CHAPITRE XXIV. S
Votre Majesté ; les assurances qu'elle me donne de ses sentiments me sont d'autant plus agréables, que tout ce qui se passe depuis quinze jours me donnait lieu d'en douter. Si je suis contraint à prendre les armes pour me défendre , ce sera avec le plus grand regret que je les emploierai contre les troupes de Votre Majesté. Je considérerai cette guerre comme une guerre civile, tant les intérêts de nos États sont liés. Je ne veux rien d'elle ; je ne lui ai rien demandé. Toutes les fois que lés ennemis du continent ont ^it courir de faux bruits, je lui ai fait donner les assurances les plus positives de ma constance k persister dans les liens de notre alliance. C'est à elle à voir si elle n'a pas donné trop légèrement confiance au parti qui dans sa cour a été si prompt et si chaud à seconder les desseins de nos ennemis communs. J'ai une telle opinion de sa justice, que je m'en rapporte à elle pour savoir qui a tort, dans cette circonstance, de la Prusse ou de la France.
a Tous les renseignements qu'on lui a donnés sont faux; cela seul, dont elle esta présent convaincue, doit lui prouver que je suis à l'abri de
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tout reproche. Si Votre Majesté m'eût dit que les troupes que j'ai en Westphalie lui donnaient de l'inquiétude, je les eusse retirées pour lui p1atre.Je suis ami ou ennemi franchement. Ceux de ses ministres qui ont traité ses affaires, et que j'ai admis à mon audience, peuvent le lui témoigner. Je tiens plus que par le cœur à Votre Majesté ; je tiens à elle par la raison. Toutefois je viens de faire aussi des dispositions pour me mettre en mesure contre ses troupes, qui menacent d'attaquer mon peuple si je ne m'étais pas prémuni contre les préparatifs formidables qu'elle fait ; préparatifis qui sont si avancés, que les troupes de sa capitale sont parties, même après la lettre qu'elle m'a écrite. Je dois le dire a Votre Majesté, jamais la guerre ne sera de mon fait, parce que, si cela était, je me considérerais comme criminel : c'est ainsi que j'appelle un souverain qui fait une guerre de fantaisie qui n'est pas justifiée par la politique de ses États. Je reste inébranlable dans mes liens d'alliance avec elle. Que par sa réponse elle me fasse connaître qu'elle les repousse^ qu'elle ne veut mettre sa conlîance que dans la force de ses armes,
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