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CHAPITRE XXV

duire une impression profonde. Néanmoins, les troupes saxonnes, réunies aux Prussiens, exposées aux premiers coups, s'étaient vaillamment conduites.

On se rappelle qu'à la bataille d'Iéna, le corps commandé par le lieutenant général Zesch^itz, qui formait l'extrême droite, après avoir tenu ferme jusqu'à la fin, ayant été complètement isolé et entouré, avait été &it prisonnier presque en entier.

L'empereur fit réunir à Weimar la plupart des officiers de ce corps (trois cents environ) , et, s' adressant à eux, leur dit : « Je n'ai pris les armes que pour assurer l'indépendance de la iiation saxonne, et ni'opposer à ce que votre pays soit incorporé à la monarchie prussienne ; mon intention est de vous renvoyer tous chez vous, si vous me donnez votre parole de ne point servir contre la France. Votre souverain, dont je connais les qualités, a montré une extrême faibtewe en cédant aux menaces des Prussiens et en les laissant entrer sur son territoire. 11 faut qu'ils restent en Prusse et ne se mêlent en rien des affaires de l'Allemagne. Les Saxons doivent

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être réunis à la confédération du Rhin, soi» la protecticm de la France ; cette protefdioin n'est pas nouTelle, puisque depuis deox cents ans, sans la France, ils eussent étéenvaliis par l'Autriche ou par la Prusse. »

Tous s'empressèrent de prêter k serment qui leur était demandé, et s'engagèrent égaleuiMit pour leurs soldats. Ij'eDipereuT les renvoya au nombre de six mille, et, le la décembre suivant, l'électeur de Saxe, faisant alliance offensive avec ta France, entrait dans la confédération du Rhin avec le titre de roi.

Tandis que les colonnes éparses de l'armée prussienne, sous les ordres d'Hohenlohe, Kalkreuth, Bliicher, pressées par Murât, Soult ^t Ney, s'étant jetées dans le Hartz, étaient obligées de parcourir un grand arc de cercle pour gagner Magdeboui^, Napoléon, occupant la corde de cet arc, poussant rapidement sur Berlin avec les corps de Lannes, Bernadotte, Da- Tout et sa garde, allait s'emparer de la capitale et les devancer sui" l'Oder en les coupant de toutes leurs communications.

Six jours après léna, l'Elbe avait été franchi

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à Dessau et à Wittenbei^. Le a4 octobre , les Français entraient dans Potsdam, vainement défendtie par l'ombre du grand Frédéric. Napoléon y prît répée dn grand capitaine, et l'euvoya à l'hôtel des Invalides, à Paris. PtMirqiioi? Ce iropMe arraché à une tombe ajoutait-il à sa glCTreJ*

Le 25, il laissait au corps de Davont l'honneur d'entrer le premier dans Berlin, réglant Ini-inènie les détails de cette marche triomphale des héros d' Anersteedt. « Faites votre entrée dans le plus grand ordre et par division ; chaque division ayant son artillerie et marchant à une heure de distance l'une de l'autre. >

Le même jour, le maréchal Lannes faisait cerner Spandau par sa cavalerie légère, et sommait le gouverneur, qui se rendait sans résistance le surlendemain.

L'empereur entra bientôt lui-même dans Berlin. La division de cuirassiers du général Nansouty, rangée en bataille des deux côtés de l'avCTiuede Dresde, formait la haie; l'infanterie de la garde était conduite par le maréchal Lefebvre; puis venaient les grenadiers à cheval.

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C'était après eux, et suivi de ses chasseiurs à cheval, que marchait Napoléon; il passa sous l'arc de triomphe élevé pour le grand Frédéric. Il y avait à peine quatorze jours que la guerre était commencée, et c'était au milieu des sentiments les plus divers de surprise , d'inquiétude, de crainte, même aussi parfois d'admiration, qu'apparaissait, aux regards étonnés des habitants de Berlin, cet homme extraordinaire. I) était entré de même l'année précédente dans Vienne *. Ainsi, dans l'espace d'une année, quelques jours avaient sufB pow vaincre les deux grandes monarchies de l'Allemagne.

Il faut se reporter aux temps les plus reculés de l'histoire, aux époques pour ainsi dire fabuleuses, pour retrouver un pareil spectacle, pour voir ainsi des nations envahies, des rois, des peuples mis tout à coup à la merci du vainqueur. Et cette fois, ce n'étaient pas les cohues de Darius fuyant devant la pique des Macédoniens. Non, ces nations vaincues, qui voyaient leurs foyers envahis, leurs plus glorieux souve-

' Il y a toutefois une différence : Napoléon a l'entrée Iriompbtle.

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