‹ Traditions et souvenirsChapitre 28 sur 160 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

s'était laissé tourner par sa droite. Napoléon, se jetant en masse par Bamberg, allait tourner leur gauche et la couper par Hof et Géra de la ligne de l'Elbe, de Berlin et de leurs magasins. l-iorsqu'enfin le mouvement des troupes françaises par Cobourg et Bamberg se dessina, le duc de Brunswick commença à ouvrir les yeux et résolut de se concentrer à Weymar pour nous attendre de front ; se concentrant ainsi vers sa droite, il abandonnait la gauche qui restait en l'air à Schieitz , laissant ainsi la route ouverte aux Français, tandis qu'il aurait dû au contraire se masser sur Hof.

Du reste, l'armée prussienne était admirable de tenue et de discipline ; elle était belle, ce qui veut dire qu'elle avait toutes les apparences de la bonté. Lorstju'un homme de génie a passé quelque part, il laisse une empreinte profonde ; seulement, ce qui persiste le plus dans son œuvre, c'est la forme; quant à l'âme, elle disparaît; aussi les rangs étaient probablement aussi bien alignés que du temps de Frédéric, et les queues peut-être encore mieux ajustées *.

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Cependant la cavalerie avait, dit-on, conservé le souvenir et les traditions de Zieten et de Seidiitz, et je me rappelle ce dicton répandu dans l'armée française : que lorsqu'un cavalier prussien était tué, il fallait encore un coup de pied pour le faire tomber; l'éloge était assez brutal, mais enfin c'était un éloge.

Le roi Frédéric-Guillaume marchait à la tête de son armée ; toutefois il avait le bon sens de reconnaître que, tout petit-neveu qu'il était de Frédéric, la nature ne lui avait pas donné le génicmilitaire; il était, du reste, très-brave de sa personne.

II avait donc nommé généralissime de ses troupes le duc de Brunswick; pouvait-il faire autrement? Ses exploits, il est vrai, remontaient à Crevelt et à Minden : c'était un peu vieux ; ses revers de 1 79a étaient plus récents. C'était d'ailleurs un homme fort instruit, ami des let-

peut>étre ignorent ce qu'élait au juste cet oi-nement bizarre auquel on a donna le nom de queue, et qui coniittait à lier avec un ruban les cheveux du derrière de la têle. La raode variait à cet égard ; lei Prussiens portaient une queue longue et descendant jusqu'au milieu du dos. La garde impériale a conservé jusqu'à la lin de grosses queues courtes, pommadées et poudrées. On conçoit l'importance qu'il y avait pour le coupd'ceil, lorsque les troupes étaient en bataille, ■ ce que ces queues fussent ajustées à la même hauteur.

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