CHAPITRE XXV
lustres chefs se fît entendre, pour arrêter ces désordres. Il me parait digne d'intérêt de voir quel était leur langage, à quels sentiments ils croyaient devoir s'adresser.
a Je dois, disait le maréchal Ney, rappeler les soldats français à l'honneur et à leur devoir : des dégâts inoms ont été commis, quelques misérables souillent un nom dont tous les militaires doivent soutenir l'éclat. » Puis, après avoir fait appel à la vigilance et à la fermeté des ofHciers, il ajoute : « Plein de confiance dans l'honneur des grenadiers français, je recommande à chaque compagnie la surveillance sur les traînards et les pillards*. 9
Si le maréchal parlait ainsi, c'est qu'il savait qu'il serait entendu. Sans doute, il y avait derrière ses paroles une sanction terrible, mais avant tout, il s'adressait aux sentiments d'honneur, de devoir, au respect dû au nom français.
Depuis lors, on s'est moqué de l'exaltation de tels sentiments, on a cherché à les ridiculiser en leur donnant un nom ridicule. Grâce à Dieu, on n'y a pas encore réussi, et j'aime à croire que
> NordlMuseï), t8 oclofaie t8o6. ArchiTes du dépôt de la goerre.
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134 TRADITIONS BT SOUVENIRS.
l'année francise de nos jours comprendrait encore le langage du maréchal Ney.
Davout devait gagner I^eipsig et se mettre en mesure de devancer l'ennemi sur l'Rlbe. Dès le 16, Erfurth , où s'étaient réfugiés le vieux maréchal MoUendorf et le prince d'Orange , capitulait, ainsi que les deux forteresses qui dominent la ville. On y trouva i4 mille hommes dont 8 mille blessés.
Bliicher n'échappa, à Weîssenstein, à la division de dragons du général Klein, que par un subterfi^e et en alBrmant sur l'honneur qu'un armistice avait été conclu. Soult ne se laissa pas ainsi abuser par le général Kalkreuth et lui enleva dans divers combats, à Greussen et à Nordhausen, quatre mille hommes et vingtcinq pièces de canon.
Le ly octobre, Bernadette forçait les portes de Halle et dispersait, après une énergique résistance, un corps de 13 mille hommes, commandé par le duc Eugène de Wurtembei^. Davout enfiti entrait dans Leipzig.
Pour peu qu'on jette les yeux sur la carte, on verra quel avantage donnaient à Napoléon, non
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pas senlement les grands succès qu'il venait d'obtenir, mais la conception primitive de son plan stratégique, qni tout d'ahord l'avait placé sur le flanc de l'année prussienne et sur le chemin le plus court pour la devancer sur Berlin et SUT l'Elbe.
L'empereur, en se rendant à Weimar, oii il établit son quartier général, avait reçu en route une lettre du roi de Prusse qui demandait un armistice. II se contenta de répondre < que la campagne était à peine commencée, et qu'il voulait d'abord recueillir les fruits de sa victoire, s Un des premiers &it la neutralité de la Saxe, et bientôt son entrée dans la confédération du Rhin. Dès le début de la campagne, l'empereur avait adressé aux Saxons une proclamation, ou se remarquaiebt les passages suivants : <c Saxons, les Prussiens ont envahi votre territoire; j'y entre pour vous délivrer. Ils ont dissous violemment le lien qui unissait vos troupes^ et ils les ont réunies à leur armée. Vous devez répandre votre sang, non-seulement pour des intérêts étrangers, mais encore pour des intérêts qui vous sont contraires
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c Saxons, votre sort est maintenant dans vos mains. Voulez-vous rester incertains entre ceux qui vous mettent sous le joug, et ceux qui veulent vAus protéger?
« Mes succès assureront l'existence et l'indépendance de votre prince, de votre nation. I^es succès des Prussiens vous imposeraient d'éternelles chaînes. Demain ils demanderaient la Lusace, et après-demain la rive de l'Elbe ; mais, que dis-je? N'ont-ils pas tout demandé.'' ^'ontils pas tenté depuis longtemps de forcer votre souverain à reconnaître une souveraineté, qui, vous étant imposée immédiatement, vous effacemit du rang des nations."* Votre indépendance, votre constitution, votre liberté, n'existeraient plus qu'en souvenir, et les mânes de vos ancêtres, des braves Saxons, s'indigneraient de vous voir réduits sans résistance, par vos rivaux, à un esclavage préparé depuis longtemps, et votre pays rabaissé jusqu'à devenir une province prussienne. •
Paroles prophétiques, dont la réalisation s'approche de jour en jour. Dès lors, elles touchaient trop au vrai des choses pour ne pas pro-
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