CHAPITRE XXV
par la cavalerie légère de Milfaaud, il marchait -lui-même au centre avec ses deux divisions de dragons. Ce fut dans cette marche vers Wiclimansdorf^ dans un pays coupé par des étangs, que la division du général Grouchy rencontra les gendarmes de la garde, l'un des plus beaux régiments de l'armée prussienne. C'étaient les jeunes et brillants officiers de ce régiment, qui naguère avaient été aiguiser leurs sabres sous les fenêtres du ministre de France à Berlin, l^es Prussiens longeaient un étang; les tourner, les assaillir, les culbuter, fut l'affaire d'un instant ; un seul peloton échappa à la honte de capituler en rase campagne, ce qui n'est jamais permis à la cavalerie *.
Hohenlohe, instruit de ce nouvel échec, eut un instant la pensée de se jeter encore plus à gauche, de se diriger sur Passenwalk, et de gagner ainsi Lochnitz et Stettin sans passer par Prenzlow. Ce parti l'eût peut-être sauvé; mais, mal renseigné par ses coureurs, croyant que les Français n'avaient pas encore pu atteindre Prenziow, comptant d'ailleurs trouver là des vivres et des
* Voir les iDilmctioas de Frédéric.
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fourrage» pour sa troope bwasiée^ ftCfomée* il résolut de revenir sur cette ville, et ce fut là »a âtuCe.
Le a8t k huit heures, la tète de colonne de» Prussiens entrait dans Prenzilow par la route d'Anklam; mais déjà les hauteurs qui dominent la ville étaient occupées par la cavalerie du général Lasalle, et quelques-uns de ses hussards avaient pénétré dans les faubourgs.
Le maréchal Lannes, qui avait devancé son infanterie, voulant intimider Hohenloiieen lui faisant croire à la présence de son corps d'armée, le fit sommer de se rendre ; cette proposition fut rejetée. Pendant ce t^nps, Utuvt, n'ayant que sa cavalei ie, prit rapidement ses dispositions pour entrer dans Prenzlow. ,
Il donna l'ordre au général Lasalle de pénétrer dans la ville et de charger tout ce qu'il rencontrerait; en même temps, il fait avancer par la gauche la division de Grouchy, qui traverse la rivière de Golmitz, se jette sur le flanc droit de la colonne prussienne, pendant qu'une batterie d'artillerie légère, avantageusementplacée, foudroyait leur avant-garde. Les Prussiens essayent de répondre; leur artillerie est enlevée, la co-
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CHAPITEE IXV. U7
)<»me coupée; le régimenk du roi met bas les anaes; l'arrière-garde, oonmandée par le prince Aagiute de Prusse, après quelque résistance, subit le mène sort. Hohenlohe, se voyant réduit à abandonner tout ce qui n'a pu traverser la ville, sort par la route qnt conduit à Stettin , ferme les portes derrière lui, et essaye une fois dehors de se reformer. Ce hit là que, débordé par ses deux Aancs, ayant déjà perdu une partie de son monde, menacé par l'arrivée de l'infanterie de Lannes, il capitula avec dix-sept bataillons et dix-oeuf escadrons.
Dès le lendemain, l'infatigable Lasalle était devant Scettin et £iiaaît sommer le gouverneur, qui roulait â6oo hussards une ville forte, ayant 6,000 hommes de garnison, et 160 pièces de canon sur ses remparts.
Dans le même moment, à notre gauche, près dePassenwalk, une brigade de cavalerie légère, i3* de chasseurs et 9^ de dragons , faisait mettre bas les armes à une colonne de 6,000 hommes de toutes armes. On vit, dans cette poursuite, desbataillons, des escadrons, se rendre à un ou deux hommes.
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Sans doute ces faî^ sont extraordinaires ; ce dont ils témoignent surtoat, c'est de la démoralisation de l'armée prussienne, k Elle est frappée d'une telle terreur, mandait Lannes à l'empereur, qu'il suffit qu'un Français se présente pour qu'on mette bas les armes*. »
Mais ce qui est digne d'admiration et doit à jamais servir d'exemple à ceux qui seront appelés à commander de la cavalerie, c'est l'activité , l'audace avec laquelle Murât poursuit l'ennemi, ne lui laissant pas un moment de répit*, l'attaquant dès qu'il l'aperçoit, le tournant, le culbutant, et faisant enfin mettre bas les armes, avec de la cavalerie seulement et dix pièces d'artillerie légère , à un corps d'armée composé de toutes armes; fait peut-être
I Lettre de Lannes à l'empereur, 19 octobre 1806. (Dépâl dé It gnerre.)
3 Cette ardente pounuile de Murat me rappelle une lettre du graDd Frédéric à Zielen : a Mon ch«r lieutenant-général de Zieten, je vous recommande, avant toutes chosËs. de pouraurTre l'ennemi à outrance, sans lui laisser le temps de respirer et de se reconnaître. Je veux croire que votre monde est fatigué, et même un peu barassé, nuis songez que l'ennemi l'est mille fols davantage, ei qu'il vous imporle de le pousser, de le poursuivre, de ne pas lâcher prise. • Puis, de ta main : « Mon cher Zieten, à l'époque où nous sommes, un jour de fatigue* nous en procure cent de repot. Allons, général, lovjoun le cul sur la selle, toujours au^ trousses de l'ennemi 1 » (Fît de Zirlen, par AP» de Blameoihal, Berlin, i8o3.)
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