'illusion '. » £n somme, il n'y eut dans toute la conduite de la Prusse que fausseté, faiblesse, ambition dissimulée, mêlées à une ridicule jactance '.

Pour Napoléon, si l'on suit les détails de sa correspondance publique et privée telle qu'on la possède aujourd'hui, on voit qu'il plane sur les événements, il les prévoit; il voit la Prusse s'agiter, se débattre, et sait oii elle va lorsqu'elle l'ignore encore ; sans s'en préoccuper, il poursuit l'ensemble de ses desseins, et, dans sa conduite comme dans son langage, il ne se départ en rien de son apparente impassibilité. Rien ne me semble pouvoir mieux donner l'idée de cette conduite et de ce langage que la lettre suivante, adressée le 12 septembre au roi de Prusse :

« Monsieur mon frère, j'ai reçu la lettre de

' Garden, tome XT, pages 75 et 78.

* Je mU bien que M. de Haugwi liaoce française, du motneu peigoit comme plus faux qu'

est-Il que les sentiroeals qu'il exprime dans sa conversation avec M. de Gentz étaient bien réellenient ceux du parti qui atait triom-

ilK,qui lon);temps ai se vit entraîné par le torrent, se réellement clé. Mais toujours

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