CHAPITRE XXVI
sances étaient fort difficiles et fort incomplètes. 11 fallait donc faire une trouée dans l'armée russe pour savoir au juste ce qui se passait.
Ce fut Gzarnowo, situé au conHuent de l'Wkra et du Bug, que l'empereur choisit pour son point d'attaque. Arrivé de Varsovie le a3 au matin, il dicta lui-même les dispositions du combat : c'était à la fin du jour qu'il devait avoir lieu. Cet ordre était d'une telle précision, et l'exécution en fut suivie si ponctuellement, qu'au dire du général Mathieu Dumas, l'ordre reste le récit le plus iîdèle qu'on puisse faire du combat. L'Wkra fut franchie, Czarnowo enlevé malgré l'énergique résistance des Busses : le combat avait été long et sanglant. Bien que tout s'y fût passé avec beaucoup d'ordre, les officiers, ainsi qu'il arrive dans les affaires de nuit, furent atteints dans une plus grande proportion que les soldats : les généraux Morand et Petit y prirent une part glorieuse. Immédiatement Napoléon fit poursuivre les Russes, pour qu'ik n'eussent pas le temps de s'établir solidement à Nasielsk. Atteint d'abord par la cavalerie
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conduite par Rapp et Lemarrois, Ostermann ne se retira toutefois que lorsqu'il vit arriver les colonnes d'infanterie.
La division Priant avait pris ta tête pour donner un peu de repos aux troupes qui avaient combattu toute la nuit. La trouée était faite, et l'empereur faisait mander à Lannes : « Nous sommes au milieu de l'armée ennemie prise en flagrant délit ; il est possible que nous soyons attaqués demain par trente' ou quarante mille hommes ; l'intention de l'empereur est donc que vous partiez avec tout votre corps d'armée à trois heures du matin pour vous rendre à Nasielsk '. y Ijb a6, il lui donne l'ordre de se porter de Nasielsk sur Pultusk , de franchir la Narew, et d'y construire une tète de pont. 11 lui mandait encore : « L'ennemi, percé dans son centre, est renversé dans ses projets ; il est possible qu'il ait encore deux régiments à Sierock, lesquels naturellement doivent être pris. » Rien ne peint d'une manière plus vive que ces quelques mots de l'empereur le désordre tout à coup porté dans l'armée russe par cette
> Betrihier î Lannet, 14 décembre 1608.
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