CHAPITRE XXVI
mouTement devait être soutenu par Bessières, même parNey'.
Mais le temps devenait de plus en plus mauvais, partout les terrains défoncés n'étaient plus qu'une vaste fondrière; Soult ne put arriver à Mackau, et les Russes, trouvant la route de Rozan libre, purent gagner Ostrolenka.
Quant aux généraux russes, Benningsen et Galitzin, sans doute ils obéirent à un noble sentiment en résistant énergiquement, et, jusqu'à un certain point, ils peuvent être justiBés par la nécessité de protéger leur retraite ; mais, plus ils résistaient, plus ils facilitaient l'accomplissement du plan de Napoléon.
Les Russes échappèrent. Le résultat ne fut pas tel qu'aurait pu l'assurer eu d'autres circonstances la combinaison de l'empereur, 11 n'y eut pas là une de ces catastrophes , un de ces coups d'éclat auxquels avait habitué son génie. Toutefois, en six jours il avait atteint son but , qui était de rejeter les Russes hors de la Pologne; il leur avait tué ou pris a5 mille hommes, et 80 pièces de canon étaient restées entre ses
* Pour ce deroier, lei ordrei D'éuienl pai urivés à temps.
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mains. On a pu remarquer que la formidable artillerie des Russes , fort supérieure comme nombre et comme calibre à la nôtre, fut un de leurs principaux moyens de résistance . aussi Napoléon, à partir de cette campagne, s'occupa d'augmenter la sienne.
Les deux armées n'avaient cessé de combattre, le jour, la nuit, au milieu de tourbillons de neige ou de torrents de pluie glacée, faisant les marches les plus longues et les plus rudes, dans les ténèbres, au milieu d'une boue liquide, sous laquelle le sol semblait se dérober et qui rendait tous les mouvements difficiles. Ce n'était pas tout encore : les transports de vivres ne pouvant arriver, souvent elles avaient à souffrir de la faim.
Les Français conservèrent leur entrain, leur gaieté, mais ils se rappelèrent longtemps les boues de la Pologne. Les Russes supportaient tout passivement et montraient, contrairement à ce que pensait Napoléon, que la défaite d'Austerlitz n'avait nullement frappé leur imagination.
Pendant ces six jours, l'empereur ne cessa