‹ Traditions et souvenirsChapitre 88 sur 160 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

vision de dragons du général Becker, en tout 36 bataillons et a4 escadrons, c'est-à-dire environ 3o mille hommes, n'iiésita pas à attaquer.

Les Français, au milieu de la neige, enfonçant daas la boue où ils pouvaient à peine se tenir, ayant la plus grande difficulté à se mouvoir, perdaient tous les avantages de l'offensive et étaient foudroyés par une formidable artillerie de position, à laquelle on ne pouvait répondre que par quelques pièces légères ; ils étaient en outre sans cesse attaqués par une nombreuse cavalerie. Aussi , malgré l'ardeur de Lannes, qu'une fièvre violente semblait augmenter encore, malgré la vaillance des généraux, l'entrain des soldats auxquels on entendait dire comme autrefois aux Romains : « Qu'on nous donne de la terre ferme, et la victoire est à nous, j> Benningsen ne put être foriré dans sa position et ne se retira que dans la nuit, alors que les Français se disposaient à l'attaquer de nouveau le lendemain. Il se vanta toutefois d^avoir remporté une victoire, et parvint pendant quel • que temps à le faire croire, tandis que ce n'était qu'une défaite qu'il avait évitée.

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Le même jour, k Golymtn, Galitzin, qui avait avec lui a5 mille hommes environ, fut attaqué par Augereâu, une division du coips de Davout et une partie de la cavalerie de réserve de Murât. Là aussi les Russes résistèrent, et ce ne fut qu'à la nuit, étant presque enveloppés, qu'ils se retirèrent sur Mackau, laissant une partie de leurs canons et de leurs bagages. On s'était battu au milieu de tourbillons de neige ou de torrents de pluie ; les soldats pouvaient à peine se servir de leurs armes , et, comme à Pultusk, nous n'avions que très-peu d'artillerie.

Napoléon, ainsi que l'observe Jomini, n'atta-* chait pas grande importance à l'affaire de Pultusk; même il en gronda Lannes*, qui s'était entêté par point d'honneur. C'était à gauche que devaient se porter les coups décisifs, aussi fut-il plus sensible à la résistance qu'on rencontra à Golymin. Toutefois il comptait, pour achever de tourner la droite des Russes, sur Soult, qui devait arriver à Mackau, et dont le

* ■ L'emperenr a en de l'hameur de l'aflaire do maréchil Ltones avec Benniapen; ï) l'a grondé fortement. * (Lettre de Dnroci JuDOt, Mémoiret dt la Juektttt d'Jiranlit, t. H, p. 35o.)

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