‹ Traditions et souvenirsChapitre 91 sur 160 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

sions d'infanterie de Marchand et de Gardanne. Ayant rencontré une avant-garde prussienne qu'il entama à Kinsbrock, il apprit que le général Lestocq, repoussé de Biezun, avait replié ses troupes et s'était concentré, occupant Mlawa et Soldau.

n se trouvait encore fort rapproché des Russes, à sept ou huit lieues de Ghorzel et de Golymin; le maréchal résolut de l'en séparer entièrement, en portant la division Marchand sur la droite à Mlawa, tandis qu'il faisait attaquer Soldau par le 76° et le 69" de ligne.

On ne peut arriver à Soldau que pai une chaussée longue et étroite qui travers des marais ; les Français, malgré une vive résistance, s'emparèrent de la ville. Mais, dans la nuit, Lestocq, ayant appris qu'il n'avait eu affaire qu'à une avant-garde, voulut la reprendre. Ayant stimulé au plus haut degré l'ardeur des siens en leur faisant jurer de vaincre ou de périr, par trois fois, mais en vain, il tenta d'y pénétrer et fut définitivement repoussé. Le 69" de l^e avait montré dans cette aifaire un élan, une intrépidité digne de la vieille réputation

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qu'il avait acquise à l'armée d'Italie. Le général Marchand s'étant de son côté emparé de Mlawa, Lestocq, défînitiv^ent séparédes Russes, tourné par sa gauche, n'eut plus d'autre parti à prendre que de faire sa retraite par la route de Neidenbourg.

Si les efforts des Prussiens avaient été vains, toutefois le courage, l'opiniâtreté qu'ils montrèrent dans ce combat, commencèrent à relever l'honneur des armes prussiennes, bien compromis par leurs récents désastres.

On peut être étonné que Lestocq n'ait reçu aucun secours des Russes et ait été ainsi abandonné par eux . Ils étaient, il faut le dire, trop occupés eux-mêmes, ayant sur les bras toute la droite de l'armée française.

Le maréchal Bernadotte, sachant que le maréchal Ney n'avait pas de cavalerie, s'était empressé de lui renvoyer le général Colbert. Il arriva le a6 à Culm, le 37 à Soldau. Le maréchal, lui donnant le 69' et le 76°, le mit immédiatement à la poursuite du général Lestocq. Ayant rencontré l'arrière-garde prussienne un peu en avant de Neidenbourg, après une légère

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