CHAPITRE XXV
lerie était dirigée sans intelligence ». On voit qu'il en était de même chez les Prussiens, et que les principes de Frédéric et les leçons de Ziethen étaient oubliés.
Me pourrait-on trouver une explication à cet oubli du rôle de la cavalerie légère, dans une tendance qu'on rencontre à toutes les époques, tendance qui, à force de vouloir l'améliorer, la régulariser, finit par l'alourdir et faire en définitive de la cavalerie légère de la cavalerie de bataille ?
La nuit qui avait suivi cette double bataille et cette double défaite porta au comble le désordre- et la désorganisation dans Tarmée prussienne. Le duc de Brunswick, MoUendorf, étalent mourants; Hohenlohe arrivait dans la matinée du i5 à Denstedt, avec 60 cavaliers à peine. I-e roi, cherchant à gagner Weimar qu'il ne savait pas encore occupée, tomba au milieu des fuyards d'Iéna et apprit alors la grandeur de son désastre.
On n'était convenu d'aucun Heu de ralliement ; aucun ordre n'était plus donné ; les troupes sans direction suivaient, pour ainsi dire
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au hasard, les routes qui se trouvaient devant elles : les unes prirent celle d'Erfurth, les autres celle de Ck>lloda, le plus grand nombre se dirigea sur Sommerda. Souvent les colonnes se croisaient, se mêlaient, s'encombraient aux passages des ponts, et de cette rencontre résultait une nouvelle confusion que ne faisait qu'accroitre à chaque instant la crainte d'un ennemi infatigable qu'on savait être, non-seulement sur ses derrières, mais qu'on rencontrait déjà devant soi.
Dans de tels moments, la fermeté abandonne les plus braves, et celui qui sur le champ de bataille résiste encore, quoique vaincu, alors que le vertige de la fiaite s'est emparé de lui, ne pense qu'à échapper : les liens de la discipline disparaissent, les chefs ne pensent plus à commander, ou sentent leur impuissance, et bientôt, dans ces masses confuses, le plus grand nombre n'a plus d'autre pensée que de se soustraire au péril commun en fuyant isolément.
I/influence de cette désorganisation fut telle, (|ue les deux divisions de réserve du général Kalkieutli, (|ui!ivjiient quitté intactes le champ
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