CHAPITRE XXV
sans ^1 et sans précédent dans l'histoire militaire.
Si Murât se fût arrêté, s'il eût craint de fatiguer ses chevaux, s'il eût eu seulement un moment d'indécision, les Prussiens seraient entrés dans Stettin, qui se serait alors défendue, et les armées de Napoléon eussent peut-être été obligées de s'arrêter sur l'Oder, tandis qu'il put les porter sans obstacle jusqu'à la Vistule*. '
Bliicher, qui, avec lo mille hommes, avait dû se réunir à Hohenlohe, entrait à Botzenboutg, lorsqu'il apprit la capitulation dePrenzIow; il se rabattit alors sur New-Strelitz, et, bientôt réuni aux troupes du duc de Weimar, alors commandées par le général Wining, il se trouva à la tête de 25 mille hommes environ. Son intention était de se jeter sur les derrières de l'armée française et de combattre entre Magdeboui^ et Hamein; mais, traqué par les troupes de Bernadotte, deSoult, et par l'infatigable cavalerie de Murât, après plusieurs combats oii les troupes prussiennes montrèrent une fermeté qu'elles
' CaniU,' HUmin de la Cavalerie, pag. t63 et 164.
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150 TRADITIONS ET BOUVENIRS.
serabUwnt avoir perdue, Blùcfaer, forcé dans Lubeck, fut obligé, le 6 novembre, à Ratkau, de se rendre avec ce qui lui restait de troupes.
Pendant que ces faits s'accomplissaient, Gustrin, l'un des boulevardâ de la monarchie prussioine, ouvrait ses portes à un seul régiment du corps de Davout, commandé par le général Gauthier.
Restait enfin Megdebourg , dont Je roi de Prussç avait un instant espéré se faire un point d'appui. Nous venons de voirque le prince de Hohenlohe en était sorti avec une armée, et quel avait été son sort.
Magdebourg renfermait encore des troupes considérables, et avait plus de six cents pièces de canon. Le développement de sea fortiHcati<nis en rendait l'investissement très-difficile. Soult avait commencé à le faire ; puis, ayant été entitdné à la poursuite du corps du duc de Weimar, qui finit par lui échapper ', te maréchal Ney seul resta chargé du siège ou plutôt du blocus.
■ Ce fui ce même corps qui, soui les ordres de WinÏDg, ae réunit, nme notu l'aTOM vc, i Blûcker.
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Sans doute Magdeboui^ renfermait une année au moins égale en nombre à celle qui l'attaquait ; mais cette armée était composée des débris d'une année vaincue, que les remparts et les six cents camms qui les défendaient ne mettaient pas à l'abri de cette démoralisation dont était frappée l'armée prussienne. La ville était d'ailleurs encombrée de bles^sés et de malades; il y régnait une confusion extrême, et les habitants de cette grande ville n'étaient nullement disposés à subir 1^ chances d'une lutte, qui, quelle qu'en fût l'issue, ne pouvait désormais sauver une cause perdue. Le gouverneur, le général de Kleist, vieillard de quatre-vingts ans, infirme, avait rejeté les sommations qui lui avaient été faites ; mais il était facile de comprendre qu'il n'attendait que des démonstrations sérieuses qui pussent lui servir de prétexte.
Le 23 octobre, la première division du 6* corps, sous les ordres du ^néral Marchand, et la deuxième division, dont le général Vandamme venait de prendre le commandement, commencèrent le blocus sur la rive gauche de t'Ëlbe ; un pont ayant été jeté à Schônebeck, le général
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Colbert fut chargé de l'învestiftsement sur la me droite.
Les premiers jours furent employés à rejeter sousIecanondelaplacelesdétachementsaTancéa de rennemi, puis à se retrancher dans des postes reliés entre eux de manière à former le blocus.
L'ennemi ayant tenté de faire une sortie du côté de Frîedrichstadt pour se procurer des vivres et des fourrages, le général 0>lbert, avec 600 hommes du 6" léger, les compagnies d'élite du 39", deux escadrons de cavalerie et deux pièces de quatre, enveloppa pendant la nuit les villages de Krakau, de Prester, les fermes qui les environnent, et emporta ou détruisit tout ce qui aurait pu servir aux assiégés, poussant ses postes à une portée et demie du canon de la place, de manière à ce que rien ne pût en sortir. Il occupait ai nsi Bïedritz-alt , Neu-KÔnigsborn, Gommern et Peckau. Six compagnies de grenadiers étaientà Scliônebeck, prêtes aie soutenir dans le cas d'une attaque de l'ennemi. Tous les jours on se canonnait, maïs sans autre résultat que de tenir toujours la garnison en éveil et de la fatiguer.
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