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CHAPITRE XXVI

troupe étrangère, et s'engageait à faire rétrograder les troupes russes, qui, au nombre de 80 mille hoQïmes, marchaient sur la Vistule.

Frédéric-Guillaume pouvait-il ratiBer une semblable convention? C'eût été mettre le com-r ble aux faiblesses d'une politique qui lui avait attiré le blâme de toute l'Europe; c'eût été enfin accepter la honte après avoir subi la défaite. II est parfois des circonstances où le malheur, pousséà ses dernières limites, redonne aux âmes de l'énerçie. Le roi de Prusse refusa donc de signer ta convention de Gbarlottenbourg, et résolut de s'unir étroitement aux Russes; il invitait toutefois les cabinets de Sajnt-Pétersboui^ et de Londres à se concerter sur les bases d'un traité à signer avec la France.

Napoléon était donc placé par ses succès mêmes en présence de difiBcultés sans cessé renaissantes ; chaque pas en avant créait pour lui de nouveaux et redoutables problèmes. Ainsi, jeté par la victoire à cinq ou six cents lieues de la France, occupant par ses armées l'espace immense compris entre le Rhin et la Vistule, il fallait, à cette distance énorme, entretenir son

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i62 TRADITIONS ET SOUVENIRS.

armée, conserver ses communications et contenir les vastes contrées qu'il avait laissées derrière lui. Devant lui s'avançaient les Russes avec une armée considérable, à laquelle devaient se réunir les débris de l'armée prussienne. Sur sa droite était l'Autriche, vaincue sans doute, mais qui, d'un moment à l'autre, pouvait intervenir dans la lutte; enfin, du moment où il franchissait la Vistule , se dressait devant lui cette grande question du rétablissement de la Pologne, la seule peut-être qu'il n'ait jamais osé trancher.

Et quel était l'ennemi que poursuivait Napoléon à travers tant d'obstacles, de difficultés et de périls ? C'était l'Angleterre, l'Angleterre, foyer de toutes les coalitions contre la France, le seul de ses ennemis qu'il ne pût atteindre directement, et contre lequel il conçut le gigantesque projet du blocus continental.

Ce fut de Berlin qu'il lança le fameux décret qui mettait l'Angleterre en interdit, et lui fermait tous les marchés de l'Europe. Ce n'était d'ailleurs qu'une représaille; l'Angleterre avait déclaré la France exi état de blocus, la France

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