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CHAPITRE XXVI

composée de deux classes d'habitants : la première est très-riche et par intérêt ne peut se séparer du roi de Prusse ; la seconde, et c'est la plus nombreuse, tient le milieu entre Thomme et la brute : ce sont des êtres sans aucune espèce d'énergie. Je prie Votre Majesté de croire avec confiance auxrenseignementsque je luidonne. Je suis ' convaincu que, si l'on veut chercher à les soulever, au bout de quelques jours ils seront plutôt contre nous que pour nous. Je suis fâché. Sire, qu'on juge de l'esprit polonais d'après celui des grandes villes : il faut considérer la misère et l'avilissement des campagnes. » Dans une autre lettre, datée du 17 novembre, Lannes ajoute : « Je suis presque convaincu qu'on ne pourra soulever les Polonais. » Davout enfin tenait un langage moins positif, mais à peu près semblable*. La réalité des choses se montrait à l'esprit clairvoyant et pratique de Lannes et de Davout, et cependant, envisagée dans son ensemble et en ne considérant que les apparences, la question polonaise semblait offrir le meilleur moyen de

' Voir les pièces jusIiHcalivcs ilu cbapili'e XXV1«.

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constituer dans le Nord de l'Europe une puissance capable de former une barrière contre la Russie. Qui mieux, en effet, que la Pologne, pouvait répondre à ce but dans Tintérêt de la France? N'était-ce pas la rappeler à un rôle qu'elle avait joué pendant plusieurs siècles? La 'même sympathie n'existait-elle pas toujours entre les deux nations ? n'étaient-elles pas en communauté d'intérêts, de sentiments, par l'identité de religion et par certains rapports de caractère ?

LaFrance trouvait dans la Pologne unealliée naturelle; elle trouvait d'ailleurs la plus sûre garantie de la solidité de cette alliance dans la haine qui existait entre les Polonais et les Moscovites. En qui d'ailleurs la Pologne pouvait-elle espérer, si ce n'était en la France? N'était-ce pas enfin pour Napoléon un appui immense, incalculable, que de trouver à joindre à son armée, alors qu'il était isolé à l'extrémité de l'Europe, cent mille de ces braves Polonais dont les vaillantes l^ons lui avaient donné en Italie, en AJlemagne, tant de preuves de courage et de dévouement?

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