‹ Traditions et souvenirsChapitre 40 sur 160 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

fanterie restèrent en arrière de Brauendorf , à cheval sur la route de Géra. Lannes atteignait léna, Augereau Kahla; tous a\aient ordre de pousser en avant des coureurs pour tâcher d'obtenir des renseignements exacts sur la position de l'armée prussienne, sur laquelle on avait beaucoup d'incertitude.

Le I a octobre, dans l'après-midi, le maréchal Lannes, un peu avant d'arriver à léna, avait rencontré un corps assezconsidérable, qui, après lui avoir tiré quelques coups de canon, s'était retiré par la route de Weimar. La journée était avancée, les chemins détestables ; il ne put le poursuivre. S'arrêtant, il plaça la division Suchet sur la route de Weimar, et la division Gazan en avant de la ville d'Iéna.

J'insiste sur ces détails, parce que c'est à bien dire ici que commence le drame.

léna est situé en terrain plat sur la rive gauche de la Saale ; une route venant de Bamberg la traverse du sud au nord, et, suivant parallèlement le cours de la rivière , conduit à Dornbourg, Camboui^, Nauenbourg. Perpendiculairement à cette direction à l'ouest, derrière la

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ville, s'ouvre une gorge assez profonde, étroite, dans laquelle s'engage la route partant d'Iéna pour aller à Weimar. A droite de la ville, en sortant, et à mille mètres environ, commencent les pentes contournées et abruptes d'une petite montagne bordée à gauche par une vallée fort étroite appelée le Muhlthal, à droiteparuneautre gorge ou ravin nommé le Raugthal. Ausommet de ce mont, qu'on appelle le Landgrafenberg, est un petit plateau d'où la vue s'étend sur une vaste plaine ondulée où se trouvent Capellendorf, Weimar, Apolda. En regardant au nord, l'œil peut suivre le cours de la Saale vers Dombourg , Cambourg et Nauenboui^ enfin, qui, à vol d'oiseau, est à a5 kilomètres d'Iéna.

Le 1 3 au matin *, le maréchal Lannes rendait compte à l'empereur de ce qui lui était arrivé la veille en atteignant léna. Puis il ajoutait : « D'après les renseignements donnés par les habitants, le roi était encore avant-hier à Ërfurt ; je ne sais s'il veut nous livrer bataille ou bien se retirer ; il y a un camp d'environ ao ou a5 mille hom-

' Voiraui pièces JDSlificatives da chapitre XXIV.

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